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Test Canon XA10, quelle ergonomie et qualité d'image avec cette cam de poing très compacte ?

Canon France a réussi à nous prêter ce 5 mars le seul protoype de la XA10 actuellement disponible pour l'Europe et les US. Nous avons pu le prendre en main troi

Publié par Sébastien Gaillard le 31 Mars 2011 dans Tests
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  1. Sébastien Gaillard

    Canon France a réussi à nous prêter ce 5 mars le seul protoype de la XA10 actuellement disponible pour l'Europe et les US. Nous avons pu le prendre en main trois jours. Premier camescope AVCHD de la gamme pro de Canon, la XA10 hérite de l'ultra-compacité des camescope de poing grand public (handycam) tout en proposant un ancrage pro avec sa poignée, son bloc XLR, son capteur 1/3 pouce, son optique à grand angle 30mm, et son écran LCD haute résolution.

    Quelle ergonomie offre donc ce camescope pour les usages pros de type reportage ? A-t-on facilement accès aux fonctions, quel confort de réglage pour les débrayages, quel est l'impact de l'écran tactile, que vaut le stabilisateur ? Côté image, le XA10 est annoncé par Canon comme reprenant de nombreuses caractéristiques de son camescope de poing XF100 (processeur, capteur, processeur de traitement d'image). Qu'en est-il quand on les mets face à face avec le même protocole de test de sensibilité ? Le format AVCHD (au lieu du MPEG-2 HD 4:2:2 de ka XF100) a-t-il un impact ? Eléments de réponse dans ce test où j'ai comparé pendant 4 jours la XA10 avec la XF100 mais aussi une XR500 (handycam grand public haut de gamme de Juillet 2009 réputé pour sa sensibilité dans ce type de gamme).

     

    Où nous mène ce test en résumé ?

     

    La première partie est consacrée à l'ergonomie (vidéos d'illustration à l'appui).

    Vous verrez qu'il en ressort une satisfaction de pouvoir tout débrayer (ce qui n'est pas toujours possible sur certains Handycam), un vrai confort avec l'écran LCD de qualité, de vraies fonctions audio avec le bloc XLR, la poignée bien moins anodine qu'il ne peut y paraître pour la prise en main, un bon stabilisateur, un grand angle appréciable autour de 30,4mm en équivalent 24x36, des surprises d'ergonomie pour l'accès à certaines fonctions et réglages abordés différemment des cams de poing pros habituels, et au final un sentiment mitigé sur l'écran tactile sans alternative via un joystick (mais possible via la télécommande).

    Je suis donc rentré dans le détail de cette ergonomie lors du tournage pour vous donner de nombreux points d'appui vous permettant de juger en fonction de vos usages.


    La seconde partie met en oeuvre notre protocole reproductible mire + sensibilité (qui s'étoffera encore dans les prochains mois).

    Nous n'avons pas noté de différences flagrantes ou suffisamment constantes côté definition d'image entre XA10, XF100 et XR500 (jugez par vous-même avec les mires). Par contre grande surprise côté sensibilité, sans que l'on ne puisse vraiment l'expliquer avec des arguments définitifs ni savoir si ça peut provenir de ce modèle protoype uniquement: malgré le trio optique/capteur/processeur de traitement d'image annoncé identique à la XF100, la XA10 se révèle moins sensible. Il faut quasiment être à 3/6db pour retrouver la même luminosité, mais avec en conséquence un bruit plus marqué que la XF100 (ce n'est donc pas qu'affaire de calibrage du 0db par les ingénieurs).

    Notre protocole reproductible utilisé ici avec la XF100 et la XR500 a été précieux. Par contre la XA10 s'en tire bien mieux que la XR500 en sensibilité alors que ce handycam était réputé pour sa sensibilité il y a 1 an 1/2. Il faudra poursuivre le comparatif dans les mois à venir avec les modèles handycam grand public actuels de Pana, Sony, Canon.
     


     

    Comment avons-nous testé ?

     
     Pour ce test du Repaire, le Canon XA10 a aussi bien été testé en conditions de tournage "terrain", qu'en mise à l'épreuve plus labo avec notre protocole reproductible pour tester la sensibilité avec une approche comparative, mais aussi tout ce que peut nous apprendre une mire (définition, moirages).

    Le camescope étant assez particulier, se situant entre d'un côté les handycam grand public et de l'autre les camescopes de poings légers, nous avons eu en tête ces deux types de modèles de camescopes tout au long du test, tant pour tester l'ergonomie que juger la qualité d'image. Nous avons donc établi un comparatif avec le Canon XF100 et u handycam Sony XR500.

    Cela vous permettra de vous forger un avis, que vous envigagiez ce modèle comme caméra principale (beaucoup de services multimédias de groupe de presse, de services vidéo/communication intégrés en entreprise, tournant le plus souvent pour une diffusion web ou de petits écrans HD utilisent des handycam ou camescope de poing léger ouvrant les gammes), ou comme caméra d'appoint à un camescope plus haut de gamme.

     

    Prendre la caméra en main

     

    Une compacité à laquelle il faut adhérer

     

    test-canon-xa10-vs-xf100-sony-xr500.jpg


    De gauche à droite: Sony XR500, Canon XA10, Canon XF100


    Par caméscopes de poing en gammes pro on entendait jusque-là des modèles d'un certains poids et d'une coque d'une certaines envergure. Le poids contribue à la stabilité (mais aussi à la fatigue si on cadre tout à la main sans monopod ou tripod sur de longues périodes) et un corps de caméra de 50-60cm permet de disposer de nombreux boutons de réglages et assignables, d'une ou plusieurs bagues sur l'optique. Aidé par l'abandon de la bande, les constructeurs proposent désormais des caméscopes de poing toujours plus légers et compacts. La Canon XF100 m'avait déjà surpris en ce sens, mais la XA10 va encore bien plus loin, allant carrément chercher son héritage dans les handycam grand public particulièrement compacts et légers. Alors à l'usage la XA-10 peut-elle revendiquer l'appellation de caméscope de poing au sens pro ou n'est-elle qu'un caméscope compact grand-public redécliné en gamme pro ?

    test-canon-xa10.jpg

    Si le stabilisateur m'a semblé excellent (et je suis un bon rat de laboratoire côté cadreur à la tremblote !!), on ne s'aventure pas sur une caméra aussi compacte sans en avoir mesuré l'approche qui en découlera en tournage, surtout pour l'accès aux réglages. Or, en fonction des goûts et des usages, on adhèrera ou non à tout ce qu'implique une caméra de seulement 20 cm (inclut le pare-soleil) et autour de 900 grammes bloc XLR compris !

    La poignée qui fait la différence


    canon-xa10-test-ergonomie-poignee.jpg

    Quand on est habitué à tourner au poing avec une PD170, HVX200, Z1 ou Z5, XF300 et cie,  évidemment une XA10 n'offrira pas cette lignée-là. Mais heureusement elle propose quand même une poignée comme sur les cams de poing pros habituelles et ça fait toute la différence par rapport aux camescopes grand public de même compacité que cette XA10.

    La poignée de la XA10 aide vraiment à retrouver ses habitudes de cadrage des cams de poing plus grosses et ça aide beaucoup pour la positionner et stabiliser quand on tourne (perso j'aime bien stabiliser avec une main sous la cam et une autre sur la poignée avec le pouce à hauteur du bouton record de la poignée), à se mettre à hauteur de sujets bas (avec mes enfants de 20 mois j'étais bien servi pour tester !), à aller chercher des contre-plongées ou plongées, à gérer ses mouvements de caméra (panoramiques ou mouvements plus souples dans l'espace).

    test-sony-xr500-vs-canon-xa10.jpg

    Comme on peut s'y attendre, la poignée offre un bouton d'enregistrement verrouillable, une commande de zoom avec son propre réglage de vitesse paramétrable dans le menu, et la griffe pour les accessoires. La poignée couvre bien l'intégralité de la caméra, comme sur les cams de poing habituelles, je le précise car certaines poignées ne couvrent que l'avant de la caméra.

    Cette poignée, ainsi que le bloc XLR, ajoutent donc un peu de poids à l'ensemble et c'est bienvenu, et à mon sens sans déséquilibrer la cam.



    Donc malgré sa compacité, le tournage au poing avec la XA10 m'a vraiment semblé dans l'esprit des cams de poings habituelles (ergonomie du débrayage mise à part bien entendu) mais avec une compacité et un poids auxquels il faut adhérer, chacun jugera de son usage.  Si à l'inverse on compare aux handycam (et en me basant sur près de deux ans de tournage de reportages léger avec ma Sony XR500), j'ai vraiment ressenti que sur la XA10 la présence de notre « fidèle » poignée fait toute la différence et bien qu'elle soit facilement démontable je n'envisagerais pas d'utiliser la XA10 sans !

    Tournage sur pied


    Une caméra de poing n'exclut par le tournage sur pied. De mon côté ce dispositif a d'ailleurs ma préférence dès que je le peux. J'apprécie déjà avec ma petite XR500 de pouvoir me contenter d'un pied léger (Manfrotto 756B + tête 701RC2). Ainsi en tournage solo je peux malgré tout transporter le pied, la cam, un recorder son externe Fostex FRE-2 LE (du fait de l'absence d'un bloc XLR sur la XR500), et même un pied lumière pour ma torche, le tout en restant dans du supportable même en métro pour mon petit gabarit de 68kg pour 1m82 !

    Avec la XA10 sur pied l'ergonomie se jugera sur l'accès aux débrayages (nous le verrons la molette peut faire la blague en débrayage total diaph/vitesse/gain), et le confort de l'écran LCD (on contrôle son cadre avec la même taille et qualité d'écran LCD que sur les XF300 et XF100). J'y reviendrai plus en détail plus bas mais annonçons déjà la couleur : si l'accès aux réglages de base requiert des concessions comparé à certaines cam de poing, je n'ai pas senti de si grand manque que cela comparé à la XF100 que j'ai utilisé en alternance avec la XA10 pendant le test pour les mêmes types de plans à réaliser sur pied. Par contre, pour de l'usage poussé où tous les boutons assignables d'une cam de poing sont à l'œuvre on sent évidemment la différence pour la tranquillité d'esprit « un débrayage = un bouton » surtout si on est sous pression pour faire ses réglages ! Cependant, j'avoue qu'après 4 jours, et parce que de mon côté j'adhère au concept de compacité, je parvenais à régler rapidement la caméra, même quand il fallait agir vite ou que la fatigue me poussait à revenir à mes automatismes des cams de poing habituelles. Mais pour cela il m'a fallu un temps d'adaptation et accepter de rentrer dans la logique d'accès aux réglages de la XA10 qui est parfois déroutante ou inhabituelle.

    Voyons cela en passant en détail à ces aspects débrayages, qualité des automatismes, fonctions audio.

     

    Quels débrayages ? Avec quelle ergonomie ?


    Tout est bien débrayable sur la XA10, on retrouve même des fonctions comme le peaking et les oscillos pour l'aide à la mise au point, le zebra 70 et 100, une bague de mise au point, mais tout cela avec une ergonomie de réglages ou d'accès parfois déconcertante. Je vais volontairement bien détailler chaque aspect de l'ergonomie tant il compte pour un tel test. J'ai même tourné des vidéos montrant certains aspects en détail. Ainsi, chacun pourra aller piocher dans cette page les infos qui comptent le plus pour lui en ergonomie et se faire une idée précise (enfin j'espère !) de l'esprit du tournage avec une XA10.

     

    Si débrayer sans encombre les paramètres de base de sa caméra apparait comme une évidence et un impondérable sur une cam de poing pro, il est loin d'en être de même sur nombre de camescopes grand public (même dans le haut de la gamme). Alors quand une caméra pro me semble prendre son héritage dans les gammes grand public j'ai toujours des inquiétudes sur les débrayages possibles ou non, leur ergonomie et le type d'info affichées pendant le réglage.

    Je parlais des débrayages de la XA10 dès la news et ce que Canon pouvait nous en dire et où tout semblait rassurant, mais j'avais hâte de la mettre à l'épreuve. Et ce d'autant plus que sur ma XR500, impossible de débrayer le gain, d'afficher les réglages de diaph et vitesse d'obturation en valeur normale (juste un curseur énigmatique), la balance des blancs doit se régler via l'écran tactile uniquement, pas de bague de mise au point. Alors la XA10 assure-t-elle un héritage pro à ce niveau là ? Oui mais avec des nuances !

    Débrayer Diaph - Gain - Vitesse


    Pour débrayer les fonctions il faut tout d'abord régler un mode de prise de vue spécifique via l'écran tactile. On est loin du bouton habituel « auto/manuel » de nos cams de poing permettant de savoir si on débraye ou pas, puis de l'appui sur chaque bouton (gain, diaph, vitesse d'obturation, bdb) pour indiquer si on laisse chaque réglage en auto ou si on le débraye.

    Avec la XA10 on est par défaut en tout auto. Un premier mode de débrayage consiste à choisir un mode de priorité vitesse ou de priorité obturation, cela se fait via l'écran tactile dans le menu de prise de vue qui est tjs accessible via un bouton en haut à gauche. Par ce choix on ne débraye et règle donc au choix que l'obturateur ou le diaph. Le réglage s'opère soit sur l'écran tactile soit avec la petite molette arrière, mais attention cette molette a son propre paramétrage et pour qu'elle permette de régler le diaph ou l'obturation il faut cependant l'avoir bien réglée pour qu'elle agisse ainsi. C'est une logique à comprendre et ensuite la mise en œuvre ne pose pas de souci, et surtout on n'a plus à revenir dessus dès qu'on a fait ses réglages préférés.

    test-canon-xa10-molette-tv-av.jpg


    Un autre mode de réglage manuel, mon préféré et que j'ai pratiquement toujours utilisé, permet de débrayer à la fois le diaph, la vitesse et le gain et de les paramétrer avec la molette (ou écran tactile). J'ai toujours réalisé mes réglages via l'unique molette arrière, et le bouton qui la surplombe. A mon grand soulagement cela évite le recours systématique à l'écran tactile, qui nous est par ailleurs imposé pour bien d'autres réglages (grrrr encore des traces de doigts sur le bel écran LCD). Là aussi je rappelle qu'il faut avoir réglé la molette sur le bon paramétrage pour cela, mais une fois qu'on a pris le pli la caméra répond de manière idéale et j'ai ainsi pu régler mes paramètres de base avec la même rapidité et réactivité que sur une cam de poing normale qui elle disposerait d'un bouton par paramètre à régler et débrayer.



    Par contre lors du tournage au poing on ne pourra pas facilement changer les réglages en cours de prise en vue sans risquer de faire bouger le caméscopes et son cadre avec, alors que ça ne pose pas souci sur une cam de poing normale où les réglages passent par les bagues de l'objectif (ou une molette de diaph en +) et le bouton à 3 positions pour le gain. C'est le type de limite de ce type de caméra compacte, il faut donc soit tourner sur pied (là le réglage en cours de prise de vue est possible) soit prévoir ses réglages avant de tourner au poing.

    Balance des blancs


    La balance des blancs se règle via l'écran tactile, je n'ai pas trouvé d'alternative pour éviter l'écran dommage. On dispose de nombreux presets qui m'ont semblé bien réglés, d'un mode manuel habituel pour pointer le blanc, mais aussi (une idée repiquée je pense de certaines Sony comme la Z7 ou la NX5) d'un réglage manuel de la balance par paliers de 100 kelvin. Très appréciable pour très légèrement réchauffer ou refroidir une image dès la prise de vue et s'éviter le traitement en post-prod.

    Mise au point


    La mise au point se débraye via le bouton sur la gauche de l'écran LCD AF/MF. Il s'agit en réalité d'un bouton assignable, pouvant donc être assigné à une autre fonction, mais on a tout intérêt à le laisser ainsi. Là où des caméscopes de cette compacité imposent souvent une petite molette plus ou moins pratique pour régler la mise au point (comme sur ma XR500), la XA10 offre elle une bague sur l'optique. On est loin des bagues à butées bien entendu (d'ailleurs bien rares sur les cams de poing), mais c'est quand même appréciable une molette sur un si petit caméscope, d'autant que le menu permet de régler sa réactivité et donc de la personnaliser à sa préférence. J'ai apprécié.

    Comme sur la XF300 et la XF100 on retrouve une fonction Expand Focus que j'avais bien apprécié dès son arrivée sur la HVR-Z1 au début du HDV. Habituellement il s'agit d'un bouton proche de la molette de zoom. La XA10 ne propose ici que d'activer ou désactiver la fonction dans le menu. Activé elle se mettra donc en œuvre chaque fois que l'on règle la mise au point avec la molette de l'objectif. On ne peut pas régler la temporisation au bout de laquelle elle disparait et je n'ai pas aimé ce principe. Grand regret, le menu listant les fonctions assignables aux boutons assignables ne propose pas l'expand focus. Ca aurait été idéal pour l'activer/désactiver sur demande comme on le fait habituellement. Dommage. Perso j'ai donc désactivé la fonction ne la trouvant pas fonctionnelle sous cette forme, et vous ?

    Une fonction de mise au point permet aussi de désigner une personne en la désignant du doigt sur l'écran tactile, on peut activer un suivi de mise au point si la personne est en mouvement. Je n'ai pas eu le temps de la tester dans le détail, mais ça m'a semblé fonctionner même si je pense que ça n'a surtout d'intérêt qu'avec beaucoup de personnes à l'image risquant de prendre à défaut le visage que suivra l'autofocus, car pour suivre deux ou trois personnes comme je l'ai fait, l'autofocus normal faisait bien son œuvre sans en passer par là. Par contre en basses lumières l'auto focus montrait ses limites (même dans une pièce de 10m² éclairée à 40Watt), je suis donc passé en manuel sans avoir le temps là non plus d'approfondir si cet automatisme pouvait être amélioré.

    Zebra, Peaking, Oscillos

    Le peaking et le zebra sont deux fonctions très appréciables mais souvent absentes sur un caméscope de ce gabarit. Si la XA10 permet d'afficher le peaking et d'en choisir la couleur (j'ai copié Forest et Alice et opté pour le rouge), ou encore le zebra réglable en 70 ou 100, ne les cherchez pas dans le menu principal ! Sans mentir, sur un tournage du 1er jour j'ai cherché une demi heure en vain dans le menu principal le peaking et le zebra que j'avais désactivé plus tôt dans la journée. J'ai passé tout le menu en revue 3 fois de suite, sans jamais remettre la main dessus ! Diantre ! L'écran tactile est passé par là et avec lui une logique un peu bizarre des ingénieurs Canon : l'accès à ces réglages se fait uniquement via les fonctions tactiles de prise de vue, là même où l'on choisit un mode scène ou un débrayage gain/diaph/vitesse par exemple.

    Donc dans le réglage de mise au point on pourra activer par appui tactile le peaking, et par appui sur un bouton tactile de clé à molette on accèdera aux paramètres de la fonction. Mais bizarrement les fonctions ne sont pas accessibles en doublons dans le menu principal pour nous reproposer l'ergonomie habituelle dont celle des XF300/100. Comme j'ai eu en main un proto de la XA10 il faudra voir si cela évoluera dans la version finale ou pas, en tout cas j'ai fait remonter l'info à Canon.

    J'ai aussi regretté que Canon limite un peu le zebra. Ici pas de double zebra simultanément comme sur la XF100. Mais sur une cam aussi compacte c'est déjà bien d'avoir le choix entre zebra 70 et 100 (même si on aimerait choisir son propre pallier de zebra)...

    Dans la lignée, les histogrammes, comme sur la XF100, sont aussi disponibles, on les affiche donc via le menu tactile de prise de vue là aussi.


    Boutons assignables


    Pas de quoi sauter au plafond mais je trouve louable que sur une caméra de ce genre Canon ait pensé à dédier des assignements de fonctions à certains des boutons, via le menu. Par exemple le second bouton de l'écran LCD pourrait être bien utile. Malheureusement Canon a pré-définit les fonctions qui sont assignables aux boutons, et soit ce sont des ingénieurs qui ne filment jamais qui ont défini la liste, soit ils ont été mal conseillés. Au vu des réussites sur le reste de la caméra j'exclu qu'ils l'aient fait exprès pour la « brider ». Là aussi on peut encore nourrir quelques espoirs d'ici la version finale si le proto que j'ai testé n'était pas finalisé sur ce point car j'aurai bien aimé qu'on puisse assigner des fonctions utiles en cours de prise de vue comme l'expand focus, activation/désactivation du zebra ou peaking ou des niveaux audio. Très bizarre de proposer à la place des fonctions qu'on a plutôt tendance à de toute façon aller chercher dans le menu : comme le choix de réglage des canaux du canal 1 du bloc XLR par exemple !

    Accès au menu principal


    On a beau retourner la caméra dans tous le sens, aucun bouton menu ! Une première sur un caméscope pro non ? On regarde alors sur l'écran tactile, là non plus pas de bouton menu !! Faute de notice je brûle un cierge (pour le test de sensibilité !) et la lumière fut... Il faut en fait appuyer sur un 1er bouton tactile en haut à gauche pour enfin afficher le tant recherché bouton « MENU », ouf ! Au début ça fait vraiment bizarre surtout que comme moi ce sera sans doute la première chose que vous voudrez lancer sur votre cam ! Une fois qu'on le sait, c'est comme pour le peaking et le zebra, on « rentre dans la logique » de la caméra, qui rompt là avec indélicatesse avec la logique des cams de poing pro habituelles, et on ne s'y fait plus prendre ! Mais y'a vraiment de quoi y perdre son latin au début.


     

    Le tactile, un héritage douloureux.


    test-canon-xa10-ecran-tactile.jpg

    Alors que l'écran LCD de la XA10 reprend la très belle définition des XF300/100, quel gâchis de l'avoir rendu tactile dans la lignée des modèles grand public de ce gabarit. A l'usage c'est vraiment un héritage douloureux sur un caméscope pro d'autant que Canon, sauf modifications à venir entre le proto que j'ai testé et la version finale, n'a pas beaucoup offert d'alternatives à l'usage du tactile, du moins sur le caméscope lui-même.

    Par exemple les menus font un usage important des écrans déroulant avec ascenseur vertical à la manière des pages web. Or on doit le faire dérouler par glissement du doigt comme avec un smartphone mais avec un écran bien moins réactif qui impose de beaucoup appuyer dessus, on s'y fait avec le temps mais au prix de belles traces de doigts. Je pensais pouvoir utiliser la molette, malheureusement elle est inactive dans ce contexte. Là encore la télécommande peut être une bonne alternative mais c'est toujours embêtant de reprendre un autre objet en main. Ingénieurs Canon si vous nous entendez avant la mise en production finale ;-)

    Bref, j'aurais beaucoup aimé avoir le choix, c'est-à-dire un accès aux réglages avec un joystick comme sur la XF100 et le tactile en « bonus ».

    Une astuce consistera cependant à utiliser la télécommande infra-rouge, qui reprend le principe du bouton central et de 4 flèches, ça peut être une bonne manière d'échapper au mode tactile ! Sinon gare aux traces de doigts. L'usage de la télécommande est facilitée par la présence du récepteur infra-rouge sur l'écran LCD qui normalement est toujours orienté du côté de l'opérateur (ça évite le coup du récepteur IR placé en face avant de la caméra et donc rendant la télécommande inutilisable quand on est derrière la cam pour la régler).

     

    Une visée de qualité


    Je dois avouer ne pas avoir utilisé le viseur (navré mon souvenir n'est plus assez précis pour un retour sur sa qualité) et que j'ai tout fait à l'écran LCD. En même temps c'est un peu logique avec un caméscope qui se règle en partie via l'écran tactile, et surtout quand il est d'une résolution apportant un tel confort. On s'habitue vite à la qualité, mais pendant les deux premiers jours, chaque fois que je tournais un même plan avec la XA10 et la XR500 un bel étonnement était au rendez-vous sur la différence de confort et de qualité de visée offert par la XA10. Canon ne s'est pas moqué de nous en maintenant sa belle visée de la XF300 et XF100 (8,8 cm 920 000 points), sans doute un héritage de leur « traumatisme » après tout ce qui a pu se dire à juste titre sur la piètre visée de certains de leurs modèles DV et HDV précédents !

    Comme d'hab, au soleil il faudra compléter l'écran LCD d'une petite « casquette », je ne sais pas si Canon a eu la bonne idée d'en prévoir une sur mesure comme le fait très bien Sony pour la NX5, les bords de cette casquettes étant repliables et la casquette pouvant rester sur l'écran LCD de la caméra sans en gêner la fermeture.

    Autre point qui m'a vite fait renoncer au viseur : il peut certes se déplier en longueur, mais en aucun cas se remonter vers le haut !!  Dans ces conditions, impossible par exemple de filmer des enfants à leur hauteur avec l'œil dans le viseur ! Sur ce point d'ergonomie du viseur ma XR500 fait bien mieux.

    Bref, il faut aimer cadrer à l'écran LCD, au besoin avec un petit accessoire de complément (casquette), et si on adhère à cette approche la taille de l'écran et sa qualité offriront de belles satisfactions.

    L'audio avec les honneurs

    test-canon-xa10-bloc-xlr.jpg

    Bien rares sont les camescopes de poing aussi petits dotés d'un bloc XLR. Or il n'est pas toujours évident de doter son caméscope d'entrées XLR de qualité surtout que souvent ce type de caméscopes n'a pas d'entrée ligne et qu'il faut alors concilier avec une entrée micro, sans compter que quand on y parvient avec l'un des boitiers du marché (les Beachteck, JuiceLink et cie) l'ergonomie du caméscope s'en trouve souvent fortement impactée (au mieux avec un gros bloc sous le caméscope).

    Le bloc XLR de la XA10 n'est pas une reprise à l'identique de celui de la XF100, mais on y retrouve l'essentiel : deux entrées XLR commutables en ligne ou micro, une alim phantom pour chaque entrée, des potars pour régler le niveau de chaque entrée, une suspension sur le côté du bloc (qui peut être enlevée) pour un micro canon par exemple. Bien entendu le menu permet de son côté d'afficher le vu-mètre, et j'ai apprécié que malgré la compacité de la caméra le menu n'y perde pas au passage les réglages de l'audio pour le paramétrages des canaux et cie, très appréciable de voir l'audio traité avec les honneurs.

    Je l'ai déjà évoqué, avec mon XR500 en reportages « légers » ce bloc XLR me manque cruellement, et ne voulant pas faire de concession sur la qualité audio j'ai carrément dû opter récemment pour un enregistreur externe (Fostex FRE2-LE). Alors pendant mes tests avec la XA10 vous devinez mon plaisir de « revenir aux sources », avec ce bon vieux XLR qui nous apparait comme une évidence sur une cam de poing pro. Une fois de plus, comme pour la qualité du viseur LCD par exemple, la compacité de ce caméscope XA10 parvient donc à concilier avec l'ergonomie essentielle que l'on attend d'une cam de poing pro. Je n'ai pas eu l'occasion de tester en détail la qualité des convertisseurs audio intégrés, mais le son d'un micro reportage à main très standard (Seenheiser E835S) passe bien.

    Seule restriction, il faudra faire le choix entre le micro caméra ou le bloc XLR. Contrairement à la XF100 on ne pourra pas combiner un micro main de reportage en XLR + le micro caméra pour une ambiance par exemple. Cela vous permettra au besoin de demander conseil (ou de lire les dicussions déjà très riches à ce sujet) dans le forum son pour le choix des micros XLR adéquats à vos contextes de tournage et de ne garder le micro caméra qu'en micro de secours quand vous n'utilisez pas le XLR ;-)


    La partie 2: les formats d'enregistrement, les mires, le test de sensibilité, des images tests etc.
    Nso résultats nous ont semblé trop faussé par le fait d'avoir été réalisé avec un prototype du camescope et ne souhaitons donc pas en tirer de conclusions qui ne se retrouveront sans doute pas dans le modèle final. Nous avons annulé sa publication.

    Parlons-en sur le forum Canon dans cette discussion: Test Canon XA10 du Repaire, parlons-en


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