L’ambition de ce dossier du
Repaire est d’aider à discerner les avantages et inconvénients de
chaque type
de solution (disque dur, carte mémoire, disque optique etc.) sur les
critères liés
au tournage, au montage et à l’archivage selon son usage. Y sont donc
traités P2,SxS, XDCAM ProDisc, REV Pro, disques durs de tournage.
Pour limiter le sujet nous nous en
tenons à la seule approche réellement
« fichiers » de ces solutions sans entrer dans les possibilités d’utiliser
les solutions sans bande comme s’il s’agissait de magnétoscopes traditionnels (Voir
à ce sujet l’article « Point
Technique sur le XDCAM Blu-Ray» )
Equipement global ou simple complément
d’équipement ?
On avait l’habitude de choisir un caméscope et par là-même
un format (DV, HDV, BetaNum, DVCPRO…). Lors de ce choix la question du montage
ne se posait que dans des termes globaux : ma station de montage pourra-t-elle
monter le format, dispose-t-elle des connectiques et de la configuration
adéquate (par exemple le SDI pour le Beta Num et des disques RAID pour monter
en on compressé). Mais le choix du format de fichier (mxf, avi, omf, mpg etc.)
ou encore du codec qui sera utilisé en montage (par exemple codec Matrox mpeg2,
Apple ProRes, Avid DnxHD, Canopus HQ) restait très ouvert…
La donne change avec les caméscopes remplaçant la bande par
un support informatique : choisir une solution sans bande nécessite de
s’interroger non pas seulement sur son choix de caméscope, mais sur toute sa
chaîne de production. Le caméscope écrivant un fichier dès le tournage, il
faudra en effet être certain que sa station de montage pourra prendre en charge
le format de fichier (.mxf, .avi, .dv) et le codec utilisé (DVCPROHD, MPEG HD
par exemple), ou disposera du lecteur de médias adéquat (un port Express Card
pour tirer pleinement profit des cartes SxS par exemple).
L’ampleur de l’équipement
nécessaire dépendra de la solution retenue.
Le disque dur de tournage DV
ou HDV peut constituer un ticket d’entrée dans l’univers des solutions de
tournage sans bande pour compléter son caméscope DV ou HDV actuel et sa station
de montage avec laquelle il se montrera compatible en tant que disque externe
firewire.
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|
JVC GY-HD250 avec son disque dur optionnel DR-HD100 de 60 ou 100Go |
Les autres solutions (Pro
Disc, SxS, P2, Rev Pro) nécessiteront d’acheter un caméscope de la gamme du
constructeur et peut-être aussi d’un lecteur/enregistreur pour le montage si on
ne veut pas utiliser le caméscope à cet effet.
 |
|
Matériels de la gamme XDCAM Professional Disc de Sony |
Le flux de travail envisagé
(combien de films par an, combien d’intervenants, serveurs vidéo ou pas) va
évidemment influer fortement sur la solution retenue. (par exemple sur le
besoin de telle ou telle connectique comme l’Ethernet gigabit pour le transfert
des médias).
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Caméscope(s) utilisant ce type de
média
|
Lecture-enregistrement pour la
post-prod
|
Connectiques pour lecture et
transferts
|
|
Pro Disc*
Simple couche
|
Gamme Sony
XDCAM ProDisc, certains uniquement SD, d’autres SD + HD. Ex. PDW-F330,
PDW-F350,
|
caméscope
en firewire
lecteur/enregistreur
ProDisc
|
Firewire,
USB, Ethernet (Selon
modèles)
|
|
Pro Disc*
Double couche
|
Gamme
XDCAM ProDisc double couche, comme le PDW-700
|
Caméscope
en Firewire,
lecteur/enregistreur
Pro Disc double couche
|
Firewire,
USB, Ethernet (Selon
modèles)
|
|
Disque dur
de tournage
|
- en option
de certains caméscopes (ex JVC. DR-HD100 pour GY-HD100/200/250 ; Sony
HVR-DR60 pour plupart des caméscopes DV et HDV Sony), fabricant spécialisé : Focus
Enhancement
|
Le disque
dur se raccorde directement en Firewire à un PC ou Mac
|
Firewire
|
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Cartes P2
|
Gamme P2
de Panasonic, modèle de poing HVX200 ou d’épaule AG-HPX500
|
Port
PCMCIA d’un ordinateur
Lecteur de
cartes, USB
|
PCMCIA
USB,
Ethernet
|
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Cartes SxS
|
A ce jour,
uniquement modèle de poing Sony PMW-EX1
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Caméscope
en Firewire
Port
Express Card d’un ordinateur
Lecteur
USB de cartes SxS
|
Express
Card
USB
|
|
Rev Pro
|
Uniquement
modèle d’épaule Infinity (non sorti à ce jour, annoncé pour l’automne après
plusieurs reports)
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Caméscope
Lecteur
externe USB de REV PRO
Lecteur
interne SATA ou IDE
|
USB, SATA, IDE, Ethernet
|
*Le Professional
Disc (Pro Disc) est le nom utilisé par Sony pour désigner la déclinaison de
disque Blu-Ray utilisé dans ses matériels XDCAM
Quels formats de
fichiers, codecs, résolutions,
échantillonnage couleur, débits
possibles… ?
En choisissant une solution
sans bande on choisit en même temps le format des fichiers et les codecs, c’est
donc tout la chaîne de production qui est en jeu car dès le tournage, on écrit
un certain type de données numériques sur le support informatique choisi (carte
mémoire, disque optique, disque dur).
 |
| le PMW-EX1 à cartes SxS, enregistre en MPEG2-HD |
Les codecs sont standard ou propriétaires (ex :
DVCAM vs DV). Les formats de fichiers ont des possibilités plus ou moins
évoluées (ex : MXF vs AVI)
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formats
vidéo enregistrés (extrait)
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Résolutions
|
Débits
|
Echantillonn.couleur
|
Format de
fichier (encapsulage)
|
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ProDisc
Simple couche
|
DVCAM
|
720x576
|
25Mb/s
|
4:2:0
|
MXF
|
|
Mpeg-2 HD
|
1440x1080
|
18/25 Mb/s CBR,
35 Mb/s VBR
|
4:2:0
|
|
ProDisc
Double couche
|
DVCAM
|
720x576
|
25Mb/s
|
4:2:0
|
MXF
|
|
Mpeg-2 HD
|
1440x1080
|
18/25 Mb/s CBR,
ou 35 Mb/s VBR
|
4:2:0
|
|
Mpeg-2 HD
|
1920x1080
|
50 Mb/s
|
4:2:2
|
|
Mpeg-2 HD
|
1280x720
|
50 Mb/s
|
4:2:2
|
|
Rev Pro
|
DV (codec standard)
|
720x576
|
25 Mb/s
|
4:2:0
|
MXF OP1
|
|
Mpeg-2 HD
|
1440x1080
1920x1080
1280x720p
|
60 Mb/s
80 Mb/s
60/80Mb/s
|
4:2:0
|
|
JPEG 2000
SD
|
720x576
|
30/40/50 Mb/s
|
4:2:2
|
|
JPEG 2000
HD
|
1920x1080
1280x720p
|
50/75/100 Mb/s
50/75/100 Mb/s
|
4:2:2
|
|
Disque
dur de tournage*
|
DV
(codecs au choix)
|
720x576
|
25 Mb/s
|
4:2:0
|
Avi,
RawDV,omf etc.
|
|
HDV (m2t)
|
1440x1080
|
25 Mb/s
|
4:2:0
|
m2t
|
|
DVCPROHD
|
1440x1080
|
100 Mb/s
|
4:2:2
|
MXF
|
|
Cartes P2
|
DVCPRO 25
|
720x576
|
25 Mb/s
|
4:1:1
|
MXF
|
|
DVCPRO 50
|
720x576
|
50 Mb/s
|
4:2:2
|
|
DVCPROHD
|
1440x1080
1280x720
|
100 Mb/s
|
4:2:2
|
|
Cartes
SxS
|
Mpeg-2 HD
|
1920x1080
1280x720
|
35 Mb/s
|
4:2:0
|
Mp4
(conversion en MXF via logiciel Sony PC ou Mac)
|
|
Mpeg-2 HD
|
1440x1080
|
18/25 Mb/s CBR,
35 Mb/s VBR
|
4:2:0
|
*Les
disques durs de tournage sont presque exclusivement DV (codecs au choix) ou
HDV. Un modèle fait exception, le Focus FS-100 proposant du DVCPROHD.
 |
|
La gamme RevPro que nous promet GrassValley,
avec l’Infinity enregistrant du 1920x1080 en 4:2:2 jusqu’à 100Mb/s
|
Les solutions autres que les
disques durs de tournage DV et HDV permettent d’exploiter des formats aux
débits, résolutions et échantillonnage au moins équivalents et souvent plus
élevés (de 35 à 100 Mb/s, en 1920x1080 en 4:2:2 10 bit par exemple).
Les disques durs de tournage
offrent en DV un large choix de format de fichiers et de codecs, qui les
rendront ensuite facilement compatibles avec sa solution de montage. En HDV on
retrouve l’encapsulage en m2t pour le montage « HDV natif ». Le disque dur HVR-DR60
de Sony par exemple permet en tournage DV de choisir entre des fichiers avi ou
dv Raw (des fichiers .dv reconnus par les applications QuickTime comme Final
Cut Pro), alors qu’en HDV il s’agira de fichier Mpeg. Des disques durs vont
plus loin dans les options offertes, comme ceux de Focus Enhancement qui en
tournage DV permettent de choisir le codec, Matrox ou Canopus par exemple.
Sur les Pro Disc, Rev Pro ou
P2, le format de fichier sera obligatoirement le MXF. Au sein de ce container
seront encapsulés la vidéo (avec un codec donné), l’audio et surtout des
métadonnées avancées.
Enfin, il faut parfois une certaine
gymnastique d’esprit sur ces critères, comme avec le PMW-EX1 qui encapsule son
Mpeg-2 HD dans un fichier .mp4 (habituellement réservé aux vidéos au codec
Mpeg-4 comme le H264 par exemple) !
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|
Camesope d'épaule P2 de Panasonic AG-HPX500 |
| En résumé |
|
Retenir une solution
sans bande plutôt qu’une autre c’est donc déjà choisir pour ses productions
un/des format(s) vidéo (des codecs) encapsulés dans un format de fichier donné…
Revenons à la
bande. Ce n’est qu’une fois au montage, lors de la capture
avec son logiciel favori, que l’on créé des fichiers des plans tournés. Selon
son logiciel de montage le format de fichier (son encapsulage) sera donc en
avi, Quicktime, omf etc. Le codec utilisé dépendra aussi de sa station de
montage, par exemple une bande DV pouvant être capturée avec un codec DV
Microsoft, Matrox, Canopus, Avid…
Selon les solutions sans bandes les choses peuvent rester
très proches, comme avec un disque dur de tournage DV ou HDV qui génère un
fichier identique à ce que l’aurait fait lors de sa capture de cassette DV
(grâce aux options du disque). Elles peuvent aussi être très différentes, comme
par exemple avec un ProDisc qui utilise du mxf, des codecs MPEG 2 au débit fixé
dès le tournage, un logiciel spécifique (ou plug-in de son logiciel de montage)
nécessaire pour la lecture et le transfert des fichiers sur sa station de
montage ou le retour sur disque de notre montage final…
|
Les métadonnées : basiques ou avancées ?
Les fichiers vidéo des
disques durs de tournage DV et HDV reprennent les metadonnées habituellement
inscrites sur les bandes : timecode, heure de tournage, durée du plan etc.
 |
|
Canon XLH1 avec un disque Focus FS-4Pro |
Les autres solutions
exploitent des métadonnées plus évoluées, comme un titre pour les vidéos, des
commentaires, des marques pour identifier les bonnes prises. Utiles en fiction ou
en magazine les métadonnées peuvent se montrer peut-être moins indispensables
en news ou événementiel.
|
|
ProDisc
|
Rev Pro
|
P2
|
SxS
|
Disque
dur tournage
|
|
Metadonnées
avancées (commentaires, good shot etc.)
|
Oui
|
Oui
|
Oui
|
Oui
|
Non
|
Placer des métadonnées, les consulter,
les archiver, compléter celles des disques durs…
En magazine ou en fiction ces informations liées à chaque
vidéo peuvent être précieuses pour donner un nom à ses vidéos, leur adjoindre
des commentaires, des informations sur les prises, des réglages précis du
caméscope, la position géographique inscrite par un GPS, marquer un bon plan
(« good shot »)…
Il est possible de rajouter ces métadonnées pendant le
tournage ou pendant une phase de visionnage avec le caméscope ou un ordinateur,
avec des fonctionnalités propres à chaque fabricant. Sur les caméscopes un menu
permet de rentrer des informations après le tournage, comme une marque
« good shot » par exemple. Pour cela on parcourt la liste des plans
et on choisit ce marquage dans le menu du plan. Voici un exemple ici sur le
PMW-EX1 de Sony :
Pour un contexte de fiction par exemple, une scripte peut
avec certains caméscopes XDCAM Pro Disc recevoir en wifi sur un ordinateur
portable des versions basse définition (proxys) des vidéos au fur et à mesure
du tournage, compléter de métadonnées comme le nom du plan, les numéros de
prises, l’identification d’un bonne prise, puis transmettre ces informations
vers la caméra où elles seront inscrites sur le disque au sein des métadonnées de
chaque vidéo concernée. Dans un contexte de magazine, revisionner chaque jour
les plans tournés et les documenter peut également s’avérer précieux. Pour son
caméscope REV Pro, Grass Valley nous promet de pouvoir déporter en wifi des
informations sur un PDA. L’ingénieur du son pourra y voir les niveaux audio, et
une scripte pourrait compléter les métadonnées de certaines vidéos.
Si on utilise un disque dur
de tournage, il n’est cependant pas impossible de compléter les métadonnées des
vidéos tournées après leur transfert sur sa station de montage ou un serveur.
En effet, différents logiciels permettent de lire et rajouter des métadonnées à
des fichiers vidéo. On peut réaliser cela avec un logiciel de bibliothèque
d’images fixes et vidéo comme ACD See ou Adobe Bridge ou opter pour des
applicatifs serveurs comme par exemple Avid MediaManager ou Interplay, Final
Cut Server etc.
Consommable ou support « à vider », quelle
capacité d’enregistrement, quelle autonomie ?
Selon
les formats, les débits et résolutions choisis, la capacité d’enregistrement et
l’autonomie peuvent devenir un vrai sujet.
Par
ailleurs si commencer le montage pendant le tournage est aisé avec une solution
à base de consommables, c’est plus compliqué avec des médias à vider. Cela dit,
en fonction des prix des médias, une solution « à vider » peut aussi devenir
un « consommable » !
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|
ProDisc
|
Rev Pro
|
P2
|
SxS
|
Disque
dur tournage
|
|
Média de
type consommable ?
|
Oui
|
oui
|
non
|
non
|
non
|
|
Capacité
et prix HT du média
|
23Go (~23€)
50Go ( ~50€ )
|
35Go (585€
les 10)
|
8Go (s’arrête)
16Go (725€)
32Go (1200€, décembre)
|
8Go (400€)
16Go (700€)
|
40,60,80,100
Ex. JVC DR-HD100 60 ou 100Go (1495€;
1895€)
Sony
HVR-DR60 60Go (1 820€)
|
|
Capacité
en DV, environ
|
23Go =1h25
50Go=3h
|
35Go=2h
|
16Go 64mn
|
Pas de DV
|
60Go=4h50
100Go=7h50
|
|
Exemple
de Capacité en HD
|
23Go = +1h à 35Mb/s
50Go= +2h à 35Mb/s
|
1h en JPEG
2000 à 50Mb/s
45mn à 75
Mb/s
|
16Go=16mn de DVCPROHD 1080i, 720 25p over50i ou
720 50p
32 mn de 720
25pn
|
16Go=50mn de Mpeg-2 1920x1080 35Mb/s
|
HDV 720p 60Go=6h 100Go=10h
HDV 1080i 60Go=4h50
|
Un Pro Disc ou un Rev Pro se
change comme une bande, offrant ainsi une capacité d’enregistrement illimitée
au tournage tant que l’on dispose de médias supplémentaires, et une flexibilité
pour remettre un Pro Disc au Rev Pro au monteur tout en poursuivant son
tournage.
Les disques durs ou cartes
mémoires nécessiteront d’être déchargés une fois pleins, sur sa station de
montage ou sur un disque dur portable dédié (comme le Panasonic P2 Store). Il faudra donc exploiter plusieurs
exemplaires pour disposer de l’autonomie suffisante, surtout en tournage HD, ou
encore pour permettre au monteur de commencer à monter alors que le tournage se
poursuit.
 |
|
Le caméscope Panasonic HVX200 exploitant des cartes P2,
et le boitier PS Store permettant d’y décharger les cartes mémoire sur un disque dur intégré
|
Avec ces supports, se posera aussi en bout de chaîne la
question de l’archivage et du choix du support final sur lequel préserver
ses fichiers : un disque dur informatique, un disque optique, des DVD de
données, un report des vidéos sur une bande ? Si on a tourné en DV ou HDV
avec un disque dur de tournage on a pu aussi doubler l’enregistrement sur une
cassette DV ou HDV qui peut constituer le support d’archivage final…
Si on suit plusieurs jours des légionnaires en forêt avec
ses seules batteries pour alimentation, on pourra préférer un support
consommable ou sinon s’organiser pour décharger sa carte ou disque de tournage
en s’appuyant sur un ordinateur portable dont la batterie alimentera aussi en
USB les disques 2,5
pouces accueillant les vidéos. Des matériels portables
intégrant un disque dur sont aussi dédiés à ce genre de tâche, comme le P2
Store pour décharger les cartes P2.
La capacité fixe du disque face aux cartes mémoires
Les disques durs de tournage offrent le plus souvent des
autonomies de 40 à 100 Go. Par exemple 60 Go offre 4h et demi de DV ou HDV. Si
le disque dur de tournage est acheté avec une capacité donnée qui ne pourra
évoluer, les cartes mémoires en revanche pourront être achetées au fil du temps
pour compléter son équipement et gagner en quantité de vidéo enregistrable. La
mémoire voyant son prix baisser au fil du temps, ce peut être un critère lors
de son choix d’investissement.
Les offres des cartes mémoires peuvent peiner à offrir si
ce n’est que l’équivalent de la capacité
d’un ProDisc ou d’un Rev Pro. Un critère à considérer pour les tournages haute
définition. Les cartes SxS par exemple se déclinent en 8 et 16Go. Il faudra
deux cartes de 16Go pour stocker 1h de HD 1920x1080 du camescope PMW-EX1.
Outre l’autonomie dont on disposera en quantité vidéo
enregistrable, se pose aussi celle en énergie. A ce titre, notons que du fait
de l’absence de mécanique les caméscopes à carte mémoire sont moins gourmand en
consommation.
La réflexion sur l’autonomie
se poursuivra aussi utilement sous l’angle de la consommation électrique (les
cartes mémoires sont globalement moins gourmandes en énergie que les autres
solutions).
| Tourner
et monter simultanément ? |
|
Certains contextes imposent de livrer des images au monteur
pour qu’il débute son travail alors que se poursuit le tournage en
parallèle : par exemple sur des séminaires couverts sur la journée avec
diffusion de reportages de bilan le jour même, ou encore sur les situations
reprenant le principe des « news » de terrain avec diffusion dans la
foulée du tournage.
Avec des ProDisc ou Rev Pro il suffit de livrer au monteur
le media en cours et de poursuivre sur un autre, alors que pour le disque dur
de tournage ou la carte mémoire les choses sont moins évidentes. Il faudra dans
ce dernier cas disposer de plusieurs disques ou cartes, et voir si le monteur
déchargera le support sur le disque dur de sa station de montage ou désirera monter
directement depuis la carte ou le disque, ce qui mobilisera le média.
|
Visionnage immédiat, avec quelle ergonomie ?
Au cours du tournage, le
visionnage de n’importe quel plan, même tourné plusieurs heures auparavant, est
sans doute l’avantage le plus visible de ces solutions comparées à une bande
qu’il faudrait rembobiner (ou même changer) puis recaler ensuite pour la suite
du tournage. On exclut aussi le risque de rupture de timecode ou d’effacement
du plan à la reprise du tournage. L’intérêt pour la fiction ou des interviews
sont évidents.
 |
|
Vignettes des vidéos tournées avec le camescope PMW-EX1 |
Les disques durs de tournage
DV HDV se contentent d’offrir une liste des plans alors que les autres
solutions proposent des galeries ergonomiques avec une vignette par plan
tourné. (Détails et
exemples dans le dossier complet en ligne).
Pro Disc, cartes SxS, P2 et le Rev Pro offrent dans l’écran
LCD du caméscope une liste de ses plans avec une vignette par vidéo. Un confort
incomparable à celui de la bande.
 |
|
Vignettes des vidéos des cartes P2 du cmaescope panasonic AJ-HPX3000 |
Les disques durs de tournage eux se limitent souvent à une
navigation par numéro de vidéo, sans vignettes, puis à la lecture du plan
choisi, ce qui reste malgré tout bien appréciable comparé à une bande !
On retrouvera ce confort de visionnage immédiat sur un
ordinateur. XDCAM et P2 s’appuient à cet effet sur des logiciels de visionnage
et de pré-montage développés par leurs constructeurs respectifs (le PDZ1 de
Sony et le P2 Contents Management Software pour Panasonic). Alors que les
fichiers d’un disque dur de tournage se parcourent dans son explorateur Windows
ou Finder Macintosh, et se lisent comme tout fichier vidéo habituel avec un
lecteur multimédia.
|
|
ProDisc
|
Rev Pro
|
P2
|
SxS
|
Disque
dur tournage
|
|
Revisionnage
sur LCD du camescope
|
oui
|
oui
|
oui
|
oui
|
oui
|
|
Représentation
des plans en vignette
|
oui
|
oui
|
oui
|
oui
|
non
|
La notion de risque
Opter pour un support
informatique en lieu et place d’une bande introduit une notion de risque
spécifique. Dans ce domaine, les solutions à carte mémoire, seul support à
n’exploiter aucune mécanique, semblent très bien placées. A condition en
revanche que l’ergonomie de la caméra permette d’éviter des erreurs
d’effacement ou formatage non volontaire qui constitue un nouveau type de
risque! Au-delà du caméscope, il faudra aussi s’assurer que les logiciels de
déchargement des cartes proposent les outils nécessaires afin que tout souci
d’intégrité des fichiers lors de la copie soit signalé. Il serait dommage que
la carte mémoire reparte pour le tournage alors que les vidéos du tournage précédent
sont en réalité inexploitables en montage suite à un problème survenu pendant
la copie.
Les chocs, effacements
accidentels de plans sont également de nouveaux risques comparés à la bande, il
faudra donc vérifier les garanties des constructeurs en termes d’ergonomie et
de sécurisation à ce propos.
Compatibilité avec les solutions de montage : format de fichiers, codecs, reconnaissance des
matériels ?
Comme nous l’évoquions au début de ce dossier, hormis les
disques dur de tournage permettant de générer des fichiers .avi, .dv ou .mpeg,
les autres solutions exploitent le format de fichiers mxf. Il faudra donc que
son logiciel de montage gère le format de fichier mxf d’une part, mais surtout
la déclinaison propre à chaque constructeur : le mxf Panasonic pour des
P2, le mxf des ProDisc, le mxf de GrassValley sur Rev Pro. Cela peut nécessiter
des plug-ins additionnels.
Prenons quelques exemples. Final Cut Pro propose depuis 2004
la prise en charge des mxf Panasonic (mais avec un re-warpping ou
ré-encapsulage lors du transfert des médias) et des codecs DVCPRO et
DVCPRO HD, mais
seulement depuis quelques mois les mxf des
XDCAM ProDisc, et avec certaines conditions (pas de montage direct
depuis les cartes P2 par exemple, transfert obligatoire). Cela donne le
ton du nombre de variable que l'on cotoie autour de ces questions.
Edius gère les mxf Panasonic ou Sony dans sa version Edius
Broadcast… Jusqu’à peu Premiere Pro ne gérait pas de façon native le
format de
fichier mxf, nécessitant des plug-in ou une carte Matrox à cet effet.
L’IBC a
été l’occasion d’une annonce d’une mise à jour gratuite rajoutant la
prise en
charge du mxf et codecs Panasonic, mais pas de ceux du XDCAM ProDisc
pour le
moment…
|
|
ProDisc :
MXF / DVCAM, Mpeg-2 SD, Mpeg-2 HD
|
P2 :
MXF / DVCPRO 25, 50, HD
|
Disque
dur de tournage DV, HDV*
|
SxS
Mpeg-2 HD
(Annonces
des éditeurs)
|
Rev Pro
(prévisions Grass Valley)
DV, Mpeg-2,
JPEG2000
|
|
Adobe
Premiere Pro
|
Plug-in MPEG Pro de Mainconcept pour Mpeg-2 HD
seulement. Plug-in VT XDCAM Browser
de VidéoTechnics pour SD (conversion MXF en AVI).
Cartes
Matrox Axio.
|
Intégré au logiciel depuis mise à jour gratuite 3.1.0 pour Premiere Pro CS3 (sortie le 20/10/07).
|
Intégré au logiciel,
en avi ou Quicktime pour le DV, m2t pour le HDV
|
Plug-in Mainconcept MPEG PRO
|
Non cité
par Grass Valley
|
|
Apple
Final Cut Pro
|
Intégré au logiciel,
pour SD et HD, pas montage des Proxy. Re-encapsulage mxf vers mov.
|
Intégré au logiciel. Pas de montage possible depuis la carte, transfert
des médias obligatoire, avec re-encapsulage mxf vers mov.
|
Intégré au logiciel Quicktime pour DV, m2t pour HDV
|
Plug-in
gratuit Sony/Apple PDZK-P1 XDCAM
Transfert
|
Plug-in Flip for Mac de
Telestream (Re-encapsulage)
|
|
Avid Xpress Pro
Avid Media Composer
|
Intégré au logiciel,
SD et HD
|
Intégré au logiciel
|
Intégré au logiciel,
en OMF pour DV, m2t pour HDV
|
Annoncé
|
Plug-in
Toboggan
de MOG Solutions. (Re-encapsulage)
|
|
Avid
Liquid
|
Intégré au logiciel,
SD et HD (report sur
disque à vérifier)
|
Intégré au logiciel
|
Intégré au logiciel
|
Pas
d’annonce à ce jour
|
Non cité
par Grass Valley
|
|
Grass
Valley Edius
|
| |