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Le HDV ?...mais c'est très simple.

Une approche simple, pédagogique et vulgarisatrice de la vaste question du HDV

Publié par JLH 37 le 19 Octobre 2005 dans Autres articles
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  1. JLH 37

    Une approche simple, pédagogique et vulgarisatrice de la vaste question du HDV : qu'est-ce que le HDV ? Comment cela se passe en montage ? Quelle config adopter en pratique ? Quelle diffusion possible ? 

     

    Cet article est une synthèse de l'expérience concrète accumulée par un utilisateur averti bien connu désormais des Repairenautes acharnés du HDV. Merci à Jean-Luc de cette approche simple et pédagogique de cette question. :-) MR

     
    Le titre de ce document se veut être un clin d'oil à une série célèbre d'ouvrages de vulgarisation mais il aurait aussi bien pu s'appeler « le HDV pour les nuls » en référence à une autre édition non moins célèbre.

    Tout ça pour dire que ce qui va suivre va tenter de faire un récapitulatif sur l'utilisation de la chaîne HDV afin de répondre aux principales et premières interrogations qui reviennent le plus souvent sur ce forum. Dans la mesure où un caméscope comme le HC1 est en train de « démocratiser » ce format, de nombreux utilisateurs (ou futurs utilisateurs) se demandent si il est possible d'utiliser et de monter du HDV comme il pouvait le faire avec le DV et sans investir dans une station de montage digne d'un studio de productions hollywoodiennes.

    La réponse est oui, mais il y a quand même un certain nombre de règles simples à connaître et à comprendre pour éviter les déceptions et les galères à n'en plus finir.

     

    Qu'est ce que le HDV ?

     

    Le standard HDV a été défini par un consortium composé de Sony, JVC, Canon et Sharp.

    Le HDV existe en deux tailles et deux cadences d'images pour l'Europe. Son rapport L/H est toujours de 1,77, soit au format 16 :9. La compression colorimétrique est en 4 :2 :0 comme le DV.

    - Le 1080i dont la résolution est de 1440x1080 anamorphosé (reprenant sa taille de 1920x1080 à la lecture) et images entrelacées à 25 i/s. C'est la norme adoptée par Sony et Canon. Toutes les stations de montage capables de traiter le HDV savent fonctionner sous ce format.

    - Le 720P dont la résolution est de 720x1280 et images progressives à 24 ou 25 i/s. C'est la norme adoptée par JVC. Là, cela se complique un peu car (à l'heure où j'écris ces lignes) tous les logiciels ne savent pas traiter ce format dans leur version de base. Suivant les logiciels, soit il faudra attendre un plug-in de mise à jour, soit acheter un plug-in payant qui apportera de toute façon de meilleures performances générales comme nous le verrons plus loin.

     

    Donc, si on opte pour une caméra JVC, il vaut mieux se renseigner avant pour savoir avec quoi il sera possible de faire les acquisitions, le montage et le réexport sur bande.

    Lors de la prise de vue, le HDV s'enregistre sur des cassettes mini dv et, même si il existe des bandes « spéciales HDV » les supports magnétiques classiques donnent d'excellents résultats. L'utilisation de ces bandes spéciales n'améliorera en aucun cas la qualité de l'image (nous sommes sur des signaux numériques). Leur utilisation est censée apporter une meilleure fiabilité vis-à-vis du risque de drop-out et une rémanence magnétique plus importante pouvant sécuriser l'archivage dans le temps.

    Les Repairenautes ont bien souvent témoignés qu'ils s'en tiraient parfaitement avec les bandes normales. Donc, pas d'inquiétude à ce sujet.

    Les bandes tournent à la même vitesse qu'en DV (vitesse d'enregistrement standard SP) avec un débit de données enregistrées identique pour le 1080i et inférieur en 720P. Mais le signal enregistré est totalement différent de celui du DV car il est basé sur une compression mpeg propre au HDV : le mpeg-2 TS (Transport Stream) et on parlera souvent de fichier m2t ou encore de HDV natif. Ceci est une particularité importante à retenir pour la suite des opérations.

    Souvent il est question de « downconversion ». En effet il est possible d'utiliser et de produire du DV avec une caméra HDV et ceci de deux façons :

    - Filmer, capturer et monter en DV comme avec n'importe quelle caméra fonctionnant sous ce format. A part quelques cas particuliers il n'y a absolument aucun intérêt à le faire.

    - Filmer en HDV puis, lors de l'exportation sur ordinateur, faire exécuter à la caméra une reconversion en DV afin de monter dans ce format. C'est la fameuse « downconversion ». Elle présente un double intérêt quand on ne peut pas monter en HDV. Premièrement, la qualité des images est bien meilleure que si l'on avait filmé directement en DV (du moins en tout cas si on reste en 16/9ème car on exploite alors les possibilités du capteur). Deuxièmement, les rushes sont conservés à leur plus haute résolution et pourront éventuellement resservir pour un montage HDV ultérieurement.

    Concernant cette fonction de reconversion en DV toutes les caméras n'offrent pas la même chose :

    - La HD 100 (JVC) ne sait pas le faire à travers la prise IEEE 1394 (Firewire) mais seulement par les sorties composantes (en analogique). Il faudra donc se munir d'une interface appropriée pour la capture sur ordinateur.

    - Chez Sony, la FX1 et la HC1 pourront reconvertir uniquement en 16 :9. La Z1 et la A1 proposent en plus une reconversion en DV 4 :3.

    - La Canon XL H1 possède cette fonction via l'IEEE 1394, comme Sony, mais je ne crois pas qu'elle puisse recadrer en 4 :3. A vérifier.


     

    Mais maintenant passons aux choses sérieuses : le montage en HDV.

    Pour bien comprendre les particularités du montage en HDV et ce qui en découle il y a un certain nombre de notions incontournables qui doivent être comprises.

    Nous avons vu que le HDV natif était basé sur une compression de type mpeg2. Ce mode de compression repose (pour résumer) sur le fait qu'entre deux images clés contenant la totalité de l'information, il y a un certain nombre d'images dont l'information n'est pas complète et qui sont interdépendantes entre elles dans le processus de reconstitution d'une image normale. Cet ensemble formé d'images clés et d'images intermédiaires est appelé GOP (Group Of Picture)

    Ceci a deux conséquences pour le montage :

    - Lors du travail sur le film, le logiciel et l'ordinateur doivent reconstituer en permanence les informations manquantes sur les images intermédiaires ce qui est très gourmand en ressources de calcul et en mémoire vive.

    - Si bon soit-il en première génération, le mpeg-2.ts est assez destructeur dès que l'on fait des recopies. Or le rendu des effets génère de nouveaux fichiers dont la qualité va être altérée.

    La conclusion de tout ça est pour moi que le HDV natif est fait pour la prise de vues des rushes mais n'est pas adapté au montage.

    J'en vois déjà sauter sur leur clavier pour m'agonir de sottises et m'expliquer que certains logiciels proposent le montage en natif, leur fabricant en faisant même un gage de qualité. Mais si on y regarde de plus près, tous ces logiciels ont généralement un coût peu élevé incompatible avec la technologie et/ou le prix d'une licence engendrée par l'utilisation d'un codec intermédiaires spécifique au montage.

    Outre le risque d'engendrer une dégradation, on se trouve face à un paradoxe total. Pour faire tourner de façon (peut-être) satisfaisante un petit logiciel bon marché il faudra investir sur une machine informatique dont la puissance et le coût sont totalement décalés par rapport au dit logiciel. Est-ce bien raisonnable.

    L'autre solution de montage consiste à utiliser un codec intermédiaire. L'opération ne consiste pas à recompresser le HDV afin de rendre le fichier plus léger, comme on l'entend parfois, mais à faire exactement l'inverse. Si l'on prend l'exemple du codec Cineform, après reconversion les fichiers pèseront environ trois fois plus lourd que l'original. Mais cela évite les deux inconvénients que nous avons vus pour la manipulation de fichiers m2t :

    - Chaque image redevient indépendante et l'ordinateur sera donc moins sollicité et nécessitera une puissance et une taille de RAM moindre pour exécuter les opérations de montage.

    - La très haute qualité de ces codecs et leur effet destructeur très faible permettent des calculs d'images multi générations n'engendrant quasiment aucune perte de qualité.

    Pour le vérifier j'ai réalisé l'expérience suivante :

    A partir d'un rush HDV très difficile à encoder (mouvement d'eau autour d'une barque) j'ai fait plusieurs générations avec recalcul de l'image d'une génération à l'autre.

    En natif on distingue des blocs de compression dès la troisième génération. Je me suis arrêté à la cinquième car cela devenait trop voyant.

    Avec le codec Cineform de la mise à jour gratuite de Première, je suis allé jusqu'à la dixième génération de rendu sans pouvoir faire de réelle distinction entre le rush original et celle-ci.

    Avec le codec Canopus HQ le résultat a été le même.

    Conclusion : il est beaucoup plus sécurisant, dans l'état actuel de la technique, d'utiliser ce principe. Il est mis en ouvre dès la capture, le logiciel faisant automatiquement la conversion.


     

    Passons maintenant directement à la pratique.

    Quelle configuration adopter. Comme on l'a vu, le HDV diffère totalement du DV dans ses exigences de montage. La taille de l'image est environ quatre fois plus grande et un certain nombre d'encodages spécifiques vont être nécessaires. Ceci pour attirer l'attention sur le fait qu'une station qui ne répond pas au cahier des charges minimum donné par les producteurs de logiciels va vite entraîner de nombreux tracas et des galères pas possibles.

    Tout d'abord, si l'on travaille sous Windows XP, il faudra impérativement opter pour la version SP2 car seul celle-ci reconnaît automatiquement les caméras HDV. De plus, les logiciels (ou leur mise à jour HDV) ont été optimisés pour cette version.

    Voici une configuration que j'utilise depuis huit mois pour monter en HDV 1080i sans aucun souci :

    Configuration utilisée

    • Processeur Pentium 4, 3,2 GHz FSB 800 Hyper-Threaded.
    • Carte mère P4P800 deluxe.
    • Mémoire vive 1 Go PC 400.
    • Deux disques durs UDMA 133 7200 t/m.
    • Carte graphique ATI Radeon 9600 Pro (256 Mo de RAM)

    C'est donc de cette configuration dont il s'agira pour les considérations utiles et les chiffres qui vont suivre.

    Le logiciel de montage utilisé est Adobe Première Pro 1.5.1.

    Avec Première on va utiliser le codec Cineform. La mise à jour gratuite fonctionne parfaitement mais on ne peut pas parler véritablement de temps réel. Elle sera satisfaisante pour se faire la main en HDV ou si l'on monte des films sans utiliser beaucoup d'effets. A noter que les fichiers générés par cette version ne sont pas compatibles avec After Effects.

    La capture n'est pas en temps réel car il faut attendre que la décompression des rushes se fasse. Ici cela prend environ 40% du temps en plus par rapport à la durée des rushes capturés.

    Lors du réexport sur bande il faudra aussi attendre que le logiciel retranscode en m2t. Pour 2 minutes de film cela prend 8 minutes 40 secondes.

    Deuxième possibilité avec Première: acheter le codec Aspect HD (499 dollars) nettement plus performant.

    Les fichiers seront acceptés par After Effects.

    La durée de capture tombe à 30% de temps en plus.

    Le temps de calcul du fichier m2t pour réexport est identique.

    Mais le véritable confort apporté par Aspect HD est le temps réel. Sur une scène avec un titre et deux incrustations cela passe. Alors que la version gratuite commence à saccader sur un simple fondu enchainé.

    Autrement dit, sur un montage « classique » ne nécessitant pas un nombre de couches important l'agrément de travail est ici identique au dv.

    Signalons aussi que le plugin Cineform est disponible également pour Vegas de Sony.

    Un rapide bilan sous Edius Pro3 dont j'ai pu tester une version d'évaluation.

    Ici le codec intermédiaire est fourni (gratuitement) par Canopus, il s'agit de Canopus HQ. Il travaille lui aussi (comme Cineform) en 4 :2 :2 ce qui peut être intéressant sur des travaux colorimétriques. Evidemment cela n'améliorera pas le rush de départ qui, rappelons le, est en 4 :2 :0. J'ai laissé les réglages du codec par défaut et les fichiers générés après capture pesaient environ trois fois le poids de l'original en natif.

    Ayant fait rigoureusement le même montage que ci-dessus avec Première on observe les résultats suivants :

    Bonne surprise à la capture : celle-ci s'effectue en temps réel sans aucune attente pour le transcodage.

    Le temps de calcul du fichier m2t pour export sur bande passe à dix minutes.

    Le temps réel est un peu moins performant qu'avec Aspect HD. Une scène avec une incrustation et un titre ça passe. Si on rajoute une incrustation supplémentaire cela ne marche plus.

    J'ai fait une tentative de montage en natif, possible avec ce logiciel, mais le moindre rajout de titre bloquait net la lecture. Je n'ai pas insisté.

    Les autres

    Pour la forme j'ai voulu essayer deux « petits » logiciels annonçant fièrement leur capacité à monter du hdv natif. Il s'agissait de Magix Videodeluxe et Eve2 de Mainconcept. J'ai vite rebroussé chemin car même la simple lecture d'un rush sur la time-line posait problème.

    Par contre il existe d'autres logiciels plus conséquents et qui semblent donner satisfaction à leurs propriétaires : Ulead, Vegas, Avid-Pinnacle et, pour Apple, FCP 5. Pardon si j'en oublie. Nul doute que des Repairenautes utilisateurs nous ferons partager leur expérience sur ceux-ci.

    En tous cas l'offre est copieuse et chacun pourra y trouver son bonheur selon ses goûts et habitudes de montage avec telle ou telle marque.


     

    Et maintenant LA question : le HDV on en fait quoi ?

    Bon d'accord, on a vu que la prise de vues et le montage sous ce format étaient finalement très abordables mais quels bénéfices allons-nous pouvoir tirer de nos films en HDV dans la mesure ou celui-ci ne peut pas être diffusé et visionner couramment sur le matériel actuel.

    Nous allons laisser de côté le débat d'une utilisation professionnelle qui pourrait nous mener assez loin et serait hors propos vis-à-vis des personnes à qui s'adressent ces lignes. Restons donc du côté des amateurs amoureux de belles images pour envisager plusieurs aspects de la réponse.

    Si vous souhaitez visionner vos films en pleine résolution de façon courante avec tous types de matériel grand public, passez votre chemin. Il vous faudra attendre encore quelques années pour que ce rêve devienne réalité.

    Par contre, si vous souhaitez améliorer de façon spectaculaire les résultats par rapport au DV, là, l'objectif n'est plus le même et le raisonnement est tout autre.

    Le DV a une résolution en 720x576 ce qui signifie qu'à l'heure actuelle il est souvent en dessous du potentiel proposé par nombre d'écrans ou de projecteurs vidéo. Ceci veut dire qu'en alimentant ces écrans ou projecteurs avec une résolution qui leur est supérieure le gain en qualité est visible instantanément. C'est pourquoi nous lisons fréquemment sur les forum l'enthousiasme des utilisateurs découvrant leurs premières images HDV sur leurs installations.

    Pour une fois l'amateur dispose d'une source dont la qualité est supérieure à celle de la diffusion. Certains esprits chagrins en font un argument à l'encontre du HDV. Eh bien moi je trouve cela absolument génial. Pour deux raisons :

    - On aura la certitude que, quel que soit l'écran ou le projecteur utilisé, celui-ci sera exploité au mieux sans limitation due au format de la source.

    - Au fur et à mesure de l'évolution de ce matériel de diffusion, nos films seront de mieux en mieux traités et nous les visionneront toujours avec plaisir puisque ce sont eux qui sont à la définition maximum. Ceci assure quand même une pérennité certaine quant à la satisfaction d'utilisation du HDV.

    Le seul bémol est le support de lecture qui ne peut être que le caméscope lui-même (ou bien un magnetoscope HDV de salon comme ceux de Sony ou JVC) ou un ordinateur. Mais le DVD-HD et le Blu-Ray pointent le bout de leur nez et vont bien finir par nous envahir un jour ou l'autre.

    Mais il y a une autre approche, tout aussi importante, qui va aussi nous permettre d'obtenir une amélioration notable par rapport au DV. C'est la réalisation de DVD en définition standard (donc diffusables et lisibles partout) en partant d'un métrage monté en HDV.

    Un encodage mpeg bien réalisé à partir d'une source HDV va déboucher sur une qualité d'image venant flirter avec celle que l'on trouve sur les DVD du commerce et très supérieure à celle obtenue à partir d'une source DV. A titre personnel, c'est cette raison qui me fait utiliser maintenant de façon systématique la prise de vues et le montage en HDV.

    En plus on gagne sur les deux tableaux car cela permet de proposer de simples DVD dans une très bonne qualité, et les masters conservés sur bande pourront être ressortis en DVD HD lorsque celui-ci se sera répandu. Donc, là encore, gain en qualité et en pérennité, ce qui n'est pas si facile avec la vidéo.

     

    Conclusion

    Nous voici arrivés à la conclusion de ce petit voyage à travers l'univers du HDV. Ce que l'on pourrait retenir c'est que ce nouveau format apporte beaucoup plus de satisfactions que de complications pour peu que l'on choisisse des solutions simples mais éprouvées. Et elles existent déjà, nous l'avons vu.

    Pour les amoureux de belles images la technique ne doit pas devenir un but en soi et l'utilisation de ce format leur permettra plutôt de se concentrer sur tout ce qui fait une belle prise de vues et voir leurs efforts récompensés par une excellente qualité de restitution de leurs ouvres.

    JL Hardyau. Octobre 2005

     

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