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Le Sony QX100 en test terrain, un concept perfectible

Le QX100 est un 'objectif intelligent' sorte de compact photo-video sans viseur au capteur 1 pouce et aux caractéristiques globales héritées du RX100 Mark II.

Publié par Michel le 22 Avril 2014 dans Tests
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  1. Michel

    thumb Sony-DSC-QX100


    Le QX100 est un "objectif intelligent" sorte de compact photo-video sans viseur au capteur 1 pouce et aux caractéristiques globales héritées du RX100 Mark II. Qu'en est-il de l'usage réel du QX100 ? Fait il réellement bon ménage avec le smartphone ? Peut-il remplacer un compact ? Quelle fiabilité ? Ce sont ces questions qui sont à l'origine de ce test d'usage.

     La sortie de ce smartlens avait piqué ma curiosité (voir l'article sur le Repaire) et après la mise à jour firmware qui autorise désormais la Full HD sur ce QX100, je voulais en savoir plus sur sur l'usage possible et sur la validité du concept au delà de la qualité d'image déjà reconnue et commune avec le RX100 Mark2 qui connait un grand succès commercial.

    Conditions de l'essai

    En liaison avec un smartphone android Samsung Galaxy S2. Durée du test plusieurs semaines.

    Caractéristiques techniques du QX100 (identiques pour l'essentiel à celles du RX100 Mark II)
    - capteur CMOS 20.2 Mpix 1" Sony Exmor 
    - optique zoom Carl Zeiss Vario-Sonnar T 3.6x (28-100mm) f/1.8-4.9
    - processeur d'image BionX
    - stabilisation optique
    - contôle manuel (limité) en photo, inexistant en vidéo
    - emplacement mémoire Micro-SD
    - Connexion NFC and Wi-Fi

    Le QX10, quant à lui dispose d'un capteur 2/3" nettement plus petit et d'un zoom moins lumineux, 

    Qualité de l'image

    Sous le rapport de la qualité d'image, le QX100 ne craint guère la concurrence des smartphones, ni des actioncams, il n'y a même pas de comparaison possible, y compris avec les meilleurs d'entre eux du fait de l'optique soignée notamment.

    On peut se reporter aux essais du RX100 pour s'en faire une idée tout en sachant que la version QX est encore un peu meilleure en sensibilité et signal bruit. C'est sans conteste l'aspect le plus favorable du QX100. Des images fines, détaillées, un rapport signal-bruit très honorable y compris en basse lumière.

    - Certes on peut lui reprocher de ne pas permettre la photo en RAW puisque la capacité des micro-sd d'aujourd'hui autorise largement le poids de ces images... C'est simplement dommage mais on peut vivre avecça

    Sony-QX100-bokeyLe flou d'arrière plan à F4.9 au 100m-  On va sûrement encore grogner sur le fait que la vidéo ne comporte aucun réglage possible si bien qu'on est dans le mode du tout auto avec les aléas que cela comporte. Le minimum acceptable serait de pouvoir disposer d'un réglage de l'exposition comme pour la photo. Même les smartphones le permettent !

    -  On peut aussi trouver à redire sur le fait de n'avoir qu'une faible course de zoom de x3,5 au vu de l'encombrement de l'engin. Bon...

    -  On va enfin évidemment contester la réalité de l'argument de la faible profondeur de champ possible car en pratique en grand angle même à F1.8 tout a tendance à rester net et qu'en focale "longue" (équivalent 100mm) le diaph est déjà au moins à F4.9 soit pas franchement la meilleure ouverture pour bien différencier les plans. 

    Note
    C'est un point qui est du reste valable pour tous les appareils dont le capteur est de dimension 1 pouce (Nikon 1, RX100 etc.) Seuls ceux qui peuvent recevoir (ou plus rarement qui ont en standard) une optique très ouverte en position téléobjectif (c'est le cas par exemple du Sony RX10 qui possède une optique fixe à ouverture constante de F.2.8) peuvent prétendre bénéficier d'une profondeur de champ réellement plus réduite.

    Retenons cependant que globalement pour ce qui est de la qualité de l'image le QX100 ne déçoit pas.

    Ergonomie

    Sony-QX100-mode-separeJPGIl faut malheureusement 2 mains pour faire un réglage sur le smartphonePasser par le smartphone pour les réglages ok. C'est un peu l'idée de base du concept. 

    L'idée (séduisante et c'est celle qui a déclenché mon intérêt) de désolidariser la visée et le cadre réel (le mobile dans une main et l'appareil de l'autre) ne résiste en revanche guère à l'épreuve de la réalité pour la photo sauf à mettre le QX100 sur un pied quelque part ou bien d'accepter de rester en full auto.
    Si à la limite, on peut en effet comme cela faire un cadre approximatif il faut évidemment les deux mains pour faire le moindre réglage sur le smartphone. Par exemple pointer une zone pour y ajuster le point (push focus) par exemple ou compenser un contre jour. 

    Les images que j'ai ramenées de mes tests avec le QX100 sont en moyenne nettement plus mal cadrées et plus "débullées" (horizon de travers) que ma moyenne habituelle. Au passage cela laisse penser qu'un dispositif du même genre mais en 4K permettrait probablement de recadrer sans perte et d'obtenir ainsi un Full HD convenable.

    A l'aveugle complet (smartphone dans la poche) on peut déclencher et obtenir une photo mais il est tout de même bien difficile d'assurer le cadre ou le point dans ces conditions sans aucun contrôle visuel.

    Point positif, le stabilisateur optique fait un bon travail et rend possible avec un peu de soin la prise "à bout de doigts". C'était un des points que j'avais souhaité vérifier. 

    Bon alors puisque la vidéo, elle, ne comporte aucun réglage, du coup ça devrait être faisable. On devrait pouvoir déclencher l'enregistrement vidéo et cadrer un peu approximativement en faisant confiance aux automatismes
    Sauf que non
    Pour la vidéo eh bien on ne peut carrément pas la déclencher depuis l'objectif lui-même. Elle ne démarre que depuis le smartphone. Peut-être dans une future version avec un switch photo/video harware sur l'objectif ?

    Souplesse dans les angles de prise de vue
    Bon  ce concept de cadre contrôlé au smartphone introduit une dimension très mobile qui stimule effectivement la créativité et augmente les possibilités. Le fait de conserver le cadre sous ses yeux peut représenter un avantage indéniable dans certains cas. 

    Si on fixe le QX100 au bout d'un mini trépied ultra léger par exemple on peut s'offrir des travelling à raz de terre très convaincants sans craindre la lombalgie en cadrant.

    On dépend alors cependant de la lisibilité de l'écran du smartphone et ceux ci sont très loin de s'équivaloir. Celle de mon téléphone n'est clairement pas idéale en plein jour...

    Relativisons enfin de toute façon cet avantage car la visée par wifi a tendance à se généraliser désormais et sera certainement  à la portée de tous les compacts dans l'avenir (déjà le cas pour le RX100-2. Ce ne sera alors plus un avantage spécifique des smartlenses comme le QX100.

    Autofocus

    L'autofocus fait son job avec suffisamment de précision et de rapidité pour la photo mais est affligé d'une course parfois un peu brutale pour la vidéo.  
    Quant à la mise au point manuelle, la bague sans fin qui est disponible pour cela a vite fait de nous dissuader d'essayer.

    Autonomie

    J'ai fait l'essai d'aller au bout de la batterie lors d'une visite au zoo. La batterie a tenu environ 2 heures puis la led de contrôle d'enregistrement s'est mise à clignoter sur l'appareil. 
    2 heures c'est très honorable en soi.  Insuffisant toutefois dans beaucoup de situations. La solution sera alors d'investir dans une seconde batterie qu'on aura préalablement chargée aussi.

    Déconnexions

    Pendant les deux heures d'essai en continu, le nombre de déconnexions sauvages entre l'appareil et le mobile s'est élevé à 7. A chaque fois c'est une occasion perdue d'un plan sympa et cela met la patience à l'épreuve. De plus systématiquement une fois la connexion rétablie il faut prendre soin de revenir en mode vidéo car les paramètres précédents ne sont pas conservés.

    Délai à la mise en fonction

    Passons sur le délai de mise en route qui est vraiment loin d'être négligeable. car il faut 
    - mettre en route l'appareil lui-même
    - démarrer l'application Sony sur le smartphone
    - attendre la connexion même si elle a déjà été paramétrée
    - passer en mode vidéo et déclencher depuis l'écran du téléphone.
    En tout il est bien rare d'être prêt en moins d'1 minute si quelquechose se présente inopinément. Et ce délai a toutes les chances d'ôter la motivation (voire même le sujet lui-même)

    Décalages (lags) imprévisibles à l'affichage du live view

    C'est là que les choses se gâtent véritablement. Le décalage temporel entre la visée à l'écran et le sujet en vue directe va du "un peu ennuyeux mais supportable" au "super pénible". 
    Je n'ai pu que constater même à certains moments des décalages de plusieurs secondes, très démoralisants qui créent une confusion totale sur ce qui a été enregistré réellement. En effet si on déclenche l'enregistrement par rapport à une situation qui a déjà ne serait-ce qu'une demi-seconde de retard par rapport à la réalité du sujet qui bouge on est déjà largement dans les choux...

    De quoi dépendent ces décalages ?
    Il ne s'agit pas principalement du réseau wifi lui-même puisque les soucis se remarquent également dans des endroits où c'est très calme question wifi. Cela semble plutôt en relation avec la complexité de l'image et de l'ampleur de ses mouvements. Par ailleurs les délais ont tendance à s'accumuler au fil des prises de vue lors de déclenchements successifs.
    Le processus implique des temps de traitement:
    - les temps de traitements liés à l'encodage des données, 
    - ceux liés au transfert des données 
    - ceux liés au décodage 
    - ceux liés à l'affichage des données dans l'application Tout cela constitue un processus compliqué et manifestement bien difficile à optimiser sur 2 appareils différents.

    Puisque la technologie du processeur utilisé par Sony a fait ses preuves par ailleurs sur les RX100 et sur d'autres modèles, j'ai tendance naturellement à accuser l'autre maillon (le téléphone) mais aussi le concept qui oblige à compter avec.

    Dans la pratique une telle absence de fiabilité dans le délai de traitement conduira immanquablement au renoncement pour filmer. Elle introduit une trop grande part à de l'aléatoire.
    Le souci est qu'il est bien difficile de prédire quel sera le comportement de l'engin la prochaine fois qu'on aura l'ambition de compter dessus pour filmer le petit dernier.

    Dans le cas de mon essai le maillon faible était donc très certainement le smartphone puisque le Samsung Galaxy S2 utilisé est bien sûr moins rapide que les smartphones haut de gamme d'aujourd'hui et de demain. Mais du coup même dans cette hypothèse cela introduit à tout le moins un coût supplémentaire caché.

    Je conseillerais donc à ceux qui envisagent cet achat de faire préalablement un essai d'1/4 d'heure avec le smartphone qu'ils comptent utiliser avec une scène qui comporte des mouvements. Juste histoire de vérifier si au bout d'un quart d'heure de déclenchements et d'arrêts de l'enregistrement vidéo le smartphone sait encore où il habite ou si sa mémoire s'étouffe.

    Et pour partager sur les réseaux ?

    Une autre manière de voir les choses serait de souligner la liaison avec le mobile comme facilitant le transfert vers des facebook ou autres réseaux sociaux.
    Hélas si le transfert des images est activé on n'a alors plus aucune sorte de réactivité possible par rapport à la scène car il s'écoule un temps énorme entre deux déclenchements successifs. On en revient donc immanquablement au transfert après la séance ou au transfert de la carte mémoire directement sur l'ordinateur.
    Avantage annulé donc par la pesanteur du process. Sous ce rapport un compact complet connecté en wifi comme tous ont tendance à le devenir fera largement aussi bien l'affaire.


    Quid de la compacité ?

    Cet argument tourne lui aussi au désavantage du QX100 si on le compare à un RX100 par exemple.
    L'encombrement du QX100 est quand même bien réel et seules de très grandes poches peuvent accepter ce cylindre de presque 6 cm de diamètre (plus petite dimension = 5,6 cm) et dans un sac un RX100 complet et prêt à l'emploi beaucoup plus rapidement est bien plus logeable.

    Notons que sur ce point le QX10, lui, nettement moins épais, peut revendiquer une meilleure compacité.

    QX10 profondeur 3.3 cm 
    RX100 profondeur 3.6 cm

     Sony-QX100-et-QX10 sony-qx100-et-rx100 
     Le QX10 moins cher et plus compact dans le sac Pas si compact au final le QX100... 

    Conclusion: 

    L'idée m'avait paru intéressante au premier abord mais force m'a été de constater que les inconvénients cumulés liés à ce type de dispositif le rendent vraiment trop précaire pour un usage courant. Un compact complet avec écran sera plus intéressant et pas plus encombrant au final ( voire même moins) 
    L'absence de tout réglage en vidéo (donc la faible qualité de l'application Android de pilotage) ajoutée au fait de devoir dépendre entièrement du smartphone pour cadrer relègue de fait le QX100 au rang de gadget au moins pour ce qui concerne la vidéo. L'ergonomie ainsi créée comporte beaucoup trop de contraintes pour être acceptable. En y réfléchissant, je n'ai même pas trouvé d'usage pour lequel le QX100 fasse une vraie différence exclusive surtout depuis que les compacts complets se sont mis à être également pilotables depuis des applications smartphones.

    Reste qu'on le trouve maintenant à des prix inférieurs à 300€ quand le RX100 2 passe lui maintenant sous la barre des 500€
    Rendons cependant hommage aux ingénieurs de Sony d'essayer de sortir des sentiers battus, on ne va quand même pas se plaindre qu'un constructeur prenne des risques.. Souhaitons peut-être une future version plus convaincante ?

     Michel

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