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Lauréat du 1er Challenge Création, Salvo Manzone a déjà tourné une grande partie de son documentaire en Sicile. Nous le retrouvons avec Luca Casavola, son chef opérateur, pour faire le point sur leur approche tant esthétique que technique au fil de ce tournage.
interview-repaire-sebgaillard-salvo-manzone.jpgLauréat de la 1ère session du Challenge Sony-Le Repaire, Salvo Manzone a déjà tourné une grande partie de son documentaire en Sicile en bénéficiant du prêt de la PMW-320 et du moniteur de terrain OLED. Nous le retrouvons avec Luca Casavola, son chef opérateur, pour faire le point sur leur approche tant esthétique que technique au fil de ce tournage. Un compte rendu détaillé issu d'un riche entretien entre passionnés, comme Le Repaire en a le secret !



Mais avant tout place à l’image avec ce large extrait/bande annonce illustrant l’esprit du documentaire Le Retour de Calapesce, monté par son réalisateur, Salvo Manzone:



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Ergonomie

Sébastien Gaillard: Je souhaiterais commencer cet entretien par un vaste sujet : l’ergonomie de la caméra. Plusieurs aspects s’entremêlent dans ce sujet : le choix de la caméra d’épaule par rapport à une caméra de poing sur ce projet, tes attentes esthétiques et la façon dont vous les avez mises en œuvre avec la PMW-320, l’impact du dispositif tournage à l’épaule sur vos interlocteurs etc.

Tout d’abord pourquoi ce choix d’une caméra d’épaule (et donc de votre participation au concours) sur ce projet en particulier ?

Salvo Manzone: Dès l'origine du projet on réfléchissait à ce choix entre une caméra de poing et une caméra d'épaule. En postulant pour le concours j’y ai vu une opportunité d’aboutir mon envie d’une réalisation en caméra d’épaule, et ce pour deux raisons : esthétiques bien sûr, mais aussi parce que de facto ça induit de travailler en équipe (dans notre cas 4 personnes) avec tous les avantages que ça comportait sur un tel projet.tournage-retour-colapesce-plage-01.jpg En effet, j’ai une approche spécifique sur ce documentaire car je le tourne tout en étant à l’image devant la caméra. Le dispositif de réalisation à l’épaule et en équipe me semblait donc nécessaire et cohérent pour me mettre en scène sur ce sujet dans lequel je suis personnellement impliqué.

Mon documentaire est assez varié dans sa construction et dans son style : avec des scènes assez institutionnelles (conseil municipal, interviews) ; une approche de type documentaire d’enquête, et enfin des petites scènes beaucoup plus construites qu'on appelle entre nous "fiction" où je suis “joue presque”.

Mon goût pour la forme de réalisation propre aux caméras d’épaule ne date pas d’hier ! Il faut dire que je suis jeune mais pas tant que ça ;-) dans le sens où ma première caméra était une épaulière avec enregistreur U-Matic déporté, dans le même temps où des caméras de poing handycam commençaient aussi à sortir !

Pour moi on ne peut pas retrouver avec une caméra de poing la façon de filmer qu'apporte une caméra d'épaule. Ce sont vraiment deux choses différentes. J'aime beaucoup l'esthétique liée aux caméras d'épaule, que l'on recherche d’ailleurs parfois à reproduire avec une caméra de poing. Certes certaines scènes peuvent être plus faciles à tourner au poing mais on n'arrive quand même pas à la même esthétique d'image. Donc comme réalisateur c'est vraiment l'image que je recherche même si du côté du chef opérateur ça peut sans doute être plus compliqué !

Luca Casavola: C’est vrai que  cette caméra est très stable malgré un poids modéré, et donc en tournant à l’épaule ça permet d’avoir une image bien plus stable qu’une caméra de poing tenue à la main.

Entre ces intentions et ce que ça a donné sur le terrain, quels ont été les avantages et inconvénients de cette ergonomie sur le tournage de ce documentaire ?

Pour un documentaire assez construit comme celui-là ça colle très bien avec ce type de caméra et avec l’équipe de quatre : moi, Luca Casavola comme OPV, un assistante de prod (mon frère en l’occurence) et Fabrizio Scapin, un ami réalisateur qui s‘est prêté au rôle compte-rendu-tournage-documentaire-salvo-manzone.jpgd’assistant polyvalent, notamment au son. Mais bien sûr si j’avais dû réaliser un doc de voyage ou en tournage seul dans la forêt je n’aurai pas choisi une cam d’épaule !

Le choix de la caméra d'épaule a donc rejoint pleinement mes besoins de réalisation sur toutes les scènes assez construites et institutionnelles, mais par contre ça a pu être un peu plus compliqué pour l’approche d'enquête où l'on cherchait initialement un dispositif plus léger ou discret. Cependant même pour ce type de scènes nous avons malgré tout tourné à l'épaule d'autant que ça reste quand même une caméra suffisamment légère sans que ce soit une Betacam de 40kg !

Ca nous a donc amené à expérimenter d’autres approches de réalisations sur ce type de scènes « enquête » du documentaire, en n’étant pas en caméra cachée mais plus dans l’esprit du reportage TV news-magazine avec une équipe qui « débarque » dans les lieux concernés. Ce sont donc des orientations et des décisions qui se sont construites sur le terrain et qui sont différentes de ce que j'avais pu imaginer au début mais que je trouve intéressantes sur l'impact de mes choix de réalisation.

Luca : Pour revenir sur ces situations particulières où l’on aurait pu aimer avoir une caméra de poing j’ai en tête les scènes tournées depuis la voiture. Là ça peut être plus pratique pour filmer les gens, passer d’une personne à une autre etc. Mais par exemple pour les scènes de la décharge, plutôt que d’opter pour la caméra cachée, on a finalement joué sur une longue focale depuis la voiture, une réalisation basée sur les silhouettes et les ombres, et le son pris en HF sur Salvo.

Salvo : Oui, on touche là un autre aspect sur l’approche de réalisation poing/épaule. A l’épaule on tourne sans doute d’une façon moins « naturelle », dans le sens où au poing on a sans doute une approche de tournage plus spontanée, on sort la caméra et on filme directement, à la fois parce que c’est plus facile et aussi parce que le dispositif passe presque inaperçu et on se fait moins remarquer comme si on tournait une vidéo de famille. Mais justement, tourner à l’épaule oblige donc finalement à être plus conscient de son tournage.

Est-ce que la caméra d’épaule est un choix qui ouvre certaines portes, en ferme d’autres ?

tournage-retour-colapesce-conseil-municipal-02.jpgJ'ai un exemple parlant avec la séquence du conseil municipal (que l'on peut voir dans l'extrait). Je le disais j’estime que la caméra d'épaule amène un plus au niveau de l'image et du son (nous en reparlerons) mais surtout ça amène aussi une crédibilité à l'équipe. C'est un aspect que l'on oublie un peu vite quand on fait ses choix techniques mais à mes yeux c'est à ne pas négliger.

Il y a une influence entre d'un côté l'observateur que représente l'équipe de réalisation et de l'autre le sujet filmé. Et donc forcément si on tourne avec une petite caméra on a une crédibilité moindre que si on tourne à l'épaule surtout dans un contexte officiel tel qu'un conseil municipal avec des sujets sensibles et des débats animés à l’ordre du jour !

Du fait de la caméra d'épaule on avait la nécessité d'être une vraie équipe ce qui nous donnait donc un certain poids vis à vis de nos interlocuteurs. Ils nous accordaient donc plus de considération et ça nous a ouvert des portes facilement.



Luca: La chose dont j’avais un peu peur, et qui finalement s’est avérée être un préjugé, c’est le tournage au marché. Je me suis dit « oh là là on va tourner avec une grosse caméra et donc les gens vont tous venir vers nous, nous demander ce qu’on fait et cie », alors que finalement tournage-retour-colapesce-marche-01.jpgles gens sont restés tout à fait indifférents au dispositif. On allait vers eux naturellement, ils n’étaient finalement pas impressionnés par la caméra et l’équipe. Peut-être commencent-ils à être de plus en plus habitués, surtout qu’il y a de plus en plus de chaînes de TV donc d’équipes qui se déplacent comme ça sans que ça n’impressionne pas plus que ça ! J’ai donc été surpris de n’avoir pas été trop remarqué du fait de la caméra.

Luca, pour conclure sur l’ergonomie vu du côté chef-op, quels avantages et limites t’ont le plus marqué ?

L'ergonomie de la caméra est très bien conçu je trouve avec une bonne répartition des poids qui la rend stable. Elle est doté d'un viseur ajustable très lumineux avec une loupe. Je trouve très pratique la possibilité de relever la loupe du viseur. Même en condition de forte luminosité l'écran reste bien visible, grâce à une structure autour qui le protège de la lumière directe. Cela a permis dans certains cas à Salvo de regarder le cadre pendant que je filmais.

Par contre,ce que je trouve dommage dans les caméras Sony, c’est le fonctionnement du zebra. Chez Panasonic par exemple ou même chez Sony avec la PD150/170, on a la possibilité avec un simple bouton de basculer en cours de tournage de zebra off/70/100. Sur la PMW-320 il faut passer par le menu pour cela, ou alors on affiche les deux zebra en même temps avec deux sens d’orientation différents ce que je trouve assez perturbant. Donc je trouve dommage que malgré les boutons assign on ne puisse pas sur un même bouton assigner le passage de off à 70 à 100 puis off à nouveau.


Format

Le format d'enregistrement de la PMW-320 a-t-il été satisfaisant dans la perspective de votre projet  (échantillonnage couleur, compression) ? Avez-vous utilisé la sortie SDI HD 4:2:2 avec un recorder externe ?

Luca : Il faut bien avouer qu’avec l’opportunité que nous a offert le concours nous avons très vite démarré le tournage et cela a limité le temps de préparation. Nous avons surtout planché sur la question du son, mais nous n’avons pas fait de tests images très poussés en amont. Nous n’avons donc pas opté pour un enregistreur externe 4:2:2 en SDI-HD par exemple et nous sommes restés sur une approche simple de la caméra avec son propre enregistreur sur cartes mémoires SxS et son format (MPEG-2 HD 4:2:0 à 35Mb/s). Ça s’est imposé pour des raisons d’économie, de simplicité et d’autant plus que nous ne sommes pas encore certain qu’en post-production il soit prévu un travail conséquent d’étalonnage. Du coup d’une part nous avons choisi de faire le maximum de réglages d’image dès la prise de vue et d’autre part le 4:2:2 qui aurait pu être intéressant pour un étalonnage conséquent ne s’est pas avéré utile.

Peut-être pourrons-nous rentrer dans le détail sur notre travail de l’image plus tard, mais on peut déjà dire que le format nous a donné satisfaction pour nos besoins et nos choix d’image sur ce documentaire.

Le rendu des mouvements a-t-il été satisfaisant ? Avec vous tourné en 1080i, 1080p ou 720p, exploité les variations de la vitesse d'enregistrement ?

Pour le format nous avons opté pour le 1080 25p. Du fait du 25P nous avons pu rencontrer quelques difficultés sur la fluidité des mouvements avec les scènes tournées depuis la voiture. On a décidé de passer en 50i sur ces scènes afin de limiter l'effet saccadé. Pour le reste le 1080 25p a répondu à nos attentes comme on s’y attendait et était l’un des composants de nos réglages de l’esthétique d’image.


Image

Quel est votre retour sur la sensibilité de la PMW-320 et sur le rendu des couleurs ?

On avait de grandes attentes de la PMW-320 en termes de sensibilité, du fait de sa grande optique et de son capteur. En réalité on l’a sans doute mise parfois à l’épreuve dans des contextes trop rudes, par exemple dans une scène dans un  bar mal éclairé avec des gros plans (voir la fin de l’extrait) et là on a vu que c’était limite. J’ai surtout remarqué qu’en cas de recompression lors d’export pour le web l’image apparait plus sombre alors qu’en fichier natif c’est acceptable. Mais c’est peut-être aussi une question d’étalonnage.

Luca : C’est toujours difficile de faire une comparaison objective sans avoir une autre caméra à côté ou sans voir fait de tests avec une cellule. A l’œil ça reste assez subjectif. J’avais des attentes pour pouvoir aller assez loin et j’ai eu le sentiment de rester sur les mêmes niveaux de sensibilité et de dynamique que sur l’EX1 par exemple, que j’ai déjà utilisé sur différents projets, mais bon tout ceci demanderait de vrais tests comparatifs pour être confirmé. Un cas où je m’attendais à avoir plus de dynamique c’est une scène dans la décharge en fin de journée où je m’attendais à que la caméra puisse mieux encaisser le contraste.

Salvo : Au niveau du rendu couleur je suis très satisfait, j’ai trouvé le résultat très fidèle, surtout en contrôlant sur le moniteur OLED où c’était clairement plus fidèle et fiable pour juger du résultat que sur l’écran LCD de la caméra.

Quelle exigence aviez-vous au départ et quelle pratique concernant la colorimétrie ?

Nous n’avons pas fait de devis en particulier mais lors de la préparation du budget le poste d’un étalonnage plus que correctif n’avait pas été particulièrement prévu d’autant plus que le film est long (80mn) et que ça réclame donc un travail poussé.

Luca : Donc à la finalisation du budget  il nous fallait prendre une décision pour le tournage : est-ce qu’on fait une image plate avec pour impact de devoir étalonner chaque plan ensuite, ou est-ce qu’on donne déjà une direction à l’image ? Il faut aussi savoir que lorsque je fais des fictions, et même s’il y a de l’étalonnage derrière, je travaille déjà en donnant une certaine direction à l’image parce que j’ai envie dès la source de donner mes directions pour la lumière, le contraste etc. Ensuite il reste bien entendu un certain degrès de liberté à l’étalonneur mais j’aime faire déjà des choix en amont. Ca vient aussi du fait que j’ai commencé sur des projets de fiction où il n’y avait pas d’étalonnage derrière, du coup j’y allais à fond sur les réglages pour gérer mes contrastes, mes noirs et cie dès le tournage. Ça m’est donc un peu resté même sur les projets avec du budget pour l’étalonnage, mais avec des réglages moins marqués bien sûr. Lorsque j’en discute avec les étalonneurs quand je suis en salle d’étalonnage, ils sont contents d’avoir une image qui a déjà un sens, qui est déjà typée, avec une direction.

Quels réglages et choix d’image avez-vous donc adopté ?

Luca : Comme je tourne aussi pas mal de fiction j’ai suggéré à Salvo un certain nombre de réglages d’image. Et puis comme j’ai une sorte de frustration de n’avoir jamais tourné en pellicule je cherche en vidéo à travailler un aspect d’image qui puisse s’en rapprocher dans l’esprit. D’où le choix :
-d’avoir tourné en progressif (1080 25p), en se disant, même si c’est un peu un rêve, que l’image s’y prêtera mieux si un jour on veut faire un report sur pellicule 35mm ou des diffusions en salles lors de festivals puisque le format assez particulier de 80mn s’y prêtera bien
-d’avoir choisi un réglage de gamma avec les réglages CineAlta que je trouve plus intéressants et plus proches de « l’image pellicule » sur les contrastes, le rendu de la peau sur les visages etc.
-j’ai aussi amené un peu de contraste au niveau des noirs, réduit un peu le détail

On a estimé qu’on aurait plus de difficultés à mettre en œuvre ce type de réglages en post-production pour des raisons de temps et de budget. Ça a été d’autant plus confortable de définir ces réglages dans les premiers jours du tournage qu’on pouvait les juger de façon immédiate sur le moniteur de terrain OLED avec un très bon rendu qui nous a semblé très fiable au niveau de la reproduction des couleurs mais surtout au niveau des noirs et des hautes lumières. Ensuite j’ai mémorisé les réglages sur carte bien sûr.

Salvo : Pour autant, on a dans un premier temps essayé de créer un second réglage spécifique pour les scènes plus « fictionnelles ». Mais finalement on a abandonné cette voie. On voulait trouver un réglage très différent pour ce type de plans mais il nous a finalement semblé un peu risqué de prendre une direction trop marquée dès le tournage d’autant que je n’étais pas encore très décidé, ni certain que cette idée marcherait une fois au montage, par exemple avec une image plus poussée sur les jaunes. Si finalement ça n’avait pas été le bon choix il aurait été trop difficile de corriger en post-prod un choix d’image aussi radical. On a donc gardé le même réglage que pour le scènes documentaire, mais avec un degrés de liberté nous permettant de modifier ces plans-là au montage avec malgré tout un petit temps d’étalonnage dessus si on décide de garder cette idée de deux types d’image pour démarquer les scènes plus docu et celles plus fictionnelles.


Optique


Quel est votre retour sur la qualité de l’optique proposée par défaut en kit PMW-320K : définition, ouverture ?

Luca : L'optique standard fournie avec la caméra, une Fujinon HD 16x 8mm-128mm avait une plage focale suffisamment large pour répondre à nos besoins. On a jamais eu besoin d'utiliser l'optique à sa valeur plus large le 8mm. Par contre le 128mm ça nous a été très utile en plusieurs circonstances, surtout à la décharge où on avait pas l'autorisation de trop s'approcher.

tournage-retour-colapesce-decharge03.jpgL'optique présente aussi une bonne ouverture à 1.9 presque constante sur la plage focale. Je me suis aussi largement servi de l'expanded focus que je trouve très pratique pour être sur du point même en cours de tournage. La caméra est doté de plusieurs boutons d'assign facilement
accessibles ce qui est très pratique pour rajouter des fonctions dont on peut avoir besoin en cours de tournage comme par exemple l'histogramme.

Quid de la def avec cette optique ? Et avez-vous aussi exploité d’autres optiques ?

Non, nous n’avons utilisé que l’optique Fujinon du kit, et sur cet aspect-là j’ai ressenti un piqué supérieur aux caméras de poing. Après c’est toujours très difficile de faire la comparaison avec d’autres optiques ou d’autres caméras sans faire de vrais tests comparatifs ou avec des instruments comme des mires.

Salvo : Le zoom 16x était très utile dans les situations comme la décharge, où il fallait aller chercher des détails en étant positionné très loin et je dois dire que ça m’a surpris d’avoir une possibilité de zoom aussi poussée tout en conservant une excellente qualité d’image, surtout par rapport à des caméras de poings avec lesquelles j’ai pu tourner d’autres projets.


Enregistrer sur carte mémoire

Quel est votre retour sur l'utilisation de l'enregistrement sur carte mémoire ?

J’avais hâte d’enfin tourner sans bande et de passer aux fichiers ! C’est qq chose que je trouve très pratique et personnellement je ne vois aucun inconvénient à tourner sur des cartes.

tournage-retour-colapesce-maison-03.jpgEn cours de tournage on a beaucoup exploité le fait de revisionner tout de suite certains plans, surtout pour les parties où je me mets en scène. Revisionner de suite me permettait de juger du cadrage, du résultat de la mise en scène et de la façon dont je passais à l’image. Il faut dire que j’étais beaucoup plus stressé que je ne l’avais anticipé pour ces scènes face caméra, j’avais donc un grand besoin de revoir les plans, d’avoir l’avis de l’équipe, de voir si mon stress et ce que je vivais comme des « blocages » dans mon « jeu » (je ne suis pas acteur !) se voyait à l’image ou non. On n’aurait pas pu imaginer le même travail sur ces scènes là en tournant sur bande.

La capacité des cartes était-elle suffisante pour vos usages ?

Luca : J’avais déjà beaucoup tourné sur carte mais pour de la fiction, et comme on tourne beaucoup moins leur capacité de tournage est rarement un stress dans ces contextes. De plus il y a généralement un assistant qui s'occupe de ça. Mais là pour le documentaire, du fait de tourner plus et devoir s'occuper nous même du déchargement je dois dire que j’étais assez inquiet au départ. Donc en plus des trois cartes SxS 64, 32 et 16Go que Le Challenge Sony-Repaire nous a prêté avec la caméra on avait prévu un adaptateur SxS>SD et des cartes SD. Et finalement on n’a pas eu à l’utiliser car on avait assez de place sur les cartes.

Quelle méthode avez-vous adopté pour le déchargement des cartes, et à quelle fréquence ?

Salvo : l’autre inquiétude qui restait c’était de savoir combien de temps le soir il faudrait pour décharger les cartes car après une journée de tournage on est fatigué, on ne veut pas perdre trop de temps pour copier les images, et surtout on veut pouvoir passer vite au visionnage. Là aussi tout s’est bien passé.

On déchargeait donc les cartes tous les soirs, intégralement, pour ne pas avoir à se demander si une carte devait être recopiée en partie ou pas par la suite. Chaque jour de tournage on repartait ainsi avec des cartes vides ce qui était aussi plus sécurisant pour la capacité de tournage.

On faisait la recopie des cartes SxS sur des ordinateurs portable, avec un MacBook Pro qui a un lecteur Express Card intégré, et aussi un vieux PC portable ou un Macbook pro sans Express Card sur lequel là on branchait le lecteur USB de cartes SxS . C’était amusant car on recopiait la carte 32Go en USB et la 64Go en Express Card et on avait alors le même temps de copie entre les deux (30mn environ), c’est-à-dire deux fois plus rapide en Express Card qu’en USB, on a donc fait des tests de temps de copie sans même le vouloir ;-) On avait mis en place une méthode de recopie en double à chaque fois, donc sur deux disques durs différents. Sauf exception, on a choisi de toujours repartir de la carte pour la seconde copie afin de ne jamais recopier d’un disque dur à l’autre, histoire de sécuriser les choses au cas où la copie ne c’était pas faite correctement. On a même fait une troisième copie sur un disque qu’on a laissé sur place, en Sicile, et donc qui n’a pas voyagé avec nous en avion…en cas de crash !!


On a choisi la méthode “la plus sûre” pour recopier les fichiers en utilisant le Finder ou l’explorateur Windows. On utilisait le clip Browser (NDRL : logiciel de gestion XDCAM de Sony) par contre pour le visionnage des images. Bon ceci dit c’était sans doute la méthode la plus fiable mais je regrette qu’on n’ait pas utilisé le clip Browser car il permet aussi de faire des copies avec une fonction de jonction des clips pour rassembler les fichiers d’un même plan continu enregistré séparément sur deux cartes. Ça aurait pu éviter une petite réorganisation des fichiers en montage après cette copie-brute. Donc je suis un peu partagé entre cette copie brute (avec le Finder) et le fait d’utiliser Clip-Browser qui réorganise les fichiers et permet aussi de les exporter en structure MXF comme le XDCAM « standard », pour Avid par exemple.

En tout cas je note que vous n’avez pas fait la copie avec Log&Transfert de FCP qui est souvent le réflexe des utilisateurs Mac mais qui fait perdre la structure originale des fichiers.

Luca : Oui on a fait attention à ça car on ne savait pas avec quel logiciel on allait monter donc a opté pour la copie brute pour ne pas transformer la structure originale des fichiers des cartes et n’avoir aucun souci de platerforme (je suis sur Mac et Salvo sur PC) ou de logiciel.

Son

Quels sont été les atouts et limites de la PMW-320 en matière de son sur votre documentaire ? Avez-vous utilisé le son caméra uniquement ou aussi un enregistreur externe avec mixette ?

Salvo : Le son est une des raisons pour lesquelles j’étais très content de tourner avec la 320 plutôt qu’une EX1 par exemple, parce qu’on dispose de 4 entrées audio et donc on a pu se passer du coût d'une mixette et d'un ing son dédié seulement à cette tache, grâce aux quatre pistes audio.

On avait presque en permanence quatre pistes audio à capter : un micro directionnel Sennheiser MKH416 sur la perche (en HF sur un tournage-retour-colapesce-conseil-municipal-06.jpgSKP500), un micro ambiance sur la caméra, deux micros cravate HF (un Sennheiser G2 et un Sony UTKG1). On avait tous les réglages souhaités sur la caméra : avec un accès facile, la possibilité d’écouter la piste de son choix etc.

Comme on était une équipe de quatre, Fabrizio, qui est aussi réalisateur et a beaucoup d’expérience, intervenait avec un profil très polyvalent. Il s’est chargée de la prise de son à la perche, mais était aussi assistant caméra et assistant réalisateur ! C’est un dispositif qui a très bien fonctionné, et tout le temps.

Comme la perche était en HF, il a par contre fallu trouver une solution pour le retour casque du preneur de son, ce retour provenant donc de la caméra puisqu’on n’utilisait pas de mixette. J’ai eu du mal à le trouver mais j’ai mis à la main sur un casque fonctionnant aussi en HF et donc c’était parfait comme ça.

Petite astuce : on a bien le plein choix de réglage des quatre canaux sur la caméra, mais par contre il y a deux entrées XLR mono et un XLR stéréo (celui utilisé par le micro caméra d’origine). J’ai donc fait fabriquer un câble pour récupérer deux entrées XLR mono sur cette prise XLR 5 broches afin de bien avoir accès à 4 canaux séparés issu de 4 micros mono.

Luca : Et on a presque toujours laissé les niveaux en mode automatique et tout s’est bien passé, il n’y a pas eu de pompage ou de soucis qui aurait rendu le son inexploitable au montage.

Monitoring Oled


Quel est votre retour sur l'usage de ce nouveau moniteur OLED ? Quels contrôles vous a -t-il permis ? Qu’a-t-il donné pour le rendu couleurs, le contrôle du point ?

Salvo: Ce moniteur a été très utile, fondamental même, et on l’utilisait tout le temps (sauf au marché où bougeait tout le temps pour suivre les gens en caméra à l’épaule). Même quand on ne le branchait pas tout de suite sur les premières prises on ne tardait pas à le raccorder tournage-documentaire-salvo-manzone-face-camera.jpgpour l’utiliser dans la foulée. Souvent dans des configurations de tournage documentaire en équipe réduite on n’a pas ce luxe de disposer d’un moniteur, et là on s’est rendu compte qu’on travaillait ainsi beaucoup mieux. Ça a été d’autant plus important pour tous les plans où je suis à l’image pour pouvoir juger du résultat après chaque prise que je revisionnais immédiatement.

7 pouces, n’est-ce pas trop petit ?
Non, surtout qu’il a une grande précision. De toute façon c’est un parfait compromis pour être un moniteur de terrain. Par exemple quand on tournait en voiture, Luca tournait devant, moi j’étais derrière avec Fabrizio on regardait tous deux l’écran pour juger du résultat en temps réel, chose qui normalement ne peut pas se faire dans ces conditions.

Pour les plans plus fictionnels, où on a d’autant plus besoin de contrôler l’image et d’avoir un retour vidéo fiable, c’était vraiment important d’avoir ce confort de travail. On l’utilisait même en extérieur, par exemple à la plage (où bien sûr avec le soleil plein pot on l’a couvert pour contrôler l’image).

Le côté OLED je l’ai ressenti sur la qualité et la définition d’image, mais surtout sur l’autonomie. On n’a jamais eu besoin de changer la batterie alors qu’on l’utilisait tout le temps.

Luca: Oui c’est dans la lignée de la caméra qui ne consomme pas beaucoup non plus, c’est un autre aspect des caméras à cartes qu’on a tendance à oublier mais qui compte sur ce genre de tournage.

Salvo:
Et on revient là aussi à l’aspect caméra d’épaule: on utilise des batteries V-Lock de grande capacité mais même si elles pèsent 1Kg ça ne gêne pas car ça s’inscrit dans l’ergonomie de la caméra qui reste bien équilibrée, et on pouvait donc faire 3/4h avec une seule batterie.

L’utilisiez-vous aussi le soir pour le visionnage des images ?
Non malheureusement. En fait on revisionnait sur ordinateur après avoir déchargé les cartes, car c’est plus simple d’y manipuler les fichiers dans le logiciel de visionnage. Et comme on n’avait pas de sortie HDMI sur le portable pour le raccorder au moniteur on ne pouvait pas en tirer parti dans ces moments-là.

Dérushage

Quelle a été votre approche pour le dérushage ?

Pendant le tournage sur les parties documentaire (et contrairement aux scènes de fiction que nous visionnions instantanément) on ne visionnait que le soir et pas sur place dans l’immédiateté de la prise de vue, parce qu’on avait un gros rythme et beaucoup de choses à gérer. Par contre il est clair que le soir on revisionnait presque systématiquement les images du jour et pouvoir alors passer facilement d’un clip à l’autre s’est avéré très pratique.

Ce dérsuhage quotidien s’avérait d’autant plus important que l’on testait au fur et à mesure mon dispositif de réalisation, avec ce mélange de documentaire et de « fiction » que j’ai construit, testé, et affiné au fil du tournage. Il fallait que je vérifie mes choix de réalisation et de mise en scène, l’équilibre entre les plans où je suis à l’image et ceux où je n’y suis pas pour ne pas être trop ou trop peu présent à l’image etc.

Ca permettait aussi de préparer les autres jours de tournage, d’évaluer les parties sur lesquelles on avait assez de matière, celles pour lesquelles il fallait tourner de nouveaux plans.
Et donc ça n’a rien à voir entre regarder directement les plans sur l’ordinateur depuis la carte (on le faisait dans Final Cut ou le logiciel de visionnage Clip Browser de Sony), et le temps qu’il aurait fallu pour l’acquisition des bandes avant le visionnage sur l’ordi ! Ça parait évident mais quand on a beaucoup connu la bande avant c’est vraiment une souplesse que l’on apprécie à sa juste valeur.

Avez-vous complété les metadonnées pendant le dérushage, pour indiquer les bonnes prises, ajouter de brèves description, des timecodes de passages intéressants, des mots clés ?


Je dois avouer que l’on n’a pas utilisé cette possibilité mais je pense qu’on aurait dû car on repérait chaque fois de bons plans, certaines scènes intéressantes, on faisait déjà un travail très rapide de dérushage et finalement on n’en a pas gardé de trace. Tu as raison en disant qu’on aurait pu cocher des good-shot, ajouter ici ou là des mots-clés ou descriptifs rapides dans les métadonnées, ça m’aurait été utile en montage. On n’a pas eu le réflexe, surtout que c’était la première fois qu’on testait ce workflow. Mais sur mes prochaines phases de tournage j’envisage de mieux exploiter cette possibilité.


Montage

Quel logiciel et quel usage des métadonnées ?

Salvo: Je monte sous Avid Media Composer 5. J’ai donc repassé les fichiers en encapsulage MXF comme du XDCAM « standard », et je gère les fichiers en natif en utilisant la fonction AMA (Avid Media Access).


Archivage

Comment envisagez-vous l’archivage des rushes de ce projet ? Un transfert sur ProDisc par exemple ?

A cette étape de notre projet c’est encore trop tôt pour le moment de songer à l’archivage. On a donc bien pensé à la sauvegarde avec les rushes sur 3 disques durs mais pour l’archivage je n’ai pas encore pris de décision. Le workflow autour d’un lecteur-enregistreur PDW-U1 à louer le temps de recopier sur qq Professional Disc est bien sûr tentant parce que le coût des disques + la location ça reste raisonnable du fait de la tranquillité que ça procure d’archiver son projet sur la longue durée. On verra…


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