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Canon EOS 5D Mark II, fonction vidéo, prise en main d'amateur

Bob nous offre, à la fois une prise en main formidable réalisée au Salon de la Photo de cette nouveauté Canon qui rassemble une fonction vidéo et un capteur éno

Publié par Bob Art le 24 Novembre 2008 dans Tests
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  1. Bob Art
    Bob nous offre, à la fois une prise en main formidable réalisée au Salon de la Photo de cette nouveauté Canon qui rassemble une fonction vidéo et un capteur énorme dans un boitier réflex numérique et qui  fait couler beaucoup d'encre Internet, notamment sur le Repaire , Le Canon EOS 5D mark II, et à la fois une réflexion déjà bien aboutie sur ce qu'on peut en tirer comme conclusions sur l'usage vidéo de ces "photocaméscopes".
    MR

    eos_5d_mark_ii.png

    Les premiers appareils reflex enregistrant en vidéo apparaissent sur le marché. Le plus abouti est actuellement le Canon EOS 5D mark II. J'avais hâte de le prendre en main.

    Manipulations

    Le salon de la photo porte de Versailles m'a offert le plaisir d'en manipuler deux exemplaires durant plus d'une heure, ce qui est tout de même très bref. Mais j'ai pu les voir en vrai et j'en ai profité pour les harceler et vérifier ce qu'ils avaient dans le ventre, compte tenu des échanges que nous avons eu à ce sujet dans le forum "HD et cinéma numérique" .

    J'ai vérifié les deux modèles sous toutes leurs coutures (grand viseur clair et agréable, 98 % selon Canon, poids (900 g environ, peu lourd, bonne prise en main), commandes (classiques chez Canon), mise au point via le viseur et l'écran (9 collimateurs) et l'écran live view très bien défini (920 000 pixels), monture (standard pour objectifs de la gamme L), entrées sorties (HDMI, VGA, USB, audio, télécommande filaire, wifi), support carte compact flash, le tout dans un boîtier non tropicalisé, mais protégé du ruissellement de l'eau.

    Il fallait aussi tester différentes optiques, en photo et en vidéo, mais aussi les réactions de l'autofocus, notamment en mode vidéo. Cela m'a paru aisé, ayant l'habitude des EOS Canon numériques (20D et 350D). J'ai pu jouer sur la profondeur de champ du capteur plein format associé à de beaux objectifs et apprécier son intérêt en vidéo.

    Premiers tests

    J'ai souhaité évaluer le rolling shutter, ce qui a effrayé le technicien Canon avant qu'il ne se prenne au jeu. Le rolling shutter est bien là, comme prévu, lorsqu'on effectue un mouvement de va-et-vient rapide devant un axe vertical : au visionnage, l'axe se met à pencher dans les deux sens.

    Ensuite, j'ai mis en route le mode vidéo. C'est très simple, on passe en live view grâce à un boutonimg_0701-salon-photo-15-nov-2008-stand-canon-eos-5d-mark-ii.jpg situé au-dessus de l'écran arrière. Ensuite, par simple pression sur un autre bouton, à droite de l'écran, la vidéo démarre. L'écran signale l'enregistrement. En outre, la vidéo s'affichant dans une fraction 16/9 de l'écran 3/2, la partie excédant les 16/9 est grisée. J'ai testé la mise au point en vidéo.

    Ce qui m'a paru bien fonctionner, c'est la mise au point avec l'AF avant de démarrer la vidéo afin d'avoir une bonne MAP du plan et des sujets à mettre en valeur. On ne dispose pas d'un AF performant pour suivre un sujet mobile. Lorsqu'on change de plan, il faut au préalable refaire une MAP avec l'AF. Elle n'est pas instantanée, mais je connais des caméscopes dont l'AF n'est pas aussi sûr et rapide (Sony Z1). En outre, comme sur la Sony Z1, on dispose d'un agrandissement instantané pour peaufiner sa MAP.

    J'ai aussi testé le changement de MAP, lorsqu'on passe d'un point éloigné à un point rapproché. Lorsqu'on reste dans le même axe, la MAP en manuel, c'est l'enfance de l'art. C'est comme au cinéma ou avec un mini 35. Lorsqu'on change d'axe, la MAP de départ peut certes être ajustée avec l'AF, mais celle d'arrivée n'en bénéficie pas. On n'a pas non plus de butée sur la bague de l'objectif. Il faut donc travailler au jugé. Avec un peu d'entraînement et de répétition du changement d'axe, on y parvient. Sur la prochaine génération, il faudrait disposer d'objectifs munis de butées, comme sur les bons objectifs des caméras.

    Ensuite, j'ai cherché à passer de la vidéo à la photo et à la photo en cours de vidéo : ça m'a paru très simple. La vidéo est coupée durant une seconde et peut reprendre, si souhaité. Lorsque l'appareil est sur un pied et que ça ne bouge pas trop devant l'objectif, l'interruption se traduit par des sauts d'images. Si l'on enregistre des vidéos avec l'appareil, il y aura sans doute des priorités à définir si l'on veut éviter de tels sauts dans la vidéo.

    En revanche, le passage de la photo à la vidéo ne pose pas de problème. Il constitue un "plus". J'imagine la photo de la bague de la mariée et, soudainement, la main du marié s'anime. Une concentration + une animation sur un sujet le rendent plus vivant.

    Le 5D enregistre en outre le son en mono avec un mini micro sous son nom 5D, à l'avant droit, un minuscule haut parleur étant situé à l'arrière, à droite du viseur. Ces deux dispositifs, c'est bon pour du dépannage, pas davantage ! Pour l'audio, on dispose toutefois de la possibilité de connecter un micro, mono ou stéréo, sur mini jack. Pour fixer le micro, on pourra utiliser les mêmes supports que les mini-caméscopes, par exemple le MiniRep de CEVL.


    Mes impressions

    Elles portent essentiellement sur les résultats et l'ergonomie. La vidéo enregistrée par l'EOS est de très bonne facture, le capteur plein format offrant une sensibilité exceptionnelle permet d'enregistrer en basse lumière, dans des conditions inhabituelles. A cela s'ajoute la possibilité d'exploiter une soixantaine d'objectifs et de jouer sur la profondeur de champ sans grande difficulté, comme en photo et surtout sans avoir besoin de faire appel à un mini 35.

    La limitation de la durée d'enregistrement à 29 minutes et 59 secondes n'est pas le plus gros problème. Hormis les enregistrements continus de concerts ou de pièces de théâtre, on ne sera guère pénalisé par le changement rapide de carte.

    Le point le plus délicat en vidéo, c'est l'ergonomie du 5D. L'appareil n'est pas conçu pour faire de la vidéo, mais de la photo. Par conséquent, si l'on veut faire de la vidéo avec le 5D, soit l'on s'adapte à l'appareil en le harnachant sur un support de confort (Zacuto ou CEVL), soit on le fixe sur un pied. Personnellement, ça ne me chagrine pas outre mesure car j'utilise souvent un pied en vidéo.

    En complément du salon de la photo, au cours de la conférence donnée à l'extérieur du hall 6, porte de Versailles, un photographe professionnel a effectué des essais en live, en mode photo, l'appareil connecté en wifi à un portable (avec projection en direct), puis en vidéo (sans wifi). A cette occasion, j'ai constaté une différence marquée de colorimétrie entre l'image vidéo et photo. Cette différence peut toutefois s'expliquer par le fait que le photographe a fait une balance des blancs en photo, mais non en vidéo. L'image vidéo était finalement beaucoup plus chaude (voire jaune) que les photos.

    Finalement, le 5D Mark II ne m'est pas apparu plus difficile à utiliser que les petits caméscopes grand public d'aujourd'hui, car il tient bien dans les mains et se montre plus lourd et donc plus stable qu'eux.

    L'autofocus n'est pas aussi lent qu'on l'écrit parfois. Il a le mérite d'être très précis. Les adeptes des réglages vidéos manuels devraient se régaler, en particulier tous ceux qui aiment l'absence d'autofocus des caméras JVC des séries HD 100 et suivantes.

    Il pourrait bien convenir aux enregistrements en vidéo animalière sur pied, quoique les gros objectifs photo n'aient pas les forts grossissements optiques des caméras.

    Il permettra aussi de compléter les vidéos réalisées avec de vraies caméras, les unes pouvant compléter, pour certains plans, les manques des autres.

    Les camérascopes ont-ils de beaux jours commerciaux devant eux ? Dans un an, lorsque les autres fabricants, fournisseurs de caméras et caméscopes auront réagi, on saura si l'offre est venue satisfaire une demande de niche ou un besoin plus large? Dans cette dernière hypothèse, on pourrait s'attendre à des perfectionnements de convergence numérique.

    Last but not least, personne ne considère qu'un appareil reflex, aussi doué soit-il, serait la panacée, capable de remplacer à la fois un appareil photo de haut niveau et une caméra de niveau équivalent. Qu'il puisse déjà faire des photos à 21 millions de pixels à plus de 25 000 ISO et exploiter la gamme L des objectifs EF et équivalents en fait un appareil de choix. Qu'il puisse, en outre, offrir des vidéos complémentaires de très belle qualité est une véritable aubaine.

    Bob

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