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Zeiss Horizon x2 : des moteurs de point et d'iris intégrés dans l'optique, pour cette nouvelle série

Avec sa nouvelle série Horizon Full Frame, ZEISS ne présente pas simplement une nouvelle série d’optiques anamorphiques.

Publié par Lucas.janiszewski le 4 Juin 2026, à 12:59 dans News
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  1. Lucas.janiszewski
    Avec sa nouvelle série Horizon Full Frame, ZEISS ne présente pas simplement une nouvelle série d’optiques anamorphiques. Le constructeur allemand propose ici une véritable plateforme technologique pensée pour redéfinir la relation entre l’optique, les systèmes de contrôle et les métadonnées.

    ZEISS-Horizon-Anamorphic_40mm_02.jpeg

    Et si certaines annonces relèvent encore de la promesse technologique, difficile de nier que cette série Horizon constitue une innovation marquante.

    Une série anamorphique X2 pensée pour le Full Frame



    Les ZEISS Horizon sont des optiques anamorphiques X2 couvrant le plein format 24x36.

    Concrètement, le facteur de squeeze 2x signifie que l’image est compressée horizontalement par deux lors de la captation. Une fois désanamorphosée en postproduction ou via monitoring, l’image retrouve son ratio ultra-large caractéristique du cinéma anamorphique.

    Sur un capteur Full Frame 24x36, cela permet d’obtenir des ratios extrêmement larges tout en exploitant toute la surface du capteur.

    Capture d’écran 2026-06-03 à 22.30.38.png
    Du 2.39:1 : le 24x36 converti en x2. Cette image n'a pas été tournée avec les Horizon.

    ZEISS propose ici une série allant du 35mm au 200mm via sept focales :

    • 35mm

    • 40mm

    • 50mm

    • 75mm

    • 100mm

    • 150mm

    • 200mm
    Toute la série ouvre à T2.3, à l’exception du 200mm qui ferme à T2.9.

    Les optiques conservent également une frontale commune de 114mm, un détail essentiel pour les changements rapides de configuration sur plateau.

    Monture LPL et intégration native dans les workflows modernes



    Les Horizon utilisent une monture LPL, désormais majoritaire sur du Full Frame cinéma.

    Chaque optique intègre directement ses propres moteurs de point et d’iris dans le fût. Une première industrielle à cette échelle. Plus besoin de moteurs externes, de brackets, de tiges supplémentaires ou de recalibrage mécanique systématique : l’optique devient elle-même un système motorisé natif.

    Horizon-Anamorphic_Touch_Main-Display.jpeg

    La compatibilité est assurée avec les écosystèmes ARRI LCS et Preston, via les protocoles LBUS ou Serial. En pratique, la connexion s’effectue exactement comme si l’on branchait un moteur classique dans une chaîne de contrôle traditionnelle.

    Horizon-Anamorphic_Focus-Iris-Display.jpeg

    On peut donc utiliser :

    • des commandes ARRI récentes,

    • des systèmes Preston,

    • des contrôleurs type OCU-1,

    • des pan-bars,

    • ou encore des systèmes comme le RIA-1 afin d’étendre la portée RF.
    Horizon-Anamorphic_HU-4.jpeg

    L’alimentation passe directement par les connexions LBUS ou Serial
    , là encore comme un moteur traditionnel.

    Une optique pensée comme une plateforme de référence



    Plutôt que de proposer une série au caractère optique extrêmement marqué, ZEISS décrit les Horizon comme une “reference platform”. Autrement dit : une base volontairement neutre.

    immersive_visuals.jpg

    L’idée est simple : offrir une image suffisamment propre et contrôlée pour accepter ensuite des choix esthétiques beaucoup plus radicaux via filtration ou diffusion.

    Mais ZEISS pousse encore plus loin le concept grâce à un système de bloc optique arrière interchangeable. L’utilisateur peut modifier le caractère de l’optique simplement en retirant huit vis afin de remplacer l’élément arrière. Et surtout, ce changement ne nécessite ni re-rigging, ni remapping.

    Les encodeurs calibrés en usine stockent directement toutes les échelles de point dans l’optique elle-même. L’objectif devient ainsi la source unique des métadonnées.

    ZEISS annonce que :

    • la précision des échelles est conservée,

    • les calibrations restent intactes,

    • et les moteurs n’ont pas besoin d’être recalibrés après modification du rendu optique.
    Le constructeur évoque déjà de futures extensions :

    • compatibilités élargies,

    • métadonnées enrichies,

    • et même une possible intégration autofocus à terme.

    Des poids contenus malgré l’électronique embarquée



    Malgré l’intégration complète des moteurs, les Horizon restent relativement compactes pour leur catégorie.

    Master-Anamorphic_Horizon-Anamorphic_Supreme-Prime.jpeg
    Le gabarit des Horizon comparé aux Zeiss Supreme Prime et Master Anamorphic

    Selon les focales, le poids varie entre 2,42 kg et 3,25 kg. Des chiffres tout à fait contrôlés compte tenu de l’intégration électronique complète dans le corps de l’optique.

    Disponibilité



    Les 40mm, 50mm et 75mm sont annoncés pour septembre 2026 via les revendeurs cinéma agréés ZEISS.

    Les 35mm, 100mm, 150mm et 200mm suivront entre fin 2026 et 2027.

    Aucun tarif n’a encore été communiqué.

    Une innovation majeure… mais qui pose aussi plusieurs questions



    Difficile de ne pas être stimulé techniquement par cette annonce.

    ZEISS ouvre ici une voie totalement nouvelle dans l’industrie. Et il est probable que cette logique d’intégration électronique fasse école dans les années à venir.

    Mais plusieurs obstacles apparaissent déjà.

    D’abord, il faudra installer une nouvelle habitude chez les assistants opérateurs après plus de vingt ans d’utilisation de moteurs externes traditionnels.

    Ensuite, les Horizon ne disposent d’aucune bague mécanique mais deux pistes tactiles verticales.
    Cela signifie que l’utilisation passe nécessairement par des contrôleurs externes pour faire le point comme à l'habitude :

    • HI-5,

    • Preston HU,

    • OCU-1,

    • pan-bars,

    • ou systèmes similaires.
    Le rapport physique à l’optique change donc complètement.

    Enfin, la complexité mécanique et électronique de l’ensemble soulève inévitablement la question de l’entretien, du coût des réparations et de la durabilité à long terme sur des plateaux exigeants.

    Une tendance lourde vers l’électronisation du point



    Au-delà du cas Horizon, cette sortie confirme surtout une tendance de fond : l’électronisation progressive du focus cinéma.

    Ces dernières années, plusieurs signaux allaient déjà dans cette direction :

    • les optiques manuelles automatisées via LIDAR avec des systèmes comme le Ronin 4D ;

    • les systèmes autofocus adaptés à des optiques cinéma manuelles ;

    • ou encore des solutions hybrides comme le Tilta PDAF.
    Avec Horizon, ZEISS semble pousser cette logique jusqu’au bout :
    l’optique ne devient plus simplement un outil optique… mais un périphérique intelligent entièrement intégré dans un écosystème plus large.

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