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Blackmagic Pocket 6K Pro : le test du Repaire

Nous avons eu la possibilité d'évaluer l'ergonomie, l'autonomie, les nouvelles fonctionnalités de la nouvelle version de la caméra compacte orientée fiction

Publié par Repaire le 11 Avril 2021 dans Tests
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  1. Repaire
    Blackmagic a sorti en février la Pocket Cinema Camera 6K Pro, de son petit nom BMPCC 6K Pro ou Pocket 6K Pro, nouvelle version de sa caméra compacte à capteur 6K Super 35mm.

    Ce nouveau modèle “pro” est désormais doté de filtres ND, d’un écran orientable haute luminosité, de nouvelles options d’alimentation, d’un viseur optionnel. Un ensemble de nouveautés qui rend cette caméra très intéressante, notamment au regard de son tarif, pour un usage fiction / pub / corporate.

    Une évolution plutôt bien vue, qui répond aux attentes des vidéastes qui apprécient le form factor des appareils photo, tout en souhaitant bénéficier de fonctionnalités issues des caméras pros. C’est la tendance actuelle, avec l’arrivée notamment des Canon C70 et autres Sony FX3.

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    Blackmagic nous a proposé le mois dernier de nous envoyer la caméra pour test dès sa sortie, elle a ainsi séjourné 3 semaines au Repaire. Nous en avons d’ailleurs profité pour proposer à quelques Repairenautes de passer la prendre en main avec nous, nous les en remercions chaudement, leurs retours sont largement venus enrichir ce test.

    Nous avons donc eu la possibilité d’évaluer son ergonomie, son autonomie, les nouvelles fonctionnalités mais aussi de la passer à la Testbox… voici notre retour sur cette caméra, incluant une synthèse sur notre évaluation Testbox. Pour lire le compte-rendu complet de notre test technique, c'est ici : TESTBOX Blackmagic Pocket 6K | Tests

    Ergonomie globale


    Premier changement, la version pro de la Pocket 6K a pris de l’embonpoint : elle mesure désormais 180 x 112 x 123 (L x P x H), pour un poids de 1,238 kg, contre 178 x 101 x 96 et un poids de 0,900kg pour la 6K “classique”.

    Eh oui, il a notamment fallu faire entrer les filtres ND et une batterie plus grosse…

    Voici quelques photos comparatives entre les deux modèles :

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    A noter que la 6K pro a le Blackmagic Pocket Camera Battery Pro Grip sur ces photos.

    En comparaison :
    • la C70 mesure 160×116x130mm (L x P x H), donc de dimensions très proches, un peu moins longue et pèse 1190 g (avec sangle de poignée et crochet de mesure)
    • la FX3 est beaucoup plus compacte avec 129,7x77,8x84,5 (L x P x H) et un poids plume de 715g (avec batterie et carte mémoire), mais ne dispose ni de filtres ND ni d’entrées audio professionnelles sur le boîtier.
    Pour tenir en main ce modèle plus imposant, Blackmagic l’a doté d’un nouveau grip, plus proéminent, et d’une “garde” (petit renflement ou on vient caler son pouce à l’arrière du boîtier pour maintenir la prise) à droite un peu plus grande.

    IMG_20210404_171318.jpg

    Une ergonomie plus adaptée aux grandes mains qu’aux petites, pour lesquelles ce sera difficile d’avoir le grip bien en main.

    Parmi les Repairenautes qui sont passés nous voir lors de notre journée de test le jeudi 18 mars, @arthurh182 a beaucoup apprécié ce nouveau grip, a trouvé qu’il permettait une prise en main bien franche, plus stable.

    @Jeepew, de son côté, a trouvé le grip trop épais, et la garde un peu désagréable au niveau du pouce, à l’usage.

    Chacun se fera son idée, et c’est aussi selon son usage, si vous ne filmez pas à main levée, bien sûr vous vous en fichez.

    Et finalement, le boîtier n’étant toujours pas stabilisé (ni stab capteur, ni stab électronique), si vous avez l’habitude de shooter à main levée avec un hybride et de profiter de l’IBIS, la Pocket ne sera certainement pas votre premier choix d’investissement…

    A noter que la caméra est compatible avec les optiques stabilisées, on a eu l’occasion de la voir fonctionner avec un zoom stabilisé Canon, pas de saccade ou d’anomalie relevée.

    La caméra dispose d’un système de ventilation qui lui permet de ne pas être limité en durée d’enregistrement. L’appareil chauffe quand même pas mal, après une heure sur secteur, ce sera difficile de reprendre la caméra dans sa main (notamment avec la sortie de ventilation présente en-dessous).

    Cette ventilation émet un léger bruit, qui s’amplifie un peu au bout de quelques dizaines de minutes. Ce bruit de ventilation, bien que discret, sera capté par les deux micros internes de la caméra.

    Un point à souligner sur la prise en main du boîtier, c’est la présence d’une sortie de ventilation juste sous l’objectif, donc en gros là où on pose la main quand on tient la caméra en mode “run and gun”. La soufflerie n’est pas toujours active, mais au bout d’un moment, quand elle s’enclenche, avoir un souffle d’air chaud en permanence sur la main, ce n’est pas forcément agréable…

    IMG_20210404_165351.jpg

    Evidemment, le problème est résolu en installant la caméra sur son grip batterie (voir plus bas), mais là on sort du modèle “compact”.

    Avec son grip batterie (voir plus bas pour le test d’autonomie), la caméra pèse un kilo de plus environ, soit plus de 2kg sans objectif, ce qui commence à faire très lourd pour une caméra de ce gabarit.

    La caméra ne dispose toujours que des 3 boutons personnalisables situés sur le dessus de la caméra, sur lesquels on peut définir un réglage pré-défini en ISO, fps, shutter, WB ou appeler une fonction d’affichage (zebras, false color, peaking, Lut, frame guides, grille) et où cette fonction affichera (écran, viseur, sortie HDMI).

    Enfin, la Pocket 6K Pro dispose désormais de 3 indicateurs Tally : un indicateur sur l’écran, un dans le viseur, ainsi qu’un tally frontal à destination du sujet filmé. Il est possible de régler l’intensité lumineuse de l’indicateur pour limiter la pollution en conditions de très basses luminosité.

    Autonomie / durée d’enregistrement


    La Blackmagic Pocket 6K Pro dispose d’une prise secteur 12V à 2 connecteurs, mais peut aussi être alimentée par la prise USB-C (via une power bank), prise également utilisée pour l’enregistrement sur disque SSD externe (il faudra donc peut-être faire un choix le moment venu).

    IMG_20210404_165010.jpg

    Côté batterie, Blackmagic a apporté plusieurs améliorations, la faible autonomie des caméras Pocket étant l’un des principaux points reprochés à cette gamme.

    Tout d’abord, la Pocket 6K Pro utilise une batterie de plus grande capacité : la Sony NPF NP-F570, de 3 500 mAh.

    Avec cette batterie, nous avons mesuré une autonomie de 50 minutes, en filmant en continu en RAW. On n'est donc pas dans une très grande amélioration de ce côté.

    La batterie peut être rechargée en branchant la caméra sur secteur, compter entre 1 heure 15 / 1h 30 pour un rechargement complet (pas d’indication permettant de savoir que la charge est terminée, voir plus loin).

    La principale amélioration sur l'autonomie est constituée par le nouveau grip batterie proposé par Blackmagic pour la Pocket 6K Pro (155€ HT), qui peut accueillir deux batteries supplémentaires.

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    Le grip, en plastique, est d’un aspect extérieur plutôt robuste, fait d’un matériau similaire à la caméra.

    IMG_20210404_182921.jpg

    Un tiroir s’ouvrant sur le côté permet de placer les deux batteries et de les changer en cours de prise (et sur pied sans avoir à enlever la caméra de la tête, très pratique), la batterie interne prenant le relais.

    Le tiroir, en plastique, donne l’impression de ne pas être bien solide, à manipuler tranquillement pour ne pas le casser.

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    Le grip se visse sous la caméra à l’aide d’une molette. Une fois vissé, (opération pas forcément toujours simple la première fois, prendre son temps pour bien aligner les picots), l’ensemble est bien solidaire.

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    Une fois le grip connecté, la caméra affiche une jauge d’énergie restante pour les 3 batteries.

    C’est appréciable d’avoir un suivi de l’énergie restant séparé pour chaque batterie, sauf que ce suivi s’avère plutôt… erratique…

    IMG_20210312_151530.jpg

    Au cours de notre test, après quelques secondes, la jauge de la 3ème batterie est passée en rouge (= proche de 0), on s’est donc inquiétés (la batterie était elle bien chargée ?), mais finalement la jauge est repassée quelques minutes plus tard à 100%. Une dizaine de minutes plus tard, c’est au tour de la 2ème batterie de s’afficher en rouge, pour finalement revenir à 100%, etc

    Difficile donc de savoir précisément où on en est et de combien de temps restant on dispose à un instant T. Les jauges donnent une indication globale, parfois fausse (attendre quelques secondes pour voir si ça bouge).

    Quand les 3 batteries passent au rouge, il vaut mieux ne pas attendre ;-).

    Ce qui est dommage, c’est qu’on a perdu le suivi en % qui était présent sur la 6K classique (bien que erratique lui aussi), que ce soit pour 3 batteries ou une seule. Seule une indication en volt est affichée, qui ne permet pas trop de connaître la capacité restante.

    On peut espérer que Blackmagic le remette en place bientôt, au moins pour la jauge de la batterie interne.

    Nous avons testé la caméra avec 3 batteries (la batterie neuve fournie avec la caméra, deux batteries qui avaient déjà pas mal vécu (location), dont 1 de capacité très légèrement inférieure de 3200mAh), nous avons pu tourner un peu plus de 2h30 en RAW sans interruption.

    Avec 3 batteries neuves de 3500mAh, il est probable qu’on puisse atteindre une autonomie proche du temps annoncé par Blackmagic (3h).

    Une amélioration donc par rapport à la version 6K classique, avec ce grip optionnel qui permet d’obtenir une autonomie plus importante (2h30 c’est pas mal du tout), mais il va falloir se promener avec beaucoup de batteries pour tenir la journée…

    Pour une plus grande autonomie, il faudra donc aller regarder du côté des batteries V lock / mini V-Lock.

    Pour finir sur l’ergonomie, à savoir que SmallRig a sorti une cage adaptée à la Pocket 6K Pro à 110€ qui pèse 300g, avec différentes fixations ainsi qu’un emplacement pour disque SSD type T5 (mais non compatible avec le grip).
    cage-smallrig.png



    Monitoring : un écran inclinable, plus lumineux et un viseur optionnel appréciable


    La Pocket 6K Pro est désormais dotée d’un écran inclinable, ce qui permet de continuer à voir ce qu’on fait quand la caméra est positionnée en hauteur ou près du sol, et de se passer d’un moniteur externe dans beaucoup de situations.

    20210310_160653.jpg

    On regrettera évidemment que l’écran ne soit pas complètement articulé, en particulier sur stabilisateur où un moteur peut venir masquer l’écran, ou encore sur crosse d’épaule où on aura besoin de positionner l’écran différemment.

    L’écran dispose d’une luminosité plus importante (1500 nits) que celle de la Pocket 6K, qui lui permet de tenir le coup en extérieur jour, même en conditions de fort ensoleillement, ce qui est un excellent point.

    IMG_20210404_111412.jpg

    On lui reprochera des soucis de calibration, l’image apparaissant légèrement sur-exposée, plutôt désaturée et tirant vers le bleu. Il est possible qu’une mise à jour de firmware puisse régler ce problème, mais nous n’avons pas eu de confirmation.

    Il est possible que ces soucis de calibration soient liés au fait que l’écran dispose d’un espace de couleur annoncé comme HDR. L’espace de couleur ne pouvant être réglé, le REC709 est certainement ici mal restitué. Il nous a semblé que les problèmes de calibration étaient moins flagrants en appliquant une Lut Film to PQ (HDR) sur le gamma Film.

    En attendant, il ne faudra pas trop s’appuyer sur les couleurs de l’écran pour juger de son image, et ne pas paniquer si la Lut travaillée pour le tournage ne s’affiche pas du tout comme prévu.

    Lut qu’il ne sera d’ailleurs pas possible de charger dans la caméra pour l’instant, la fonction connaissant un bug pour le moment : il est possible de copier la Lut (on a testé à partir d’un disque de type T5, avec la Lut à la racine, si elle est dans un dossier ça ne fonctionne pas), mais il n’est pas possible de la sélectionner. A noter d’ailleurs que la lut ne peut que se charger depuis un disque externe ou une carte Cfast, pas via une carte SD. Une nouvelle mise à jour firmware est récemment sortie (après nôtre test) et devrait résoudre ce problème.

    Blackmagic devrait corriger ce problème rapidement, car la fonction est évidemment opérationnelle sur les autres Pocket.

    La nouveauté de ce boîtier, c’est également l’arrivée du viseur optionnel Blackmagic Pocket Cinema Camera Pro EVF, à 485€ HT qui ravira les utilisateurs de boîtiers photo, habitués à monitorer dans ce mode immersif et à trouver un 3ème point d’appui.

    Le viseur est facile à installer, une petite vis à desserrer et le cache en plastique présent sur le dessus de la caméra est enlevé pour recevoir le viseur, sur lequel une molette permettra de le fixer à la caméra.

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    Il dispose d’une molette de réglage des dioptries, sur une plage de -4 à +4, qui ont permis à Marina de le régler à sa vue sans problème, malgré sa myopie assez prononcée ^^.

    Il est fourni avec 4 œilletons : petit, moyen, œil gauche et œil droit.

    La colorimétrie du viseur, avec ses 16.7 millions de couleurs, semble pour sa part bien plus fidèle, avec une légère tendance vers les tons chauds.

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    Sa résolution de 3,68 millions de pixel (1280 x 960), bien que inférieure à celle de l’écran, fournit une image correctement détaillée.

    A l’identique du moniteur, on peut décider d’y afficher la Lut, un clean feed, les instruments de mesure, etc. Un point utile : le viseur continue d’afficher l’image même quand vous êtes dans les menus.

    L’écran s’éteint automatiquement quand on approche l’oeil du viseur, ce qui est le fonctionnement classique des appareils photo et permet d’économiser la batterie.

    La détection automatique et non paramétrable peut être gênante si vous tenez la caméra proche de vous et que vous souhaitez pour autant utiliser l’écran. Elle nous a quand même semblé assez performante de manière générale et nous n’avons pas eu de problèmes.

    Une remarque cependant sur la finition du viseur, dont le plastique nous a semblé de qualité moindre par rapport au boîtier et vulnérable aux chocs quand il est déplié.

    Le nouveau moniteur est un bon point pour la Pocket 6K Pro, et l’arrivée du viseur optionnel lui permettra de cocher la case pour ceux qui viennent des appareils photo et ne souhaitent pas changer leurs habitudes de travail.

    Par contre, les très fortes différences colorimétriques entre le moniteur calibré trop froid et le viseur un poil trop chaud, peuvent être pas mal perturbantes lors des premiers tournages.

    Filtres ND


    Les filtres ND, c’est la principale nouveauté de la caméra, et qui légitiment d'ailleurs son appellation “pro”.

    Les filtres ND descendent en rideau devant le capteur et s’additionnent de façon à compenser 2, 4 ou 6 stops de luminosité.

    Rien à dire sur leur facilité d’utilisation, les filtres ND descendent rapidement quand on les appelle par les deux boutons “+” et “-” accessibles du pouce, juste au-dessus de l’écran.

    IMG_20210404_165030.jpg

    Le niveau de filtration appliqué s’affiche à l’écran, il est possible de choisir le mode d’affichage : en nombre de stops, en fraction (1/4, 1/16 ou 1/64), ou en nombre (0.6, 1.2, 1.8), selon vos habitudes.

    La mention “ND clear” s’affiche quand on revient en position neutre, puis disparaît peu de temps après.

    Nous avons identifié une très légère dérive de l’exposition, de l'ordre de 0.15 diaphs en-dessous avec le ND2 et de l’ordre du quart de diaph en dessous pour le ND4.

    Nous avons comparé la qualité de ces filtres avec celle d’un filtre ND6 de bonne qualité (Nisi), nous n'avons pas noté de problèmes particuliers (vignettage, aberrations chromatiques).

    Enregistrement vidéo


    La 6K pro enregistre en Blackmagic RAW en interne sur cartes SD (si le débit est suffisant), CFast ou disque SSD.

    Le Blackmagic RAW (BRAW) est un format “RAW compressé”, offrant donc une très grande latitude en post-production (et notamment l’accès à la modification des méta-données de la caméra) tout en permettant de limiter le poids des fichiers avec deux options d’encodage :
    • le mode “constant bit rate”, qui assurera un niveau de compression et un débit constant, de 3:1 (323MB/s en 6K à 30fps) à 12:1 (81MB/s)
    • le mode “constant quality” qui propose d’adapter le niveau de compression et le débit pour maintenir la qualité des images, pour 4 niveaux de qualité possibles : Q0 (242 à 483 MB/s), Q1 (162 à 387 MB/s), Q3 ( 108 à 277 MB/s), Q5 (65 à 162 MB/s ).
    Les résolutions disponibles en RAW sont :
    • 6K (6144 x 3456), 323 MB/s en 3:1, max 50fps
    • 6K 2.4:1 (6144 x 2560), 240 MB/s en 3:1, max 60fps
    • 5.7K DCI (5744 x 3024), 264 MB/s en 3:1, max 60fps
    • 4K DCI (4096 x 2160), 136 MB/s en 3:1, max 60fps (nouveau sur la 6K pro)
    • 3.7K 6:5 anamorphosé (3728 x 3104), 177 MB/s en 3:1, max 60fps
    • 2.8K DCI (2868 x 1512), 67 MB/s en 3:1, max 120fps
    Il est à noter que filmer en BRAW dans une résolution inférieure entraîne un crop, la caméra n’utilisant que la portion du capteur correspondant à la résolution choisie.

    Ainsi, filmer en 4K DCI entraînera un crop de 1.5 par rapport au 6K (et de 2,337 par rapport au Full Frame).

    Pour bénéficier de hautes vitesses et réaliser des ralentis poussés, il faudra descendre jusqu’au 2.8K, ce qui imposera un crop de 2.1 par rapport au 6K (et de 3,33 par rapport au FF).

    crop.jpg
    image d’illustration - simulation des niveaux de crop

    C’est un fonctionnement classique en RAW, mais c’est important de le comprendre pour savoir si cette caméra est faite pour vous. En effet, bénéficier de la résolution 6K et réaliser des ralentis avancés pourra s’avérer être difficilement compatible sur un même projet de film.

    La caméra enregistre également en Prores 422 HQ (117.88 MB/s en 4K DCI / 30p), ProRes 422 (78.63 MB/s), ProRes 422 LT (54,63 MB/s) et ProRes Proxy (24.25 MB/s).

    Le ProRes propose du 4K DCI ou de l’UHD (60fps max) comme résolution maximale, et du FullHD (120p max) sans crop (sur-échantillonnage).

    Point intéressant : les débits du ProRes sont très proches de ceux du Blackmagic RAW en 4K DCI, avec lequel on ne bénéficiera cependant pas du sur-échantillonnage (et on subira donc un crop).

    A noter : il n’est pas possible de visionner sur la caméra des images tournées dans un autre mode (ProRes / RAW) ou une autre résolution que ce qui est actuellement sélectionné pour la prise de vues.

    Si le RAW a été sélectionné dans le menu “Record”, il n’est pas possible de visionner les images que l’on vient de tourner en ProRes (et inversement). Il n’est pas non plus possible de visionner des images tournées en FullHD si on est en ProRes 4K.

    Ce mode de fonctionnement semble standard dans l’éco-système Blackmagic, cela n’en reste pas moins difficile à comprendre et à utiliser.

    Dans la même rubrique, on ne peut toujours pas supprimer les rushes sur la caméra (et c’était déjà le cas sur la première BMPCC).

    La Pocket 6K Pro est dotée, comme la Pocket 6K et la 4K, du Dual ISO, à 400 et 3200 ISO.
    Voici la répartition de la gamme dynamique en-dessous et au-dessus du gris moyen, pour les deux iso natifs :

    capture illustration dynamique 400.JPG
    capture illustration dynamique 3200.JPG
    Contrairement à d’autres appareils, l’ISO de base est sélectionné automatiquement par la caméra en fonction du réglage d’ISO. Ainsi, jusqu’à ISO 1000, c’est l’ISO natif “bas” qui sera actif, à partir de 1250 ISO, on passera sur l’ISO natif “haut”.

    Donc si vous vous retrouvez dans la situation de devoir monter dans les ISO pour un extérieur nuit par exemple, pensez à tester de pousser jusqu’à 1250 plutôt que de rester à ISO 1000. Le niveau de bruit en sera amplement réduit (voir plus bas - Sensibilité).

    On a testé le rolling shutter de la caméra. Forcément sur un capteur 6K avec lecture par balayage, il est assez présent, comme vous pouvez le constater :


    La Blackmagic dispose d’un mode d’auto exposition, qui fonctionne avec le diaph, le shutter, ou une combinaison des deux.

    L’intérêt de l’auto expo au shutter ne nous a pas paru évident, car il amène à des vitesses d’obturations très exotiques. Une fonction d’auto ISO nous aurait semblé plus intéressante.

    Toujours est-il que la fonction auto iris fonctionne plutôt bien, avec une plage d’exposition correcte et une bonne réactivité (ni trop rapide, ni trop lente). Elle peut être un peu bruyante en fonction des optiques que vous utilisez.

    Une fonction qui peut s’avérer utile dans des situations ultra run and gun avec de forts changements de luminosité, ou vous savez que vous n’aurez pas le temps de toucher aux réglages, ou encore sur stabilisateur sans possibilité de contrôle.


    Du côté des gammas, Blackmagic offre un choix très simple entre 3 formats (pas de liste à rallonge comme sur certaines caméras) :
    • “Vidéo” (= REC709),
    • “Extended Video”, un gamma intermédiaire qui va chercher un peu plus de détail dans les hautes lumières, tout en restant compatible avec une diffusion REC709 (une sorte d’équivalent au WideDR de Canon par exemple)
    • “Film”, le Log Blackmagic.
    Il est possible de personnaliser ses réglages en REC709 avec des presets.

    On peut monitorer le Log avec les Lut de conversion officielles Blackmagic de 5ème génération (nouvelle science couleur développée par Blackmagic), de Film à Video, Film à Extended Video, ou avec jusqu’à 10 Lut custom, à charger dans la caméra (quand la fonction sera rendu à nouveau opérationnelle via une mise à jour de firmware certainement à venir).

    Deux Lut de monitoring HDR sont également disponibles, de Film vers HLG ou PQ (REC2020).

    Il n’est pas possible de choisir son espace de couleur sur la Pocket 6K Pro, la caméra le fait pour vous en fonction du gamma choisi (REC709 pour Vidéo et Extended Video / Blackmagic Wide Gamut Gen5 en RAW ou ProRes Film).

    Supports d’enregistrement


    Pas de nouveauté de ce côté, la Blackmagic 6K Pro enregistre sur Carte CFast, carte SD UHS-II ou sur disque SSD via la sortie USB-C.

    IMG_20210404_165124.jpg

    Il est possible d’enregistrer du Blackmagic RAW sur tous les supports, y compris les cartes SD, si le débit d’enregistrement le permet.

    Bonne nouvelle pour les possesseurs de T7, la 6K Pro est compatible avec ces nouveaux disques Samsung, contrairement aux versions précédentes de la Pocket, qui ne sont compatibles qu’avec les T5.

    La Pocket propose un enregistrement en mode relais, on paramètre le support “préféré” (Carte Cfast, SD ou la plus remplie), la caméra passera à la suivante une fois le support plein sans coupe d’image.

    Il n’existe pas de mode d'enregistrement simultané en interne, ni vers un disque SSD. La seule solution est d’utiliser la sortie HDMI sur un enregistreur externe, en FullHD maximum (pour des proxys par exemple).

    Toujours pas de réel autofocus


    La caméra dispose d’une fonction “Push Focus”, activable manuellement en pressant un bouton présent à l’arrière du boîtier.

    Pas d'autofocus ici, la mise au point ne se fera qu’à la demande, il n’y a pas de fonction continue et encore moins de tracking.

    Le focus ne se fait qu’au centre de l’image (pas moyen de sélectionner une zone de l’écran tactile par exemple).

    La fonction est peu fiable, la mise au point se fait au prix d’un pompage assez présent dès que la luminosité est un peu réduite.


    A n’utiliser qu’en tout dernier recours donc ou dans une scène fixe, et à éviter autant que possible en cours de prise...

    Blackmagic RAW : facilité de traitement en post-prod


    Blackmagic met en avant la facilité de traitement de son RAW “maison”, au travers de son lecteur Blackmagic RAW Player et sur DaVinci Resolve.

    Mais quand même, du 6K, en RAW, ça fait peur, on a du mal à imaginer que ça va passer facilement sur des machines “moyennes”...

    On a testé la lecture et le traitement du Blackmagic RAW 6K sur 3 machines, une très pourrie (un portable avec un un i7 de 2012, 4 GO de RAM, une carte graphique lambda, valeur 80€ d’occasion environ), et sur deux stations calibrées pour du 4K, celle du Repaire (GTX1070) et celle de Greg (RTX2070).

    Sur le portable, bonne surprise, il est possible de visionner les rushes grâce au lecteur fourni par Blackmagic ! Il est donc possible d’utiliser à peu près n’importe quelle machine pour visionner les rushes en sortie de tournage, un bon point pour le BRAW !

    Par contre, sans étonnement, impossible de faire quoi que ce soit sur Resolve avec le RAW 6K sur cette machine.

    Sur les deux stations 4K, avec les rushes sur SSD, on obtiendra une lecture temps réel dans DaVinci des rushes, même en décodage en FullRes.

    Sur la station du Repaire, on a même empilé plusieurs traitements de colorimétrie successifs sans perdre en fluidité. Les choses se sont compliquées en appliquant un traitement de denoising.

    Conclusion : pas de problèmes pour réaliser un étalonnage simple sur des rushes en BRAW 6K sur une machine moyennement puissante, plutôt calibrée pour du 4K.

    Tant qu’on est sur la post-prod, un petit regret : pendant le travail sur le comparatif Testbox, Diego a littéralement maudit la nomenclature des rushes Blackmagic, qui ont leur numéro de rush en fin de fichier. Compliqué quand les numéros de rushes n’apparaissent pas en entier (et c’est souvent le cas), comme ici dans une timeline sur Resolve :

    [​IMG]

    Qualité d’image : synthèse de notre analyse Testbox


    Nous avons donc passé la Pocket 6K Pro à la Testbox. La qualité d’image n’a pas changé par rapport à la Pocket 6K Pro “classique” (même capteur, même processeur), mais nous ne l’avions pas encore passé au banc de test, c’était donc l’occasion de voir ce que cette caméra a dans le ventre !

    Nous avons choisi de comparer la Pocket 6K Pro avec 3 caméras / appareils photo qui se situent dans une gamme de prix et des performances proches, même si leurs tailles de capteur différent :
    • Le Panasonic S1H (capteur FF)
    • Le Sony Alpha 7S III (capteur FF)
    • La Canon C70 (capteur Super 35)
    Cet article étant déjà très long, vous trouverez ci-dessous la synthèse de nos conclusions.
    Si vous voulez découvrir en détail nos analyses, voir les captures de test et avoir également des explications sur certaines notions techniques, consultez notre compte-rendu détaillé : TESTBOX Blackmagic Pocket 6K | Tests.

    Définition : très bonne définition grâce à sa résolution 6K (4K sur-échantillonnée en ProRes), avec des détails et textures très bien restituées, même en basse lumière.

    Science couleur : nouvelle science couleur “GEN5” permettant de mieux exploiter le signal de la caméra. Traitement plus doux des hautes lumières, plus de matière dans les tons chairs. Au niveau colorimétrie, teinte légèrement jaune des tons chairs. Dérive magenta en low light.

    Sensibilité : performances tout à fait correctes en low light, à ISO 1250, avec un niveau de bruit contenu et assez comparable aux autres caméras. En Ultra Low Light, à ISO 2500, la C70 présente moins de bruit, mais la Pocket dispose d’un meilleur niveau de détail.

    Dynamique : nous avons mesuré une dynamique de 12+ à ISO400 en RAW, et 12 en ProRes ainsi qu’en RAW à ISO3200 (13 diaphs après denoising). A ISO400, on note plus de bruit en ProRes qu’en RAW. A ISO 3200, on note un déséquilibre des canaux RGB dans les basses lumières.


    Notre conclusion sur la Pocket 6K PRO


    L’ajout de filtres ND, l’écran très lumineux, la possibilité de l’équiper d’un viseur permettent désormais à la Blackmagic Pocket Cinema Camera 6K Pro de cocher un très grand nombre de cases.

    Nos tests montrent une haute qualité d’image, avec une excellente définition même en low light, une dynamique tout à fait honorable de 12+ et une nouvelle science couleur mieux adaptée aux capacités de la caméra.

    Avec l’enregistrement en RAW en interne, ses 2 entrées audio pro, l’enregistrement sur SSD et surtout son tarif de 2135€ HT, la Pocket 6K Pro représente une option intéressante pour une caméra professionnelle compacte, très abordable, pour de la fiction / pub, du corporate qualitatif, du documentaire “posé”.

    Cependant, sans stabilisateur ni autofocus, cette caméra ne correspondra pas à certains usages plus “run and gun”.

    L’autonomie de la caméra seule est encore limitée, le grip permet d’apporter une solution mais alourdit beaucoup la caméra et représente un coût supplémentaire.

    L’obligation de tourner en 2.8K en RAW avec un crop factor de plus de 3x (ou en FullHD en ProRes) pour atteindre les hautes vitesses posera des problèmes sur certains usages, en mode clip par exemple.

    Mais enfin, à ce tarif là (2560 euros), on lui pardonne volontiers de ne pas savoir tout faire, son rapport performances / prix reste très bon, si la durabilité est au rendez-vous.

    Blackmagic est à l’heure actuelle encore le seul fabricant à en proposer autant pour ces niveaux de prix, et on peut saluer les améliorations apportées qui montrent une écoute de ses utilisateurs. Il ne reste plus qu’à espérer un autofocus digne de ce nom pour le prochain modèle ;-)

    Les +


    • Haute qualité d’image, résolution très fine même en basse lumière,
    • Science couleur améliorée
    • Dynamique de 12+ et jusqu’à 13 après denoising
    • Ecran haute luminosité
    • Filtres ND
    • Enregistrement RAW en interne, facile à monter
    • Enregistrement sur SSD
    • Ecran et menus entièrement tactiles, accès très rapide aux réglages
    • 2 entrées audio mini XLR
    • Viseur optionnel
    • Autonomie améliorée avec le grip optionnel

    Les -


    • Pas d’autofocus
    • Aucune option de stabilisation
    • Ecran non articulé
    • Colorimétries viseur et écran mal calibrées et non réglables
    • Import de Lut custom non fonctionnel
    • Hautes vitesses uniquement en RAW 2.8K (avec crop factor 3x) ou ProRes FullHD

    Liens d'achat :


    - Blackmagic Pocket 6K PRO - 2561€ (en stock)
    - Blackmagic Pocket Camera Pro Grip - 154,90€
    - Blackmagic Pocket Cinema Camera PRO EVF - 579,90 €
    AQW333, mhr, apatura et 1 autre Repairenaute ont recommandé ce message.

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