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Cinelux Sixteen : la caméra qui veut réconcilier pellicule et numérique

une véritable caméra hybride, capable de filmer simultanément sur pellicule 16 mm et sur un capteur numérique

Publié par Lucas.janiszewski le 11 Juin 2026, à 19:35 dans News
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  1. Lucas.janiszewski
    Depuis plusieurs années, les fabricants tentent de rapprocher les mondes de l’argentique et du numérique. Avec la Cinelux Sixteen, la société américaine Cinelux pourrait bien proposer l’une des approches les plus ambitieuses jusqu’à maintenant : une véritable caméra hybride, capable de filmer simultanément sur pellicule 16 mm et sur un capteur numérique.



    Le premier prototype avait été dévoilé il y a un an. Après deux années de développement, la nouvelle version présentée il y a quelques jours au Cine Gear Expo se rapproche nettement d’un modèle de production. Si le calendrier est respecté, la Cinelux Sixteen devrait être commercialisée courant 2027.

    Une architecture inédite



    L’originalité de la Cinelux Sixteen repose sur son système de visée. Traditionnellement, une caméra argentique utilise un dépoli : une surface translucide sur laquelle est projetée l’image provenant de l’objectif afin que l’opérateur puisse contrôler son cadrage et sa mise au point.

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    Dans la Sixteen, ce dépoli disparaît au profit d’un mécanisme bien plus sophistiqué.

    L’image est alternativement renvoyée vers la pellicule et vers un capteur numérique Super 16. Ainsi, la caméra enregistre simultanément une image argentique sur film et une image numérique directement exploitable. Une approche qui permet de conserver les avantages de la pellicule tout en bénéficiant du confort de travail des workflows modernes.

    Un capteur Super 16 numérique intégré



    La partie numérique s’appuie sur un capteur Super 16 de définition 3K.

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    Les fichiers sont enregistrés sur carte CFexpress Type B dans plusieurs choix de formats : CinemaDNG, ProRes 4444 HQ, H.265 ainsi que le Cinelux RAW, le format propriétaire développé par la marque.

    Au-delà de l’enregistrement principal, cette solution permet également de disposer instantanément de proxies numériques pour la postproduction, sans passer par une étape de télécinéma ou de scan.

    Cinelux travaille également sur une fonction particulièrement intrigante : l’utilisateur pourra sélectionner l’émulsion chargée dans la caméra afin que l’image numérique affiche un rendu équivalent.

    Capture d’écran 2026-06-10 à 22.31.46.png

    Reste à voir si cette simulation se limitera à une simple LUT ou si elle reproduira plus fidèlement des caractéristiques complexes comme le grain, l’halation ou encore le comportement des hautes lumières.

    Jusqu’à 120 images par seconde



    La Cinelux Sixteen ne se contente pas d’être hybride : elle se veut également performante. La caméra pourra enregistrer jusqu’à 120 images par seconde, aussi bien en argentique qu’en numérique.

    Elle sera compatible avec des magasins Super 16 de 400 et 1000 pieds. J’avoue être dubitatif sur l’intérêt d’un magasin de 1000 pieds sur du s16mm : c’est gros et Kodak ne produit plus de bobines de cette longueur pour ce format. Mais qui peut le plus, peut le moins !

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    Le corps de la caméra intègre également une molette permettant de rembobiner le film, ouvrant la porte à différentes expérimentations créatives directement sur le tournage. Cela donne aussi la possibilité de rembobiner la pellicule, sans ouvrir le magasin, ce qui fera indubitablement gagner du temps en essais caméra notamment.

    Une connectique digne d’une caméra numérique moderne



    Sur ce point, la fiche technique impressionne. Le flux vidéo pourra être distribué via quatre sorties SDI ainsi qu’en USB-C. La caméra sera pilotable en Wi-Fi, Bluetooth ou Ethernet, prendra en charge le timecode et intégrera même un microphone interne.

    Pour un constructeur encore relativement confidentiel, le niveau d’intégration annoncé est particulièrement ambitieux.

    Réinventer la mécanique de la caméra argentique



    L’un des objectifs revendiqués par Cinelux est de démocratiser l’usage de la pellicule. Selon la société, les dernières générations de caméras argentiques professionnelles reposaient sur des systèmes optiques et mécaniques extrêmement coûteux, contribuant à rendre ces machines quasiment inaccessibles.

    La Sixteen adopte une architecture où chaque composant peut fonctionner de manière indépendante. Au-delà de la réduction des coûts, cette approche ouvre de nouvelles possibilités créatives autour des mouvements de film, des manipulations d’exposition et des techniques d’obturation.

    Le modèle de production devrait d’ailleurs intégrer plusieurs fonctions avancées sous forme de préréglages, notamment des effets de ramping ou de shutter blur.

    Une porte d’entrée vers l’argentique ?



    Même si rien ne remplacera jamais totalement l’expérience de la pellicule, le concept de la Cinelux Sixteen pourrait répondre à l’une des craintes les plus fréquentes chez les opérateurs habitués au numérique : celle de tourner sans retour immédiat sur leur image.

    C’est une inquiétude que nous rencontrons régulièrement, et de manière tout à fait légitime, chez les stagiaires de notre formation Atelier Argentique. Pouvoir disposer instantanément d’une image numérique, tout en enregistrant sur pellicule, pourrait constituer un filet de sécurité rassurant pour franchir le pas.

    Sur le plan philosophique, certains estimeront sans doute que l’ajout du numérique fait perdre une partie de la magie propre au tournage argentique. Et j’avoue qu’une partie de moi est d’accord. Mais chacun trouvera son équilibre entre tradition et modernité.

    D’un autre côté, je suis extrêmement intrigué par cette caméra qui ne peut créer que du positif (ha-ha-ha), spécialement chez des assistants caméra argentique de ma génération, sur des projets où nous sommes parfois amenés à travailler avec des chef opérateurs néophytes en pellicule.

    Une révolution en préparation ?



    Il est encore trop tôt pour savoir si toutes les promesses seront tenues. Une chose est sûre : la Cinelux Sixteen impressionne par la diversité de ses possibilités, l’exhaustivité de ses connectiques, la richesse de ses interfaces et ses performances d’enregistrement.

    Cinelux affirme par ailleurs que la caméra devrait coûter moins cher qu’une Arri 416. Bon je ne suis pas sûr que cela soit la bonne référence, pour communiquer sur l’accessibilité d’une caméra, quand on sait qu’une 416 se vend plus de 75000$ sur EBay.

    Pour un fabricant de cette taille, les ambitions sont considérables. Mais si la version commerciale tient ses promesses, la Cinelux Sixteen pourrait bien représenter l’une des évolutions les plus importantes du cinéma argentique depuis plusieurs décennies.

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