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Test Sony NEX-FS700

Nous avons mis à l'épreuve la FS-700, nouvelle caméra grand capteur de Sony, avec un tournage test dédié.

Publié par Forest Finbow le 22 Octobre 2012 dans Tests
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  1. Forest Finbow

    Nous avons mis à l'épreuve la FS-700, nouvelle caméra grand capteur de Sony, avec un tournage test dédié. Compte-rendu sur l'ergonomie de travail avec cette caméra vendue actuellement autour de 8 000€ TTC...

    test-sony-nex-fs700-tournage-de-test

     

    L'ergonomie

     

    forest_mehdi.jpg

    La première sensation qu’on a en la prenant  est exactement la même que la FS-100, un drôle de petit cube pleins de boutons qu’on ne sait pas exactement comment prendre.

    Il faut se rendre à l’évidence, les nouvelles caméras 35mm numériques sont très rarement conçues comme les caméras traditionnelles, à savoir un caméscope d’épaule autosufisant ergonomiquement. L’ergonomie de la caméra est désormais plus volontiers laissée aux accessoires ou à défaut aux manufacturiers tierces partie. Ceci étant, je trouve néanmoins que de toutes ces caméras, la série des NXCAM FS fait partie des moins agréables à prendre en main nue. La série des Canon EOS C ou la PMW-F3 chez Sony sont à mon sens mieux pensées en termes d’ergonomie.


    fs700_poignee-2.jpg Ceci étant dit, quelques modifications ont été apportées depuis la conception de la FS-100 qui apportent une plus value : une poignée supérieure pour la prise en main et surtout la présence de filtres ND intégrés.. Ce point peut vous paraître anecdotique mais dans le monde des caméras 35 mm film aucune caméra n’était équipée de filtres ND. De fait, la plupart des caméras 35mm numériques haut de gamme ont été conçues sans filtres ND. C’est le cas de toutes les Red, de la plupart des Arri, de la totalité des DSLR et même de la précédente Sony FS-100.  Disposer de filtres ND intégrés permet carrément de se passer d’un porte filtres s’il n’y en avait pas d’autre utilité.




    La présence d’une rosette Arri sur le côté suppose une compatibilité avec un grand nombre d’accessoires pour le cinéma (poignées bleues etc.) La fs700_dentee-2.jpgrosette n’est malheureusement pas exactement une rosette Arri et pour une compatiblité parfaite il faudra passer par un adaptateur tierce partie.

    Element Technica manufacture par exemple dès à présent un kit complet pour la FS700 : le Micron que j’ai eu la chance de pouvoir essayer à Amsterdam et qui confère à la caméra une excellente ergonomie tout en restant compact ce qui est assez rare dans ces kits.
    D’autres constructeurs ont sûrement aussi développé des accessoires compatibles, vu l’ergonomie de base je vous encourage vivement à explorer la piste de ces accessoiristes.


    Capteur :

    capteur_fs700-2.jpgLe capteur est un capteur Super 35 4K Sony de nouvelle génération. Comme son nom l’indique, sa taille est peu ou prou équivalente à la fenêtre d’une caméra film Super 35mm en 1.85 (matted). Le champ de vision de la caméra et la profondeur de champ sont donc identiques à celles d’une caméra film ce qui fait qu’on parle désormais volontiers de caméras 35mm numériques.

    Le Rapport signal bruit du capteur est de 60 db, ce qui lui confère une excellente sensibilité (juste en dessous de celle de la F3) et un niveau de bruit très faible.

    C’est un capteur 4K Bayer comportant 4352 x 2662 photosites, soit 11.6 Millions.
     Lisez plus bas à propos de l’option 4K pour plus d’informations sur les possibilités qu'offre ce capteur..

    Optiques :


    fs700_followfocus-2.jpg La FS-700 est une caméra à objectif interchangeable. La monture pour les objectifs est la monture E, monture restreinte nativement aux objectifs Sony de la gamme NEX. On en trouve quelques uns chez Sony, Zeiss propose aussi cette monture sur sa ligne d’objectifs CP2 et Compact Zooms, mais dans l’ensemble l’offre n’est pas encore extraordinaire. Ce qui est bien tout de même c’est que en dehors des Zeiss ces objectifs proposent tous l’autofocus et un contrôle électronique de l’iris par la caméra, ouvrant le monde du 35mm aux automatismes très présents dans le monde de la vidéo.

    La présence d’une poignée comportant une commande de zoom dans le kit de la FS-700 annonce même l’arrivée de futurs objectifs motorisés pour un fonctionnement complètement analogue à celui d’une caméra de poing traditionnelle.

    Là où ça devient très intéressant c’est que cette monture, à l’instar de la monture µ4/3, est une monture conçue avec un tirage optique très court ce qui laisse tout simplement de la place entre le capteur et l’objectif par rapport aux autres objectifs présents dans l’industrie.

    Sony fabrique ainsi un adaptateur pour ses objectifs photo alpha, qui gère également l’autofocus, le contrôle électronique de l’iris et même la stabilisation.

    fs700_bague_adaptation-2.jpgPour les autres marques d’objectifs plusieurs constructeurs tierce partie proposent des adaptateurs. On peut ainsi adapter des optiques Arri PL, Canon EF ou FD, Nikon ou même Leica ce qui est un vrai avantage créatif même s’il est subordonné au fait qu’il faut disposer du bon adaptateur.

    Pour les besoins du test, Sony nous avait fourni initialement un seul objectif : le 18-200mm F3.5-6.3, celui du kit. Comment dire, sans être grossier... Si on va tourner en 35mm, franchement je ne vois pas bien l’intérêt de le faire si c’est pour se trouver bloqué à F/6.3 ! Mais voila, tout l’intérêt des objectifs interchangeables c’est justement cela. S’il y a besoin d’une optique particulière, il suffit de la trouver et de l’adapter et c’est ce que nous avons fait.

    Nous disposions d’une valise d’optiques Canon EF que nous avons adapté grâce à la bague metabones, capable de supporter le contrôle de l’iris et la stabilisation (mais pas encore l’autofocus). Sony nous a fourni de son côté l’adaptateur Sony Alpha et une optique 24mm à large ouverture que nous avons donc pu tester avec beaucoup de succès.

     

    Codecs/supports :

    Cartes SD/MM et/ou SSD propriétaire sony : FMU (Flash Memory Unit)


    On peut noter la possibilité d’un enregistrement simultané carte/ssd ce qui peut être bon pour augmenter la sécurité du tournage avec un backup constitué dès la prise de vue, d’autant que le ssd peut tenir plus de 7h de vidéo full HD

    Que ce soit sur la carte ou sur le SSD, la meilleure qualité d’enregistrement disponible reste l’AVCHD, soit du H.264 Long GOP en 4:2:0. Aucun codec 4:2:2, Intra ou RAW n’est disponible sur les supports intégrés.

    Le débit maximum de l’AVCHD est de 24Mb/s en 24/25/30p et 28mbps en 50/60p et ralentis

    On pourrait s’attendre à une dégradation de qualité aux vitesses élevées (50/60p) puisque le rapport entre le débit et le nombre d’images par seconde est plus faible mais il faut aussi tenir compte du contenu qui est envoyé au compresseur. Un plus grand nombre d’image par secondes est statistiquement plus enclins à produire des images plus fluides, comportant une plus importante redondance ce qui maximise l’efficacité des algorithmes Long GOP.

    En ce qui concerne ce choix de l’AVCHD (aussi appelé H.264), rendons à César ce qui est à César, le H.264 est quand même très capable. Présent sur de nombreuses caméras parmi lesquelles figurent bien des professionnelles, l’image obtenue est une vraie image HD, l’expérience en production nous prouve que pour la plupart des travaux HDTV l’image compressée est presque indiscernable de l’image non compressée.

    Là où ça coince c’est pour l’étalonnage poussé. En effet, lorsque l’image est transmise telle qu’elle, la compression est visuellement fidèle à l’original, tout le monde s’accorde à le dire, mais lorsqu’on commence à trop tirer dessus en étalonnage, des défauts peuvent apparaître. Nommément le “banding” soit l’apparition d’aplats de couleurs lorsqu’on modifie trop le contraste et des artefacts de compression qui deviennent visible lorsqu’on modifie les couleurs. Il faut tirer assez fort dessus pour vraiment être gêné, mais dans certains cas ces défauts peuvent s’avérer rédhibitoires. Signalons au surplus que certains workflows de production fonctionnent carrément sur le principe de l’étalonnage. Je pense notamment au tournage dit “négatif” ou “flat”, où la création du contraste et de la couleur sont volontairement réservés à la post-production pour un maximum de flexibilité. C’est d’ailleurs la méthodologie majoritairement utilisée dans le monde du cinéma et de la fiction TV.

    Peut être qu’on en demande un peu trop pour le prix, mais la montée des nouveaux constructeurs proposant des enregistrements de haute qualité nativement (Black Magic, Bolex, Acam DII) ou même Panasonic avec son AVC-intra sur des modèles désormais abordables (bien que pas encore en 35mm), me laissent penser que sur une caméra qui se destine au moins en partie au cinéma, on devrait pouvoir trouver une option “enregistrement pour le cinéma”, même si ça doit être une option payante. Au lieu de cela, ici, comme bien souvent sur ce type de matériel, on est obligé d’utiliser les sorties vidéo non compressées et de compléter la caméra avec un enregistreur externe pour obtenir un enregistrement sans compromis.



    Le petit film qui a servi de terrain d'essai pour ce test caméra.
    Réalisation et montage Mehdi Salamé Prise de vues Forest Finbow

     

    Monitoring embarqué :

    Comme la précédente FS-100, la caméra ne dispose que d’un seul unique écran LCD orientable situé sur le dessus. Cet écran peut être complété d’une loupe afin d’en faire un viseur. Dans ce dernier usage il convient relativement bien, quoi que le fait qu’il soit mobile fait qu’on a parfois du mal a être parfaitement solidaire de la caméra avec l’oeilleton, même quand on le serre à fond.

    En usage LCD simple je trouve toutefois qu’il est un peu petit pour faire le point à distance raisonnable. Plus grave peut être, son positionnement sur le dessus fait qu’on ne peut le voir que si on est situé plus haut que la caméra. Dès qu’elle est sur une grue ou un tant soit peut en hauteur, impossible de flipper l’écran pour le voir d’en dessous. C’est vraiment une grosse lacune ergonomique, presque sans précédent sur ce type de caméscopes.

    Un autre point noir concerne l’analyse du signal. Là où Panasonic et Canon embarquent maintenant systématiquement un petit oscilloscope intégré, sur les Sony on reste cantonné à un petit histogramme beaucoup moins précis à lire. Pour un travail pointu il faudra vraisemblablement compléter la caméra d’un petit écran externe.

    Sorties Vidéo :

    Heureusement, les sorties vidéo sont très généreuses : Un connecteur SD/HD-SDI/3G-SDI (1080p50), un connecteur HDMI, une sortie composantes et une sortie Vidéo composite. Par comparaison, les Red ne proposent qu’une sortie HD-SDI ou une liaison HDMI, même pas activables en même temps et non commutables SD.

    A noter tout de même, activer la sortie vidéo composite désactive les sorties numériques et vice et versa. Par contre si on active les sorties numériques elles sont toutes actives en même temps.
    Un petit point faible toutefois ici : les menus sont affichables sur les sorties  mais on ne peut pas en séparer l’affichage, c’est toutes ou aucune. Si on veut enregistrer par exemple le signal HD-SDI (pour une qualité maximale d’enregistrement) on est obligé de désactiver les menus et du coup impossible d’avoir un retour assistant avec l’affichage des infos caméra. Seul le LCD de la caméra pourra alors les afficher.

    Un autre point frustrant : bien que la norme HD-SDI soit en 10bits et que le HDMI supporte officiellement aussi le 10bits, les sorties vidéo numériques restent cantonnées à du 8bits. C’est dommage dans la mesure ou la quasi-totalité des enregistreurs externes supportent nativement l’enregistrement 10 bits (généralement en Pro Res ou DNxHD). J’y reviendrais plus tard mais comme ça a été le cas sur la PMW F3, il faudra acquérir une option (la fameuse option 4K) pour obtenir la quintessence de ce que peut produire la tête de caméra. Cette sortie 4K sera activable en lieu et place du signal SDI : le connecteur se mettant alors à convoyer les informations brutes issues du capteur 4K. Lisez plus bas pour plus de détails sur cette option à venir.

    Réglages image et picture profiles :

    Sur le plan des réglages d’image, le caméscope hérite des menus NXCAM, c’est à dire des menus qui ont relativement peu évolué depuis les caméscopes HDV. Les réglages de base (couleur, gamma, knee, black) sont tous à peu près présents mais relativement primitifs avec des niveaux de réglages allant généralement de -7 à +7 et sans possibilité de pousser les réglages trop loins.

    Sur les gammas deux choses à noter :


    L’apparition d’un réglage de gamma nommé STILL qui correspond plus ou moins à une courbe  gamma de type photographie numérique. Des noirs bien collés, un contraste fort, des couleurs dans tous les sens, les ravis des DSLR vont retrouver leurs marques. Une image créée à la prise de vue, une post production minimale et une sensation éclatante du résultat.
    Notez ici que cette fonctionnalité trouve tout son sens quand on prends en compte que la FS-700 peut aussi prendre des photos, dans la résolution native du capteur (à savoir 4K).

    On retrouve aussi la présence de 4 courbes CINE, qui semblent au premier abord similaires aux courbes de la PMW-F3 ou de l’EX1R. Sony nous avait promis à demi-mot les courbes de la F3 et on a été nombreux à attendre l’arrivée de ces fameuses courbes HyperGamma très utilisées en fiction. Malheureusement mes espérances sont tombées dès que j’ai pris la caméra dans les mains. Le choix d’une de ces courbes ne change en rien la description des hautes lumières, en fait seule la partie moyenne et basse de l’image semble affectée. Un petit tour par le menu du KNEE révèle la supercherie : il reste actif même lorsqu’on choisi une courbe CINE, ce qui exclu d’office la présence d’une courbe hypergamma et représente pour moi une forte déception.

    En effet, les courbes hypergamma sont plus que des simples courbes de sensitométrie : ce sont des courbes qui exploitent la dynamique du capteur avec une correction physiologique, à la manière du Loudness dans le monde du son. Le résultat est une image comportant une forte dynamique (environ 400%, soit 2 diaphs de plus que le Rec 709) tout en maintenant une perception raisonnablement contrastée de l’image. Ces courbes sont aussi parmi les seules formes de compression des hautes lumières à arriver à le faire sans en modifier les couleurs ce qui en fait un excellent choix pour une image solide et agréable à contempler.

    Sur la FS-700, finalement point d’HyperGammas, la compression des hautes lumières reste affectée au réglage du KNEE, avec tous les défauts inhérents à ce réglage primitif : la moitié de la dynamique du capteur est compressée dans 10 % de la courbe de réponse : les hautes lumières ne sont certes pas cramées, et les tests montrent une dynamique assez prodigieuse (12 à 14 diaphs selon les testeurs) mais visuellement ces hautes lumières sont aplaties. Si par malheur l’image a été surexposée à la prise de vue, il est presque impossible de retrouver à l’étalonnage une description gracieuse des éléments surexposés. Les teintes y sont changées, les dégradés sont applatis, c’est assez irréversible.

    A l’usage, vous vous retrouvez comme en vidéo (et de fait, vous êtes en vidéo) : surveillez votre pose. Il faut naturellement ne pas surexposer l’image pour ne pas brûler les hautes lumières de manière irréversible et surtout surtout ne surexposez pas les tons chair. Un visage cramé en vidéo, c’est pas terrible.
    Avec l’apparition des courbes Log, HyperGamma et par la suite du RAW on avait presque pu imaginer prendre plus de libertés avec la pose (parfois à tort), dans la configuration de base ici on ne pourra pas trop compter dessus. lisez plus bas à propos de l’option 4K pour une solution payante mais hautement avantageuse pour compléter ce caméscope.

    Fonctionnalités spécifiques :

    Ralentis et super ralentis :

    Vous en avez probablement entendu longuement parler et vu des exemples sur internet, un des points les plus attractifs de cette caméra c’est le mode super ralenti appelé ici “Super Slow Motion”, un ralenti maximal annoncé à 240 images par seconde sans aucune perte de qualité et jusqu’à 960 images par seconde avec dégradation de l’image.

    Voici comment se présente l’option. En réalité la caméra dispose de deux modes de vitesses variables :
    Le premier mode est le mode “S&Q motion”, tel qu’on pouvait le trouver sur les caméras de génération précédente, nous permettant de sélectionner n’importe une vitesse comprise entre 1 et 60 images par seconde. La bonne nouvelle c’est que contrairement à de nombreuses autres caméras, ici il n’y a pas de perte de résolution entre 31 et 60 images par seconde, toutes les fréquences fonctionnent en 1080p et comme la sortie SDI est une sortie 3G-SDI on peut aussi parfaitement enregistrer à de très hauts débits le flux 1080p60. Par comparaison, la plupart des caméras basées sur un enregistrement MPEG-2 (Sony XDCAM EX, Sony XDCAM HD F800, C300, JVC GY-HD 700 etc.) obligent à passer en 720p pour produire les ralentis, ici ce n’est pas le cas, et comme le codec AVCHD est très léger en débit, le tout rentre en temps réel sur une simple carte SD (catégorie 10 tout de même) ou sur le SSD.

    Le second mode est le mode “super slow motion”. Les fréquences disponibles dépendent de la zone dans laquelle est configurée la caméra : en zone NTSC on peut choisir 120, 240, 480 et 960 ips. En zone PAL c’est 100, 200, 400 et 800 ips. Vous remarquerez vite que les vitesses les plus extrêmes sont réservées à une configuration NTSC (pour des raisons de multiples probablement). Ceci étant dit, entre 200 et 240 ips il n’y a pas une différence flagrante de rendu.

    Si toutefois vous vouliez pousser au max le ralenti (vous qui êtes en zone PAL), basculer la caméra en NTSC est une solution mais elle est contraignante : on ne peut pas mélanger de rushes NTSC et PAL sur une même carte, vous aurez donc besoin, en plus de rebooter la caméra dans l’autre zone, de changer de carte mémoire. Par la suite, les rushes étant du coup dans une fréquence type NTSC (23.98 ou 29.97 ips) il vous faudra conformer en post production ces rushes pour qu’ils soient à la bonne fréquence (typiquement 25p). Pour cette raison, et vu déjà l’effet saisissant des ralentis à 200 ips, lors de notre test nous avons personnellement opté pour conserver la caméra en zone PAL.

    Mais voila, il y a une contrainte forte dans ce mode. Aucune carte mémoire compatible avec la caméra ne pourrait soutenir le débit énorme que représente ces 200+ images par seconde. De même, pour sortir ça en SDI non compressé il faudrait une hypothétique liaison 12G-SDI fonctionnant à 12 Gbps, soit plus que l’infiniband qui est le protocole de transfert le plus rapide à l’heure actuelle avec ses 10 Gbps.
    Pour contourner cette contrainte, Sony a adopté la technique qui est utilisée sur les caméras hi-speed (phantom, wescam...) : l’utilisation d’une mémoire tampon ultra rapide qu’il faut vider entre les prises.
    La bonne nouvelle c’est que ce tampon fonctionne de manière non compressé et qu’il est parfaitement possible d’enregistrer externalement les images pour les avoir en 4:2:2 non compressé (j’expliquerais comment plus bas).

    Cette mémoire tampon peut contenir un peu moins d’une dizaine de secondes de contenu avant de devoir être vidée. Le tableau exact des capacités dépendant de la vitesse de capture se trouve ci-dessous :

    Vitesses 60 Hz

    120 ips

    240 ips

    480 ips

    960 ips

    Durée d’enregistrement

    16 s

    8 s

    9 s

    19 s

    Vitesses 50 Hz

    100 ips

    200 ips

    400 ips

    800 ips

    Durée d’enregistrement

    19 s

    9 s

    12 s

    23 s




    Cette durée peut vous sembler courte, et pour certaines situations elle l’est en effet, mais sachez qu’à 240fps, chaque prise de 8 s produit un rushe d’une durée finale de 1min 20s sur la carte (ou l’enregistreur externe le cas échéant). La réalité c’est qu’on a rarement besoin d’un plan aussi long au final, le plus difficile reste donc d’être bien certain de capturer le bon instant, que ce soit une explosion, un tric sportif, une cascade ou tout autre événement que vous voudriez analyser à haute vitesse.

    Pour ce faire, comme sur les caméras hi-speed la caméra met à disposition plusieurs manières de déclencher l’enregistrement :
    Start Trigger : l’enregistrement démarre avec l’appui sur le bouton REC et il se termine automatiquement lorsque le tampon est plein ou si vous rappuyez sur REC avant.
    End Trigger : le tampon se pré-remplit en permanence avec les 10 dernières secondes vues et l’appui sur le bouton REC termine l’enregistrement. Le contenu entier du tampon est alors systématiquement capturé.
    Trigger Middle : l’appui sur le bouton REC enregistre les 5s précédentes et les 5s suivantes, le tampon entier est également alors capturé.

    Personnellement j’ai très largement préféré la fonction END TRIGGER. On ne capture ainsi que les prises réussies et on garde la caméra opérationnelle tant que la bonne prise n’est pas dans la boîte.

    Car voila, une des contraintes d’un tel fonctionnement c’est qu’entre les prises il faut bien évidement le vider ce tampon. Les cartes et la sortie SDI ne supportent qu’un maximum de 50 ou 60 images par seconde. A la fin d’une prise, la caméra passe automatiquement en mode transfert et relit le tampon à cette vitesse maximale, en l’envoyant vers la carte et sur les sorties vidéo. Un tampon rempli de ses 1min 20s de rushes prendra donc 40 secondes pour être vidé.

    Si vous voulez enregistrer ce tampon en 4:2:2 vous allez aussi devoir faire attention à ce que l’enregistreur soit bien en mode enregistrement au moment du vidage car vous ne pouvez pas demander à la caméra d’attendre entre la fin de la prise et le début du transfert. De plus, une fois terminé, le tampon étant vide vous ne disposez plus des rushes en 4:2:2 sur la caméra, c’est donc primordial que vous les capturiez immédiatement à la fin de la prise.
    Vérifiez aussi bien la compatibilité de votre enregistreur avec le signal 3G-SDI 1080p50/60 (et la liste des enregistreurs compatibles est courte), sous peine de ne pas pouvoir enregistrer du tout le signal émis par la caméra (ou d’enregistrer un 50i entrelacé si vous forcez la sortie vidéo SDI en 1.5G HD-SDI). Le Gemini 4:4:4 étant probablement le plus populaires des enregistreurs externes 3G-SDI, vous devriez peut être faire un tour de ce côté là.

    Par comparaison, sur la Red Epic ou sur l’Alexa Hi-Speed il n’y a pas ce fonctionnement en mémoire tampon. Du coup, l’Alexa plafonne à 120fps et la Red, pour pouvoir aller au delà se met à réduire la portion du capteur qui est lu. 3K, 2K, 1K, chaque réduction permet d’aller plus vite, mais elle réduit aussi le champ de la caméra (qui devient le même qu’une caméra vidéo en 2K).
    En ralentis extrêmes l’Epic n’est carrément plus une caméra S35 et le fonctionnement continu de l’enregistrement a une forte tendance à produire énormément de rushes si le moment exact à saisir est incertain, ce qui est malheureusement le plus souvent le cas.

    Je regrette personnellement que le tampon de la FS-700 ne soit pas un peu plus grand. 20s ou 30s réels seraient plus approprié pour les quelques prises qui sont vraiment longues à faire, quitte à pouvoir prérégler cette durée si on fonctionne avec un déclenchement en END TRIGGER. C’est arrivé quelques fois sur notre tournage de test qu’on ait plusieurs fois de bonnes choses au sein d’une prise, du coup comme le tampon ne garde que les 9 dernières secondes, c’est typiquement seulement la dernière de ces bonnes choses qui est capturée et cette limite nous a parfois laissé quelques frustrations.

    Option 4K :

    Je sais que tout le monde est très excité par les ralentis que propose la FS-700, je le comprends, mais ce type de prises de vue ne concerne en réalité qu’une infime fraction de ce qui est typiquement demandé à une caméra. La plupart du temps, le tournage est effectué dans la cadence de production et c’est véritablement dans ce mode que la caméra se doit d’être la meilleure possible.

    Le point que je trouve personnellement le plus excitant c’est plutôt l’option 4K. Bien qu’on ai relativement peu d’infos sur le sujet, notamment aucune info sur la date de lancement de l’option, voici ce qui a été confirmé par SONY :

    Toutes les caméras FS-700 vendues à l’heure actuelle sont compatibles et pourront être mises à jour.

    Le prix de la mise à jour sera en rapport avec le prix de la caméra, d’une manière similaire à l’option RGB sur la F3.

    L’option utilisera la sortie 3G-SDI, vraisemblablement à un maximum de 30 images par seconde (pas de ralentis en 4K à priori)

    Ce sera une sortie RAW : les données brutes issues du capteur seront ordonnées en flux et streamées vers un enregistreur externe, nécessairement compatible RAW.

    Le RAW sera donc un brut 4K Bayer linéaire. La profondeur de couleur est encore non confirmée mais ça sera au moins du 12 bits, comme c’est déjà le cas sur l’ARRI Alexa et la Canon C500.

    L’option n’étant pas finalisée, il n’existe aucun enregistreur externe certifié à ce jour. Néanmoins on peut prévoir que ceux qui sont déjà certifiés 4K RAW comme le CODEX, le Gemini 4:4:4 ou l’AJA Kipro Quad à venir pourront recevoir le profil d’enregistrement adapaté. Sony nous a même laissé entendre la possibilité d’un appareil de leur marque, espérons que le prix sera en cohérence avec la FS-700.

    Pourquoi shooter en 4K ?

    Je suis certain que nombre d’entre vous se demandent s’il y a bien une utilité à shooter en 4K. À l’heure où plus de 90% des chaînes présentes ne diffusent même pas encore en HD et où seuls 20% des contenus diffusés pas les chaines HD sont effectivement tourné en HD, pourquoi demander une caméra 4K ?

    Laissez moi vous éclaircir le terrain un tout petit peu.

    La mention 4K sous entend généralement une résolution de 4096 pixels de large. La hauteur de l’image étant dépendante du format, lorsqu’on est en 16/9 cela implique une résolution plus ou moins équivalente à 4096x2304 pixels.

    En pratique toutefois, très peu de caméras numériques ont la capacité de livrer 4096 pixels RGB de large. En réalité ces caméras disposent généralement d’un monocapteur avec une matrice de Bayer. Sans rentrer ici trop dans le détail, cette disposition permet, après reconstitution par interpolation, d’obtenir une image 4K mais comme ce résultat est le fruit d’une interpolation, elle présentera toujours quelques lacunes, notamment dans le domaine de la couleur qui y est moins bien définie que la luminosité. Red a choisi comme solution à ce souci de sur-échantillonner davantage leur capteur, qui est à l'heure actuelle en 5K et très prochainement 6K (capteur Dragon). De manière analogue, Arri installe un capteur 2,8K sur ses caméras pour produire une image HD ou 2K de qualité. Sony a pour sa part choisi de quadrupler littéralement l’échantillonnage sur la F65 avec un capteur 8K pour une sortie 4K RGB.

    Vous vous en souvenez peut être, Canon avait fait un grand étalage lors du lancement de la C300 autour de ce concept : un capteur 4K bayer pour produire un 2K de parfaite qualité. La FS-700, tout comme la Canon C500 disposent d’un tel capteur 4K Bayer.

    Dans les faits disposer d’un capteur 4K Bayer permet en réalité de choisir plusieurs routes possibles :

    On peut prendre la route 4K, avec une reconstitution maximale de la résolution disponible pour attaquer le marché (confidentiel) du 4K, appelé dans l’industrie l’IMAX numérique ou celui des effets spéciaux.

    On peut aussi décider de prendre la route 2K, où l’on obtiendra un anti-aliasing parfait et la meilleure restitution des couleurs (RGB réél) et attaquer le marché florissant du cinéma numérique : c’est à dire des milliers de salles en France et dans le monde, allant des festivals de courts métrages aux super productions.

    Enfin on peut aussi bien prendre la route HDTV avec les mêmes avantages que le 2K (full RGB) pour des travaux pointus en 4:4:4, allant de l’étalonnage poussé aux chroma-key et attaquer le marché immense de la télévision et de la production haute définition.

    Tout aussi important que la définition, le gamma : l’option RAW livre les images sans aucun gamma appliqué. La luminosité y est décrite de manière linéaire, sans compression des hautes lumières ou de pied de courbe arrondi. Cette linéarité permet premièrement facilement de modifier l’exposition en post-production, mais surtout elle y permet la création de n’importe quel gamma. Si vous avez besoin d’un gamma Log, vous choisissez Log, s’il vous faut du Rec 709, vous choisissez 709, c’est  littéralement aussi simple que cela.
    Un 12bits linéaire permet de produire n’importe quel gamma en 10 bits. Cette option surclasse ainsi n’importe quelle sortie numérique : 8 bits, 10 bits, 4:2:2, 4:4:4, HD, 2K, 4K, toutes les options restent ouvertes, vous pouvez générer n’importe quel standard de production à partir d’une source unique : le RAW issu du capteur. Ajoutez à ça la flexibilité, les choix étant non destructifs et parfaitement réversibles, c’est sans surprise que le RAW suscite un grand engouement pour les productions haut de gamme.

    Conclusions

    Cette caméra est pour le moins intrigante, elle attire vraiment l’attention. Sur le papier elle en jette un max et à la prise en main c’est juste le meilleur jouet que vous puissiez rêver avoir quand on en vient aux ralentis. Elle est compatible avec un grand nombre d’optiques pour un maximum de créativité.
    J’ai quelques petits regrets par rapport à son placement dans la gamme NXCAM :
    Une ergonomie en retrait par rapport aux XDCAM chez Sony ou aux modèles concurrents comme les Canon EOS C.
    Des réglages image primitifs (surtout pas de vrai gamma ciné).
    Un enregistrement natif limité à l’AVCHD et les sorties 8bits.

    L’option 4K par contre, même si elle n’est pas encore livrée, sera véritablement à mon sens une plus-value énorme pour ceux qui veulent obtenir des workflows plus qualitatifs que l’AVCHD embarqué. Ne serait-ce que pour obtenir un vrai HD 4:2:2 10 bits voire soyons fous des fichiers 2K 4:4:4 12 bits comme le permet le Pro-Res. Le choix du gamma que l’option permet est aussi un avantage colossal dans les workflows dits négatifs.
    Rare seront à mon avis les applications 4K, mais dans l’absolu, pourquoi pas.

    Les deux fonctions spéciales : ralentis et option 4K sont en fait assez uniques à ce niveau de prix. Avec l’option 4K, la FS-700 se place assez frontalement en concurrence avec la Canon C500, l’Arri Alexa ou les Red Scarlet et Epic (si on prends en compte ou pas les ralentis). Elle n’en a peut être pas tous les avantages ergonomiques (encore que chez Red il faut se lever de bonne heure pour y voir un avantage ergonomique) mais elle est aussi vendue à une fraction seulement du prix de ses concurrentes.
    Sans l’option elle reste la seule caméra hi-speed full HD en dessous de 10 000 euros ce qui ne fait pas de mal et la rends plus versatile, surtout pour les projets très créatifs.

    Points positifs :

    • Capteur 4K très sensible et d'un excellent rapport signal/bruit
    • Ralentis 240 Fps Full HD (en 4:2:2 même via enregistrement externe)
    • Très forte compatibilité avec les optiques 35mm (E, Alpha, EF, EF-S, Nikkon, PL, Ze etc.) avec contrôle de l’iris et de la stabilisation sur la plupart et même autofocus sur certaines d’entre elles.
    • Sortie 3G-SDI 1080p50
    • Option 4K très haute qualité (à venir, payante)
    • Support de multiples types de cartes SD/MemoryStick et SSD propriétaire (FMU128)

    Points négatifs :

    • Ergonomie plutôt faible qui nécessite presque obligatoirement de l'accessoirisassion
    • Monitoring embarqué limité  : un seul LCD sur le dessus, petit et non orientable vers le bas, pas d’oscillo
    • Enregistrement natif limité à l’AVCHD 4:2:0
    • Pas de courbe Log ou HyperGamma sans l’option 4K


    Forest Finbow Oct.2012

    Gruuz et pierred81 ont recommandé ce message.

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