Retour sur la Canon EOS C200

Le compte rendu après quelques semaines d'utilisation de la nouvelle C200 par un utilisateur régulier de différentes caméras Canon

Publié par GRG, le 27 Février 2018
  1. GRG
    Quelques lignes pour me présenter, je suis réalisateur indépendant, je tourne essentiellement avec des 5D, des XF300, de la C100/C300, de la FS7 et un peu d'A7S et même du Sony RX100. Depuis quelques semaines, j'utilise régulièrement une Canon C200. Voici mon petit retour sur cette caméra.


    Canon C200


    c200-3-4av-2.jpg

    L'ergonomie :


    La C200 a été pensée comme modulaire. Cela a ses avantages, on peut relocaliser l'écran comme on le souhaite (si par exemple on veut monter la caméra sur une grue), déposer la poignée et le grip latéral (dans l'idée de pouvoir installer la machine sur un gimbal) mais cette souplesse implique aussi quelques inconvénients. c200-sspoignee.jpg Si on veut que la bestiole rentre dans un gros sac à dos, il faudra démonter l'écran, le support de ce dernier et la poignée (on peut laisser le grip en place, si on dispose d'un grand sac). Contrairement à la C100 Mk II, dont la poignée s'installe au moyen d'une vis à main (c'est l'affaire de quelques secondes, il ne reste plus qu'à ouvrir l'écran et à tourner) il faudra prévoir un peu plus de temps pour la mise en œuvre d'une C200.

    La poignée, c'est deux vis, dont une seule est à main. Il faudra s'armer de la clef allen fournie avec la machine pour serrer l'autre, se battre avec les rondelles (d'une qualité « discutable », elles ont tendances à ne pas rester sur la tige filetée, donc, à se perdre...), répéter la tâche avec la visserie du support d'écran (une seule vis, à main, si on a laissé le LCD attaché au support, sinon, re-clef allen), et enfin, relier ce dernier à la caméra, via le câble vidéo dédié. Ouf ;-)

    Pour les tournages dans des environnements difficiles (concert, usine, sable, neige, pluie), on ne pourra pas protéger l'écran rapidement en le repliant dans le corps de la caméra, ce qui peut s'avérer parfois loin d'être pratique (d'autant plus s'il faut tout démonter pour ranger l'ensemble dans un sac, avant de devoir tout ressortir...). On s'y fait (ce n'est pas une grande baroudeuse type PD-170).

    La C200 est beaucoup moins lourde qu'une C300 Mk II, elle est aussi beaucoup plus confortable à utiliser, les entrées audio sont intégrées au boîtier et toutes les fonctions sont accessibles via ce dernier (c'est beaucoup plus pratique que d'en avoir une partie déportée sur le haut de la poignée). Toute équipée (sans optique), elle pèse 2745 grammes, ce qui n'est pas rien (à comparer aux 3435 grammes de la C300 Mk II).

    Une C100 Mk II, elle, reste sous les deux kilos (1950 grammes), les 800 grammes en plus de la C200 se font bien sentir en fin de journée, même si ça reste une caméra que je qualifierais de relativement légère (je trouve aussi qu'elle est beaucoup plus confortable à utiliser qu'une Sony FS7).

    Le viseur est très agréable (c'est celui, je crois, de la C300 Mk II), l'écran tactile est de bonne facture (il est dommage qu'on ne puisse augmenter sa luminosité en maintenant « DISP, » comme sur les autres produits Canon... Il faut passer par le menu ou dédier une fonction. Cela sera peut-être corrigé lors d'une prochaine mise à jour).

    Le boîtier me semble parfaitement bien conçu et solide, on peut regretter que les aérations ne soient pas tropicalisées (et le bruit de la ventilation, qui est tout de même un peu plus présent que sur une C100), mais dans l'ensemble, c'est un bel objet.

    La monture EF semble être plus solide que celle de la C100 Mk II (qui n'est pas en sucre), mais je ne recommanderais pas d'y laisser trop longtemps une optique lourde et longue (type 70-200 F2,8 IS). Cela fonctionne, mais il est préférable, à mon sens, d'utiliser un rig avec un support d'objectif. À titre d'information j'utilise une base plate SmallRig pour Canon EOS C100/C100 Mark II/C300 Mark II et Sony FS7 1740 (SmallRig Épaule Plaque de Base avec 15mm Pince de Tige LWS pour Canon EOS C100/C100 Mark II/C300 Mark II et Sony FS7: Amazon.fr: High-tech).

    Le chargeur n'est pas trop encombrant, en revanche l'alimentation secteur est quand même un peu imposante. Mais enfin, le tout tient sans problème dans un (gros) sac à dos Lowepro Flipside 500 AW II (avec deux batteries, un 70-200, un 85 mm et un 17-55 installé sur la caméra)

    Lowepro Flipside 500 AW II Camera Sac à dos - Noir: Amazon.fr: Photo & Caméscopes

    Tourner avec cette caméra est agréable, je regrette un peu l’absence d'un micro intégré à la poignée (à l'image de la C100 Mk II). Ici on dispose d'un simple microphone monaural, dans le boîtier, qui dépannera quand même beaucoup moins. J'aurais aussi préféré que la visserie soit totalement à main et que la machine soit un brin plus légère, mais tout cela n'a rien de rédhibitoire, on reste dans le léger, souple et confortable. c200-3-4av.jpg

    J'ajouterai que les filtres ND pilotés électroniquement sont un gros plus (on peut donc ajuster ces derniers via le Wifi intégré, ce qui peut être très pratique dans certaines situations).

    Dans les menus :


    L'interface est en progrès, si on compare avec une C300 Mk II, la gestion des LUT vers les différentes sorties disponibles (HMDI, cartes SD, SDI) est par exemple fort bien pensée. Tout est limpide, clairement présenté et personnalisable. Il est très simple de modifier les modes d'enregistrements, de basculer du MP4 vers les cartes SD au RAW vers la Cfast.

    On peut noter tout de même quelques petites erreurs de jeunesse.

    Outre la disparition du maintient du bouton « DISP » pour « booster » l'affichage du LCD (j'en parlais au-dessus), on peut aussi remarquer l’absence d'une fonction pourtant bien pratique : sur la C100 Mk II, il suffit de pousser sur le joystick du grip pour entrer dans un mode qui permet de se promener dans les différents paramètres (bdb, iso, vitesse), puis de les modifier à loisir.

    Ce fonctionnement a disparu avec l'arrivée de la C300 Mk II, et n'a malheureusement pas fait sa réapparition avec la C200. Il faut donc activer une touche dédiée (par exemple ISO) pour retrouver cette possibilité (on peut donc à nouveau se balader dans les paramètres avec le joystick, mais il s'agit de deux manipulations à la place d'une seule). C'est un petit rien, mais c'est tellement pratique à l'usage que j'espère que Canon réintégrera rapidement cette fonctionnalité.

    Le machine ne démarre pas non plus bien vite, et la balance des noirs me semble mettre un temps « infini » à se réaliser (si je compare avec la C100 Mk II). Bon, on parle là en réalité de quelques secondes de trop (ça ne pose pas de problème particulier à l'usage), mais on peut espérer que le code sera optimisé à l'avenir.

    Dans le même esprit, si on tourne en 25P MP4 et qu'on bascule en RAW, paf, on se retrouve par défaut en 50P... Il faut donc se méfier un peu (pareil, c'est du logiciel à finaliser).


    L'autofocus et l'écran tactile :


    C'est un des points forts de la machine. L'AF Dual Pixel est disponible sur la quasi totalité du capteur (la C100 Mk II ne proposait cela que sur la partie centrale, dans une zone finalement assez réduite), il est vraiment très bon, et on peut l'utiliser et le personnaliser de bien des manières.

    À mes yeux, il est encore plus performant que celui de la C300 Mk II (qui est déjà très efficace). La C200 permet de faire, comme avec la C300 Mk II, du suivi de visage (ou le tracking focus de ce que l'on veut), c'est compatible avec toute la gamme des objectifs Canon (cela fonctionne aussi avec des opticiens tiers c'est selon les objectifs).
    C'est un grand pas en avant par rapport à une C100 Mk II avec laquelle le suivi de visages ne fonctionne qu'avec quelques optiques STM. Notons qu'il est possible d'utiliser l'expand-focus pour contrôler le point, tout en utilisant la fonction de suivi de visage (ce qui ne marche pas avec une C300 Mk II avec laquelle c'est l'un ou l'autre).

    Avec l'écran tactile, il est bien sûr aisé de faire une bascule de point, on peut déterminer la vitesse et la réactivité de l'autofocus selon ses préférences. Le tactile permet aussi de s'affranchir des mollettes/joystick (comme sur la C300 Mk II) pour aller cibler une zone (c'est bien plus naturel et rapide), cet écran est vraiment une belle réussite. c200-3-4ar.jpg On peut personnaliser deux boutons pour retrouver un fonctionnement de ce type :
    Bouton A, j'active/désactive le tracking visage. Lorsque le suivi est désactivé, on fait le point via l'écran tactile.
    Bouton B, j'active/désactive l'autofocus continu, lorsque ce dernier est désactivé, je peux faire mon point en manuel (on peut utiliser, si on le souhaite, l'assistant de mise au point, un outil introduit avec la C300 Mk II, qui propose une aide graphique très efficace, permettant de guider l'opérateur lors de la mise au point).
    C'est un « combo » très utile en reportage, en docu, surtout si on aime jouer avec les grandes ouvertures.

    Le seul point négatif, c'est qu'en utilisant l'écran tactile, on peut imprimer des petites vibrations au corps de la caméra. Il est relativement simple des les éviter, par exemple en utilisant son pouce et en maintenant l'écran par l'arrière, avec les doigts disponibles.

    Remarquons que le support de l'écran a tendance à s'incliner légèrement au fil de l'utilisation, il faut donc 'rebuller' l'ensemble régulièrement (via la vis à main centrale), le support d'écran de la C300 Mk II pose le même problème (en pire, car la partie écran est beaucoup plus lourde).

    Un dernier point, il est possible d'utiliser l'écran tactile avec une C300 Mk II (il faut installer la dernière mise à jour). C'est un aspect que je n'ai pas encore testé, il me semble que c'est une bonne nouvelle, tant l'écran intégré d'origine est petit et l'usage des molettes/joystick pour faire la mise au point bien peu pratique, voire rédhibitoire.

    Le MP4, 8 bit :


    Sur le papier, le mp4 en 4:2:0 peut paraître un peu loin des standards actuels.

    L'image est en réalité très propre. Canon a vraiment fait du très bon travail, la compression, que ce soit en UHD (25 FPS : 100 Mbps - 50 FPS : 150 Mbps) ou en 1920x1080 (35 Mbps), est vraiment très bien optimisée. Je trouve que les images souffrent de moins d'artefacts que ceux rencontrés (parfois) avec une Sony FS7 (c'est une impression, pas un test rigoureux, la FS7 permet de faire de superbes images, mais il arrive que la compression laisse un peu à désirer). L'avantage c'est qu'on se retrouve avec des fichiers très légers, enregistrés sur des supports abordables (cartes SD).

    Dans la plupart des cas, le 8 bit 4:2:0 100 Mbps n'a pas à rougir de la comparaison avec le 10 bit 4:2:2 410 Mbps de la C300 Mk II (hors grading de l'extrême, ou situation complexe, par exemple lumières de scène proposant des dégradés de couleurs, et encore), bref, généralement, c'est plus que suffisant (les deux codecs se montent bien ensemble, ça ne pique pas les yeux).

    Bien sûr, le 10 bit de la C300 Mk II est meilleur, le rendu couleur est supérieur, c'est incontestable. Cependant, le 8 bit de la C200 ne démérite pas. Vraiment pas. Il faut donc relativiser cette histoire de quantification et de débit, à titre d'exemple, certains plans de Mad Max: Fury Road ont été tournés avec un bête 5D Mk II. On peut ne pas aimer le film, mais il me semble difficile d'en mépriser la direction photo.

    Il est bien sûr envisageable de sortir du 10 bit 4:2:2 en utilisant un enregistreur externe, mais cette possibilité sera réservé à la Full HD (l'UHD est proposée en 8bit 4:2:2 via la sortie HDMI).

    Il ne sera pas possible d'utiliser un autre espace colorimétrique que le BT-709, mais on pourra choisir différents gammas (Clog, Clog3, Wide DR, Normal... Le Clog2 n'est pas disponible dans ce mode d'enregistrement, ce qui me semble sage, compte tenu des limites du 8 bit). On peut aussi jouer sur les matrices couleurs (Neutre, Production Camera, Cinema EOS original et Video).

    C'est un peu dommage de ne pas pouvoir modifier l'espace couleur comme sur une C300 Mk II (et donc de ne pas pouvoir utiliser du BT2020, du Cinema Gamut ou du DCI), mais j'imagine que Canon a optimisé son MP4 4:2:0 pour du BT709... Les autres espaces couleurs sont en revanche bien sûr disponibles dans le mode d'enregistrement RAW (le Clog2 aussi), lors du développement.

    Il serait souhaitable, à l'avenir, de pouvoir retrouver les mêmes espaces couleurs sur toute la gamme, y compris en MP4. Il est cependant assez simple de « matcher » une C300 Mk II avec une C200, en passant par un brin de postprod.

    Le capteur S35 propose une belle dynamique, que ce soit en Clog (11 diaphs affirme Canon) ou en Clog3 (13 diaphs, pareil), la montée en ISO me semble un peu moins permissive qu'avec une C100 Mk II.

    Je trouve que le bruit est un peu plus présent, y compris en 1920x1080. Cela n'a rien de rédhibitoire, cette machine est vraiment très sensible et on peut sans problème jouer jusqu'à 6400 ISO, sans en passer par la réduction du bruit, en interne ou en post-production (selon les conditions, l'exposition, on peut même monter bien plus dans les ISO, mais c'est aussi une affaire de goût, chacun a son avis sur le niveau de bruit acceptable).

    J'en profite pour souligner que je trouve que la sensibilité nominale du capteur : 800 ISO donc, me semble être bien plus pratique à gérer que ce qui peut être proposé par un A7S ou une FS7. Si on aime tourner avec des objectifs qui ouvrent beaucoup, il est plus facile de trouver des compromis entre les filtres ND et le soleil que sur des sensibilités natives beaucoup plus élevées. Bien, sur, dans le noir, la problématique s'inverse, mais 800 ISO natif, ça reste plus qu'honorable.

    Notons que Canon permet, même en Clog, d'utiliser la sensibilité que l'on souhaite (on peut descendre sous l'iso natif, c'est certainement au prix d'une dégradation de la dynamique, mais parfois on n'a pas le choix... Sony ne propose pas cette souplesse en Slog).

    J'ai un peu testé le slow-motion, et même si la C200 n'est pas une Phantom, le 120 FPS en 1920x1080 me semble tout de même plus qu'exploitable. Bref, c'est un petit plus loin d'être négligeable, c'est facile à mettre en œuvre et le résultat est là (l'image souffre de quelques imperfections, mais c'est plus qu'acceptable).

    Pour l'instant, je n'ai pas été convaincu par les matrices « Neutre » et « Production Camera ». Je trouve par exemple cette dernière un poil trop saturée et rouge sur les tons chairs, j'aime assez la matrice 'Cinema EOS original', qui se veut être la représentation dans l'espace BT-709 du RAW d'une Canon C500. C'est pour le moment ce que préfère utiliser, en 8 bit, couplé au Clog3 (qui propose un bon compromis entre le Clog et Clog2 : cela reste simple à étalonner, et on dispose d'une dynamique à mi-chemin, 13 diaphs d'après le constructeur).
    Le preset Wide DR propose aussi de très bons résultats, si on ne souhaite pas étalonner ses images en post-production, et tout de même bénéficier d'une belle dynamique.

    Le RAW, 12 bit :


    Bon, là, c'est une toute autre histoire. 4K 25/50 FPS, 12/10 bit, 1Gbps.

    Sur une Cfast 2.0 256 Go, on enregistrera 30 minutes. Après, il faudra changer la bobine.;)

    Ce média est encore particulièrement cher, et toutes les Cfast 2,0 ne conviennent pas, il faut bien vérifier que la Cfast 2,0 est à la norme VPG-130. Pour le moment, le meilleur rapport qualité/prix est l'EgoDisk PRO 256 Go (300 euros). Il y a aussi la marque Angelbird qui propose un tarif « abordable » (une Sandisk 128 Go coûte environ 450 euros...).

    Il faudra aussi penser à investir dans de l'espace disque, outre les rushes en RAW, qu'il faudra bien stocker, de la place sera aussi nécessaire pour les fichiers convertis (développés) via le logiciel Canon : Cinema RAW Development.

    Pour l'instant Adobe ne propose pas une prise en charge du RAW Canon, on peut espérer que ça sera le cas bientôt (une intégration à l'image du Redcode dans Premiere). Il existe un plug-in Avid que je n'ai pas testé, on peut aussi utiliser DaVinci Resolve.

    Cinema RAW Development permet d'attribuer le gamma que l'on veut (Clog2, Clog3, BT-709, WideDR, le Clog n'est pas présent*), dans l'espace couleur que l'on décidera (BT-709, Cinema Gamut, BT-2020, DCI-P3). Le logiciel permet aussi de régler la balance des blancs et d'ajuster l'exposition. Il reste a exporter en DXP (10 ou 16 bits). Même sur une grosse machine, c'est une opération relativement longue et le poids des fichiers générés est considérable (on peut générer des proxys au tournage avec la C200, sur support SD).

    Il reste à importer les DXP dans une logiciel de montage, et éventuellement à appliquer une LUT 3D (je trouve que l'espace couleur Cinema Gamut et le gamma Clog3 proposent de bons résultats à l'export depuis Cinema RAW Development. On est libre d'expérimenter, d'explorer les différentes options, c'est le moment de se faire plaisir).

    Remarquons qu'on peut aussi développer en OpenEXR (ACES 1.0) ou en Apple ProRes 444 (seulement sur Mac). Il est regrettable qu'on ne puisse pas exporter en DnxHD, cela permettrait de pouvoir générer des fichiers un peu plus légers.

    La vraie question, c'est: "est-ce que ça vaut le coup ?" Ma réponse est oui, mille fois oui. L'image, comparativement à la sortie 8 bit MP4, est beaucoup plus riche, détaillée, fine et belle. Les possibilités d'étalonnage sont incomparablement plus grande. La dynamique est aussi meilleure (Canon affirme 15 stops, j'imagine en Clog2, ça me semble un brin optimiste). Et on peut changer d'avis autant que l'on veut (paf, finalement je vais sortir en BT-2020, modifier la bdb, l'expo, etc.).

    À mon sens, c'est à réserver à des produits haut de gamme, de la pub, du clip, un court métrage, lorsqu'on veut quelque chose de très léché. Compte tenu du prix des médias, de l'espace disque nécessaire, du temps de traitement et de la puissance de calcul à consacrer (dans le RAW, il y aussi le bruit du capteur, la caméra ne fera rien pour le diminuer), ça ne me semble pas vraiment adapté à du docu de 52 minutes. Bien sûr, rien n'est impossible, mais stocker des heures d'interviews en RAW, il faut en avoir vraiment très envie... C'est aussi une question de budget.

    Comme le MP4 8bit est très propre, plus que suffisant dans la plupart des cas, je pense que c'est un format d'enregistrement à ne choisir que lorsqu'on recherche l'excellence (et que le « juste bien » proposé par le MP4 voire le « très bien » n'est pas suffisant).

    Peut-être que lorsque le RAW Canon sera bien intégré dans Premiere, que les choses seront plus simples, fluides, je changerais d'avis (certainement même, sauter une étape, développer directement dans le logiciel de montage, ça change tout).

    Sur le plan qualitatif, j'ai déjà travaillé sur des fichiers RED, et il me semble que Canon n'a pas du tout à rougir de son RAW light.

    * : ça, c'est un peu dommage, on peut accepter de perdre en dynamique afin de pouvoir mieux matcher un tournage avec une C100 Mk II, mais on parle là d'un cas bien improbable, si on tourne en RAW, il y a une raison...


    L'énergie :


    Juste quelques mots pour souligner qu'il n'y a pas de clones des batteries Canon dédiés aux C200/C300 Mk II. Ces dernières ne sont pas données (prévoir 230 euros pour une petite BP-A30 de 3100 mAh 14.4 V). Cela peut être l'occasion de penser à de l'alimentation via V-Mount, Wooden Camera propose une solution pour la C200.

    L'avenir :


    Canon devrait proposer une mise à jour gratuite courant 2018.

    Au départ il était question d’intégrer du MXF 10 bit 4:2:2. Finalement il semblerait que ce sera du MXF 8 bit 4:2:0, même si pour l'instant il est encore permis d'espérer (ne rêvons pas). Il me semble que ce n'est pas si important, le MP4 convient déjà à une grande majorité des usages, et sinon il y a le RAW.

    J'espère que Canon améliorera le logiciel intégré à la caméra, en corrigeant les quelques petits points noirs. Si au passage ils ajoutaient une fonction ISO auto (avec des seuils à ne pas dépasser), ça pourrait faire le bonheur des utilisateurs de gimbal, de steadicam.

    Les objectifs :


    C'est une question qui revient souvent sur le Net, je vais tenter de donner quelques pistes.

    Je recommande le Canon 17-55 F2,8 IS, sur S35, il sera plus adapté qu'un 24-70, qui sera souvent bien trop long (en intérieur). Le Tokina 11-16 F2,8 est un très bon complément grand-angle.

    Un Canon 70-200 viendra idéalement compléter ce parc optique. Ils sont tous bons, si on ne veut pas faire de compromis, le 70-200 F2,8 IS II est superbe. Mais il est aussi lourd que cher, le F4 IS peut très bien faire l'affaire (l'ouverture manquera un peu sur le début du range, le bokeh est meilleur à F2,8, très beau dès 70 mm). On peut aussi s'orienter vers du non stabilisé, mais pour faire des plans à la main, c'est quand même compliqué.

    Le Canon 85 mm f1,8 est vraiment très bon, et pas bien cher. Et le 50 mm F1,8 est d'un redoutable rapport qualité/prix. Le 100 macro F2,8 IS est aussi une superbe optique (l'AF Canon, en vidéo, est moins performant avec ce dernier, mais c'est exploitable).

    Je recommande aussi chaudement le Canon 18-135 IS STM. Certes, cette optique n'ouvre pas beaucoup (perso, je bloque le diaph à F5,6 et j'expose en jouant sur les ISO), mais elle propose une souplesse d'utilisation qui peut s'avérer bien pratique, en reportage, dans une ambiance run&gun. Dans le même esprit, il ne faut pas mépriser le Canon 55-250 IS STM, le poids est ridicule (ce n'est pas la même chose de trimballer un 70-200 F2,8 IS toute une journée), les résultats sont très honorables (le rapport qualité/prix est là, et le range est très adapté au Super35).

    Bien sûr, il y en a plein d'autres, y compris chez des opticiens concurrents, qui sont très bons. Il est important de vérifier qu'ils fonctionnent bien avec l'AF de la C200, ce serait à mon avis dommage de se priver d'un des points forts de cette machine (j'ai eu des problèmes avec un Tamron 17-50 F2,8, l'autofocus n'était pas exploitable). Rien n'empêche évidemment d'utiliser des optiques dépourvues d'AF, par exemple j'aime beaucoup le 50 mm Super Takumar F1,4.

    Conclusion :


    La C200 est une superbe machine. Elle permet de faire beaucoup de choses, du RAW très qualitatif au 8 bit plus qu'honorable sur du média pas cher, en passant par du slow-motion, elle peut se monter sur un gimbal ou un drone (prévoir une grosse machine), propose certainement le meilleur autofocus du marché, une belle dynamique, une très bonne sensibilité. Avec son écran tactile et les filtres ND intégrés, c'est un engin très efficace (voire, redoutable).

    Elle reste relativement compacte et maniable et dispose de tout ce qu'on peut attendre d'une caméra pro (XLR, viseur, zebra, peaking, log, relay card, sdi, etc.). Son plus grand défaut est certainement le tarif de sa batterie (et des accessoires en général, il vaut mieux ne pas perdre le câble de liaison vidéo), mais ça me semble être un aspect que l'on peut dépasser assez facilement, compte tenu des points forts proposés par ailleurs, pour peu qu'il s'agisse d'un usage professionnel.

    Pour une fois, Canon s'est assez bien positionné sur le plan du prix. On peut négocier cette caméra entre 6500 et 7500 euros HT. Cela me semble être un tarif raisonnable pour une petite société de production, qui ferait du essentiellement du corporate ou de la prod pour le net, avec la possibilité de pouvoir monter en gamme, ponctuellement, si besoin. Bien sûr, j'ai bien conscience que pour un amateur passionné la facture peut paraître salée.

    Voilà, c'est la fin de ce « petit » retour. Je suis désolé de n'avoir pas le temps de mettre des rushs à disposition ni d'agrémenter ce texte de photos. On trouve tout cela assez facilement sur le net (tests de la sensibilité, du RAW, de la dynamique, etc.). J'espère que cela répondra à certaines interrogations, j'ai essayé d'évoquer un maximum d'aspects.

    Merci à Michel pour la relecture et la mise en forme.

    Greg


    Les produits cités dans l'article :

    Base plate SmallRig : SmallRig Épaule Plaque de Base avec 15mm Pince de Tige LWS pour Canon EOS C100/C100 Mark II/C300 Mark II et Sony FS7: Amazon.fr: High-tech
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    Au passage, des liens Canon USA, très intéressants, si on est à l'aise en anglais :

    Camera Overview



    Setting Up for Shooting – Part 1


    Setting Up for Shooting – Part 2



    Audio Setup


    Shooting with the Camera


    Dual Pixel CMOS Autofocus Features


    Special Recording Modes & Browser Remote


    Cinema RAW Light & Post Production
    The Canon Cinema EOS C200 and C200B Video Training Series: Cinema RAW Light & Post Production - YouTube
    Roland57, CyberZorglup, bcauchy et 5 autres Repairenautes ont recommandé ce message.

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Dernières évaluations

  1. Roland57
    Roland57
    5/5,
    Bonjour à tous,
    Un autre utilisateur de la C200 pourrait-il me dire s'il existe des formations "courtes" à l'utilisation optimum de cette caméra. Je suis prêt à me déplacer en région parisienne pour 24h et apprendre. Merci de vos retours
    Roland
  2. CyberZorglup
    CyberZorglup
    5/5,
    Excellente analyse, et au passage j'ai appris plein de choses.
    Merci,
    Gérard.
  3. AQW333
    AQW333
    5/5,
    Énorme retour...précieux et plein de détails.
    Bravo !
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