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Prise en main de la caméra HVR Z1 (1) Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Hugues Lemoîne   
15-01-2005
Index de l'article
Prise en main de la caméra HVR Z1 (1)
Quelques caractéristiques techniques HDV et Z1
Differences Z1 FX1

 

Hugues Lemoîne est un "prosumer" typique, très représentatif de la majorité des professionnels qu'on trouve sur le Repaire, travaillant souvent avec des outils de location (beta, DV, digibeta, etc) et s'équipant par ailleurs pour réaliser des produits dont les budgets de production ne sont pas du tout ceux des productions télé :-). Comme beaucoup de Repairenautes, il s'est intéressé très tôt au DV, nous nous connaissons par Internet interposé depuis avant même le début du Repaire ;-) C'est donc tout naturellement que je lui ai proposé d'effectuer une prise en main personnelle de la caméra Sony Z1 en sachant pouvoir compter sur son objectivité sur le fond. Merci à lui pour sa patience et sa disponibilité. MR

 

Préambule
 J'ai fait ce petit essai sans prétention gracieusement et avec la promesse de dire exactement en toute impartialité tout le mal et le bien que je pense de ce camescope, et ce, et pour le plaisir de le faire, et pour celui de faire plaisir à ceux qui s'intéresseront à cette machine et par là, surtout, à ce standard naissant le HDV auquel je crois.
Tant mieux si ça me fait un peu de pub (et tant pis si ce n'est pas le cas !) mais c'est aussi, et surtout, pour remercier Michel Rempenaux et les Repairenautes de toutes les réponses que j'ai eues aux nombreuses questions que je me suis posé sur la vidéo depuis de nombreuses années que j'ai rédigé cette prise en main. Merci à Laurent La Rocca, Chef produit chez Sony France d'avoir si sympathiquement permis ce test et pour l'image au format HDV à partir de mes rushes qu'il m'a renvoyée. Et merci par avance à toi, ami lecteur, de poser un oeil bienveillant sur ma prose ...

 

DEBALLAGE :

Le HVR-Z1E, premier camescope Pro au format HDV, m'arrive via Sony France un mardi à midi. Oh joie ! Je déballe le carton, non sans quelque fébrilité, et découvre ... un sac Portabrace molletonné qui va s'avérer fort utile pour trimballer le camescope en sécurité tout en restant très léger. La bête et son Portabrace en effet ne pèsent que 4,5 kg avec l'alimentation secteur et sa petite rallonge, le pare-soleil, le micro externe, le câble composantes, les câbles composites et dv ainsi qu'une batterie.
Evidemment les câbles font tous très "cheap" matériel compact oblige: les câbles dv et composantes avec du cinch, le câble d'alim dont la cosse est en plastique, qui ne résistera pas si on marche dessus (et l'alim est faite pour être par terre...), câble d'alim par ailleurs qui est accroché au camescope vers le haut contre toute logique, bizarre ..
Ceci dit tout ça concourre aussi à la légéreté générale de l'appareil. Par contre très bon point pour l'écran de l'alim qui renseigne illico sur l'état de chargement de la batterie même si on a un magnifique affichage d'état des fonctions liées à la batterie que nous verrons plus bas sur le camescope. La télécommande et le porte-accessoires qui se visse sur le dessus du micro stéréo, ainsi qu'une sangle de transport devraient compléter la version définitive dans sa version de base et l'on pourra compléter par les accessoires suivants:

accessoires optionnels

Un vrai plaisir de partir dans ces conditions en reportage puisque le camescope doit peser tout équipé avec sa batterie et son micro à peine plus de 2,5 kg à quelques broutilles près ... Notez la crosse d'épaule utile à ceux qui, comme moi, sont plus habitués aux camescopes d'épaule 1/2 pouces et qui auront du mal, du moins au début, à cadrer avec un camescope compact comme celui-ci. Elle permet aussi bien de cadrer avec le viseur que le Lcd : indispensable en fait ! Livré ou non avec le Z1 ? Je ne sais pas ... négociez !

TRIPOTAGES :

Je tripote un peu l'engin qui est très beau avec ces boutons à sérigraphies discrètes, mais tellement discrètes d'ailleurs que, au début, j'ai du mal à retrouver mes petits. Il ne faut pas y aller avec des mouffles et si tout ça est effectivement petit c'est tellement bien "rangé" et pensé que tout tombe bien sous les doigts. Le tout est dans un boitier qui a l'air fait d'une espèce de bakélite en matériau composite noire qui veut ressembler à du métal sans en avoir l'inconvénient poids. Ca a l'air de pouvoir résister pas mal aux affres du temps mais en ce qui concerne la solidité, il vaudra mieux éviter de laisser tomber cet engin ... En fait c'est un matériau composite à base de magnésium dont sont constitués et le chassis et le boitier du Z1 et c'est donc ... du métal bien plus résistant qu'un vulgaire plastique ou qu'une bakélite, médisant que je suis !de face l'imposant pare soleil et le micro stéreo

Le pare-soleil intègre une ouverture et fermeture mécanique du cache objectif, simple mais très efficace, et qui évitera qu'on perde ce cache ou qu'il vienne se ballader intempestivement dans le champ. J'ai du mal à cadrer au début car le camescope ne s'utilise pas du tout comme un camescope d'épaule, la crosse citée plus haut étant prévue par le constructeur pour pallier à ce très relatif inconfort tant la légéreté, et donc la maniabilité, du camescope imposent un autre type de tournage que le cadrage à l'épaule. Seul le compartiment cassette me laisse un désagréable goût de galères à venir, tant sa gueule est ouverte pour ramasser miettes poussières et autres pellicules et tant elle semble fragile:

chargement exposé et délicat

il faut d'ailleurs la manipuler avec d'infinies précautions pour que le mécanisme fonctionne correctement et pour ne pas risquer de l'endommager. C'est le gros mauvais point de cette inspection sommaire même si cette trappe s'ouvre correctement quand le camescope est sur pied. En continuant à inspecter la bête tout tombe à peu près sous les doigts mais l'engin a quand même pas mal d'acné et certains boutons me laissent plus que perplexe...

bouton rotatif de mise sous tension scope et caméra

J'allume la machine après avoir inséré très aisément la batterie à l'arrière en la faisant simplement un peu coulisser vers le bas et là j'ai un peu de mal à faire fonctionner le bouton rotatif d'allumage qui bascule pour permettre la mise en route soit de la camera, soit du camescope. Allumer la caméra et devoir la rééteindre et la rallumer pour se mettre en mode magnétoscope ça c'est un truc assez génant à l'utilisation car on a souvent besoin en tournage de reculer la bande ou d'effacer un rush maladroit... Un mauvais point tss tssss ! Je commence à me dire que ce n'est pas un appareil pour moi mais la suite va me contredire plutôt violemment. En ce qui concerne ce que je viens de dire je m'apercevrais qu'il existe quand même une fonction "rec review" qui permet de revoir les dernières secondes de la scène captée et de se recaler. Et je tripote un peu la bague de zoom manuel (avec butée comme sur les grandes) et la bague de point (sans fin celle-là) pour ne constater rien de particulier si ce n'est qu'il y a des boutons inconnus pour moi

Dont un truc épatant très intuitif qui me tombe sous les doigts en manipulant le système traditionnel d'avance du zoom ci-contre et badaboum j'en prends plein les mirettes: un bouton permettant de doubler fugitivement la taille de l'image dans le viseur et sur le lcd pour pouvoir faire une mise au point beaucoup plus précise ci-contre dénommée "Expanded Focus": alors ça c'est top pour les bigleux comme moi et c'est sûrement un truc dont je ne pourrai jamais plus me passer !! Bref, toujours fidèle à la devise de Stanley Kubrick qui disait "faire c'est apprendre", je décide de ne pas tergiverser et de filer faire des images pour voir si l'engin se manipule sans souçi quand on ne le connait pas du tout ... et ne jette, en partant, pas un oeil à la documentation en .pdf que, entre autres liens et posts tous plus intéressants les uns que les autres, Eric D. a indiqué aux Repairenautes, et que j'ai déja imprimée (108 pages quand même ... ouf!). Ceci dit ce n'est encore "que" celle du HDR-FX1, la version grand public, alors que j'ai entre les mains le prototype HVR-Z1 qui sortira en février... la version "Pro"...Classe...

 

VISEUR 'N CO :

viseur
Et sur le terrain je m'aperçois que j'ai fait une grave erreur et regrette aussitôt de ne pas avoir pris cette doc car il y a des menus en pagaille, et si tous sont en français et si la plupart sont très explicites, certains laissent très dubitatif... Je verrai plus tard qu'on peut programmer un menu "personnel" ( via "P-MENU SET-UP" ) avec les fonctions dont on a besoin le plus souvent pour un accés très rapide d'un simple appui sur une touche "P-MENU" à l'arrière du camescope.

balance blancs

Plus immédiatement la balance des blancs indispensable n'est pas particulièrement intuitive mais je finis par trouver qu'on peut en programmer deux (mémoire A et B ci-contre) en plus du mode "PRESET" préréglé. Et je tourne alors que la nuit déboule déja de son galop feutré tagadoum tagadoum !! Le viseur (préréglé en noir et blanc mais dont je m'apercevrai plus tard qu'on peut le basculer en couleur) est correct mais, évidemment, un peu moins confortable que celui des camescopes 1/2 pouces auquel je suis habitué.

Je suis quand même surpris de sa bonne qualité comparativement aux trop rares camescopes grand public ou semi pros compacts que j'ai essayés ( les premiers dv grand public VX1000, des petits Sony de paume ...). Bref c'est de loin un des mieux que j'ai essayé et il vaut presque celui d'un camescope 1/2 pouces (hors l'encombrement évidemment et avec une dimension de visualisation moins importante). Mais, bizarrement, comme on a une visu 16:9 cette différence de taille ne se fait pas vraiment sentir. Il faudra cependant que je "démonte" carrément le caoutchouc de l'oeilleton (indispensable et efficace pour cadrer plus confortablement) fourni par Sony pour trouver un réglage de netteté du viseur disons ... pas particulièrement pratique et fonctionnel ... mais qui marche !! Et en tripotant les boutons je découvre celui-ci fort utile, voire indispensable, sur le terrain et que j'ai évoqué plus haut:

batteries check

 

ECRAN LCD 16:9 :

En plus des quelques 25 fonctions internes du camescope qu'il peut afficher (comme le viseur d'ailleurs) le Lcd lui est tellement bon que pour la première fois je prends plaisir à tourner avec ce genre d'accessoire, que je fuis la plupart du temps ne les trouvant ordinairement pas suffisamment bons ou trop petits.

Ce lcd "panoramique" est épatant, avec ses 250 000 pixels en 16:9 (de 9 cm de diagonale soit 3,5 pouces), d'une excellente qualité et donc d'une lisibilité acceptable pour le cadrage. Il se positionne de plusieurs manières toutes aussi utiles; soit déplié sur le coté du camescope pour l'usage le plus courant en cadrage; soit replié à plat sur le dessus du camescope pour les cadrages ras du sol à bout de bras, tout en le visionnant sans risquer d'accrocher le lcd avec les jambes lors du déplacement; soit retourné à 180 ° pour que l'interviewé se voit ou pour s'autofilmer (voir l'utilisation d'un micro externe plus bas) ; soit retourné à l'envers (l'écran occulté donc) et rabattu sur le dessus du camescope pour une utilisation sans le Lcd comme ci-dessous.

 

Il bénéficie d'un réglage à trois positions de luminosité qui le rendent vraiment opérationnel en toutes situations de tournages des ambiances les plus sombres aux lumières les plus "explosées" et ça tombe bien, là, il fait quasi nuit et je filme le tramway bordelais tout neuf alimenté par le sol dont notre ville est si fière. Quand, par exemple, un tramway m'arrive plein phare (oui il n'en a qu'un) et de face ce soir là, je commute alors cette fonction du lcd pour filmer en toute tranquilité tout en voyant très bien mon cadre entier ... Cool ...

Notons l'aberration géométrique en plan large (déformation des lignes verticales sur les côtés: distorsion dite "en barillet")
(Image HDV downconvertie DV)

On peut noter ici la tenue du fond, légèrement filé par le mouvement de suivi du tram
(Image HDV downconvertie DV)

Image de nuit
(Image HDV downconvertie DV)

Note : une erreur de menu m'a fait acquérir du dv 16:9 à partir de la conversion Dv à partir du HDV qui est en réalité en 4:3 ... d'où les deux bandes noires indésirables qui n'existent pas si on sélectionne le bon menu à l'acquisition . Oui bon... mea culpa... Errare chabadum est...

REGLAGES ET MENUS :

C'est quand même très juste pour filmer dans ces conditions même si le camescope accepte de tourner sans broncher. Bien sûr j'ai déja essayé les deux filtres optiques disponibles qui atténuent la surexposition mais là on est plutôt méchamment sous-exposé. C'est vrai que je n'ai pas utilisé le "super iris" qui aurait boosté l'image de 20 à 30 db mais qui l'aurait rendue très moche et il faut dire que je ne connais pas encore les bons réglages que je découvrirai plus tard en plongeant dans la doc et notamment je n'ai pas encore intégré vraiment deux trucs essentiels sur cette machine.

La première c'est la molette de diaph (le bouton alu à gauche de la photo) qui permet un ajustage extrêmement fin de la lunimosité minimum par pas de 3 de 0 à 18 db associée au gain à trois positions Haute( 18 db) Moyenne (9db) et basse (0db) dont le trait rouge indique le sélecteur.

La seconde c'est le réglage du Shutter accessible à l'arrière du camescope par une géniale petite molette (oui oui, encore une, intitulée "Sel/Push Exec ") qui permet entre autres d'ajuster la vitesse de Shutter en fonction de ce que l'on tourne, et ce même en mode automatique, où cette molette est accessible fugitivement pour un réglage fin. Le shutter très lent permettant d'amener une grand luminosité sur des plans relativement fixes par exemple. Pour trouver le bon réglage il faut garder à l'esprit que plus le diaphragme ("iris") est ouvert (c'est à dire plus sont petites les valeurs d'ouverture et ici donc focale 1,6) plus l'ambiance lumineuse augmente et plus le point est facile à faire et la profondeur de champ diminue. Et inversement plus la focale augmente (ici sur le Z1 jusqu'à 11) plus l'ambiance lumineuse décroît et le point devient dur à faire car plus la profondeur de champ augmente. Et c'est à l'arrière du Z1 que sont aussi accessibles, en plus de la commutation "Zébra/peaking" permettant de régler le taux de brillance/luminosité acceptable avant enregistrement , tous les menus à l'intérieur desquels on se balade à l'aide de cette géniale petite molette qui rend si aisée et rapide la navigation dans ces menus; navigation habituellement très chiante... Son utilisation est très intuitive: on valide ou dévalide en appuyant sur la molette et on navigue dans les menus en la tournant: simplissime et terriblement efficace à l'utilisation. C'est dans ces menus que j'aurai pu trouver les deux courbes de gamma et le mode cinelike par exemple.

Et pour ces images nocturnes j'aurai pu faire vraiment beaucoup mieux avec un peu de temps de familiarisation avec les subtilités des menus si riches. Cette molette permet d'ailleurs les mêmes possibilités de réglages rapides pour les fonctions des quatre boutons dépendants de la fonction Auto-lock à savoir vitesse de Shutter, balance des blancs, diaphragme ("Iris") et niveau d'image ("gain") pour booster les objets sombres si on n'est pas en AGC (automatic gain control). C'est au dos de l'appareil que sont accessibles par exemple les "Picture Profiles" ci-contre qui sont des préréglages constructeur pour les différentes situations de tournage qu'on peut bien sûr personnaliser et même stocker dans des mémoires accessibles par pression sur un seul bouton.

Il y a même la possibilité de stocker en A les paramétrages de zoom, du point, de la vitesse de shutter et de la balance des blancs puis d'en stocker d'autres réglages en B et de faire une transition douce A>B entre les deux par les boutons "Shot Transition" ci-contre. Une transition douce de netteté entre objets lointains et proches devient possible , une transition douce entre objets de l'intérieur et de l'extérieur d'une pièce par subtile transition de balance des blancs etc ...
Certains sagaces ne manqueront pas de remarquer les deux boutons "Back light" et "Spot light" là qui m'ont laissé dubitatif au début et qui servent (y compris en enregistrement... mazette!) à désexploser (j'aime ce mot) un visage trop éclairé (tiens en spectacle ça m'intéresse énormément ça) ou à atténuer le contre-jour sur un sujet (tiens avec mon modèle préféré au coucher du soleil sur la plage ça m'intéresse ça ...). Très fort !! Le petit bémol c'est que, comme le z1 n'est pas un Supercomputer de la Nasa, ces fonctions très utiles ne sont pas accessibles si deux fonctions manuelles sont enclenchées en dehors du diaph, du gain et du shutter ...

Mais, foin de restrictions, en plus de tout ça, trois boutons "Assign" qu'on voit ci-contre permettent de stocker le fondu au noir ou fondu au blanc, le réglage du stabilisateur optique, un index de début de scène (pour pouvoir la retrouver aisément en fin de tournage), le début d'un doublage ("dub") audio (uniquement en mode DV) réalisé par dessus le son déja enregsitré, les infos d'affichage en surimpression écran comme le Time-Code, le Compteur de bande, une des deux mires de barre (que l'ont peut également enregistrer sur la K7). Et ... et .... et tout ceci n'est qu'un vague aperçu des possibilités énormes des réglages et de la gestion des rushes car, à ce stade, nous ne sommes même pas encore entrés dans les menus du Z1 dans ce descriptif. Et c'est là que le HVR-Z1E me séduit définitivement compte tenu de la richesse et de la qualité des réglages permis qui augurent d'un étonnant saut en qualité sur mes futurs rushes - avec un peu de pratique ok ok ...

 

MICRO N'SON:

Je teste vaguement le son en captant avec le micro sur l'entrée XLR en piste 1 avec le compresseur automatique: les voitures qui passent à proximité de moi dans un bruit d'enfer verront leur vacarme parfaitement bien compressé pour rester dans une plage audible acceptable et sans pompage excessif. Plus tard je verrai dans la doc qu'on peut ajuster ce Control Automatique du Volume (AGC) à -18, -12, -6 ou 0db.

Il y a à l'arrière du z1 deux molettes de réglages du son en mode manuel et, en mode HDV dont on peut voir les réglages s'afficher dans le viseur ou sur le lcd et à un volume de 8 sur la molette à l'arrière du camescope, en parlant très fort, à 1m50 du camescope, et en claquant violemment des mains on ne constate rien de particulier comme ci-contre avec et sans compresseur automatique si ce n'est un bruit de fond audible aux alentours de - 33db très acceptable en ce qui me concerne.

Même si le z1 est équipé d'un réducteur de souffle, pour des travaux très léchés on se servira d'un analyseur/élimineur de bruit comme celui d'Auditon, ex excellent logiciel Cool Edit Pro racheté par Adobe et proposé dans la suite Adobe. Idem en mode DV. Ce son numérisé à 48 Khz par le camescope s'avérera parfait selon moi pour 90 % des utilisateurs, les autres utiliseront du matériel dédié son, mais ceci est valable pour tous les camescopes. En HDV je n'ai pas réussi à saturer les voies (et en Dv j'ai aussi eu du mal mais n'oublions pas que le Dv en question est forcément issu du Hdv dans ce cas) et ce même en claquant très fort des mains comme si un limiteur/écrêteur était en fonction de base en plus du compresseur... Plus rassurant que génant en tous cas à moins que ce soit le résultat de la compression HDV...? La doc me dit qu'il existe en plus du compresseur un réducteur de bruit de vent (en prise de son avec le micro en extérieur) que l'on peut mettre en ou hors fonction.
Bien sur ce mini test son n'est absolument pas académique et n'a été fait que sur du son issu de la prise Dv. La partie analogique par exemple, hyper complête pour ce type de matériel selon la doc, n'a pas été analysée faute de temps ... J'aurai du mal aussi à dire quoi que ce soit sur le micro stéréo intégré à l'appareil car je ne l'ai pas essayé, hormis qu'il porte sur sa tête la vis porte accessoires et que son nez porte et le voyant rouge de recording et le capteur de télécommande infra-rouge qui, à priori, devraient être silencieux ...(gag).
Enfin il y a de nombreux réglages possibles de la manière d'intégrer et de relire du son via un micro ou une source ligne: ( relire la piste 1 ou la piste 2 sur le son surajouté ("Multisound"), ajuster sa balance ("Audiomix"), enregister en mode 12 bits (2 pistes stéréo) ou 16 bits (une piste stéréo) et j'en passe ...
Le son sur cette machine mériterait à lui seul un article en fait.

NUIT NOIRE ON TOURNE:

En cherchant le cadre idéal je finis par arriver en bout de réseau de notre tramvay chéri et décide, comme il fait nuit, de cadrer des illuminataions de Noël proches. Là il fait vraiment nuit noire et seuls de pâles éclairages illuminent la banlieue de Bordeaux. La surprise est de taille pour moi la petite machine ne bronche pas et, une fois la balance des blancs refaite, elle me fait pratiquement une aussi belle image qu'un bon camescope 1/2 pouce DVVCam. Stupéfiant ! Jamais vu une image pareille sur un camescope compact !

Cliquez sur cette image pour la voir en 720 x 576 (downconversion)

Le pire c'est que je n'ai même pas vu qu'on pouvait aussi agir sur les noirs - documentation donc absolument indispensable au début si on ne veut pas perdre de temps - pour obtenir encore plus de pêche pour l'image nocturne ou en ambiance sombre. Sans rentrer dans le détail et sans connaître la machine j'obtiens déja quelquechose qui tient la route: pour moi il n'y a pas de meilleur test car on n'a jamais véritablement le temps sur le terrain de rentrer dans des menus compliqués. Du coup je galope autour des sapins de Noêl comme avec un steadycam pour tester le stabilisateur. Pour voir mon rush je rééteins l'appareil et le mets en mode scope (grr) et là je suis un peu déçu par le résultat de cet essai - ça tremblote encore pas mal mais je courrais littéralement -. Je m'apercevrai par la suite at home que ce steady-shot est en fait réglable sur plusieurs positions et qu'il n'était sans doute pas sur le meilleur préréglage pour ce type de plan.

HISTOIRE DE FOCALES:

De retour à la maison je potasse la doc pour attaquer les rushes du lendemain et notamment la comparaison des focales du Z1 et d'un DSR300 équipé d'un objectif 13 fois standard et d'un DSR390 équipé d'un grand angle avec zoom 12 fois. Qui capte plus loin et plus large à votre avis ? Je rappelle que les deux camescopes d'épaule avec lequel nous comparons l'optique du Z1 sont des machines professionnlles deux à trois fois plus chères et que c'est uniquement la downconversion du Z1 ( du DV donc ) que nous allons comparer aux deux autres (faisons abstraction des bandes noires ... qui ne seraient pas là si j'avais mieux pigé les menus du Z1 à l'acquisition). J'ai laissé volontairement le montant de la fenêtre sur l'image du 390 - tiens son objectif grand-angle déforme lui aussi les bords ... et me fait donc une fenêtre courbe à la Gaudi -.

Cliquez sur les imagettes pour les voir en 720*576 (jpg lossless, l'image HDV est downconvertie DV))

A noter que ces images ont été prises par temps très brumeux au même moment sur le même pied à quelques dizaines de minutes près et après une balance des blancs réalisée sur le même papier blanc posé à 1m50 à l'extérieur de la fenêtre dans un chenau. Le Dsr 300 voit moins large mais pique plus loin; le DSR390 et le Z1 voient aussi large (et le Z1 même un poil plus large si j'avais correctement positionné le pied donc) mais le Z1 voit plus loin! Merci monsieur Zeiss!! Pour le plan large (zoom au maximum vers "l'arrière" pour tout le monde), le même shutter à 100 pour tous et aucun filtre particulier n'est enclenché ... mais pour avoir utilisé le 390 de nombreuses fois je dois dire que le z1 lui tient la dragée haute sur presque tout apparemment sauf sur la qualité de l'objectif du Z1 qui déforme sans doute un peu plus les bords de l'image que celui du 390 (objectif du 390 qui vaut à lui seul aussi cher que le z1 : ceci explique peut-être cela ...).
Enfin pour moi l'image la plus sympa dans ce contexte plan fixe est sans conteste au Z1. Bien sûr ça ne veut pas dire qu'il aura la meilleure image dans tous les cas et notamment dans celui d'un plan très animé que je n'ai pu vraiment tester mais, à première vue (pour les plans tramway mouvementés par exemple), il a l'air de se défendre comme un lion face à ces machines plébiscitées par les professionnels pour le standard DvCam.
Bien sûr il aurait été intéressant de comparer d'autres critères, et en premier lieu la sensibilité, mais le temps m'a vraiment manqué pour cet essai très perturbé par la panne inopinée du G5 de Cathy et Alain, qui me recevaient pour cet essai, dans les locaux de "Zoé TV" à Pauillac, panne qui a sifflé bien sûr le début d'un "sauve qui peut" pour le moins déstabilisant et qui a vu son démontage et son rapatriement sanitaire vers Bordeaux en urgence...Piiin poonnn... j'ai pu admirer au passage le calme Olympien de cet étonnant Alain face à l'adversité la plus récidivante car, une fois réparée à Bordeaux et rapatriée à Pauillac, la foutue machine n'a évidemment rien trouvé de plus facétieux que de retomber en panne en obéissant à la célèbre loi de Murphy qui veut, entre autres, que toute tartine lancée en l'air retombe systématiquement côté confiture.

HDV:

Puis, au retour, sur la superbe route des Châteaux du Médoc, (clic sur l'homme courbé pour voir l'image au format HDV) je pose l'oeil du Z1 au bord d'un océan de vignes d'où fusent des signaux de fumée de ceux qui épamprent la vigne et font brûler les sarments et c'est à vue de nez à plus de 300 mêtres à vol d'oiseau que je capte cet homme courbé sur son travail et ce petit château qui flotte là !

L'image HDV réduite en 1024*576
(pour qu'elle rentre mieux dans vos écrans)
L'image HDV 1920*1080 L'image HDV 'downconvertie' en DV 720*576


 

 
image HDV 'downconvertie' en DV 720*576  

L'objectif fait merveille !!

On voit ici le sélecteur permettant de basculer le zoom en manuel rendant ainsi opérationnelle la bague (avec butée, ce qui est nouveau sur un camescope compact à ce qu'il parait). Possibilité également accessible du côté droit du camescope via le système traditionnel sur lequel on appuie plus ou moins fort pour déclencher une approche au zoom plus ou moins rapide système qui est fort astucieusement doublé sur le dessus de la poignée - flêche fine - pour rendre plus pratique cette manipulation lorsqu'on cadre à bout de bras (et les gauchers béniront certainement le constructeur de cette initiative car pour eux le système traditionnel sur la droite semble peu pratique).

En mode télécommandé un sélecteur sur le coté de la poignée - flêche épaisse - permet d'enclencher deux vitesses de zoom (une rapide, une lente) actionnées alors ou par le système traditionnnel ou par le système sur la poignée.

De l'autre côté de l'objectif (côté droit lorsqu'on a le dos du camescope contre soi) sont rangées verticalement la prise Y/c Svidéo en MiniDin, la sortie composante par prise plate genre usb (dont le câble vidéo se termine par trois Cinches), la prise audio-vidéo composite en MiniJack et une entrée micro/ligne (la prise rouge) externe pratique pour une interview ou pour rajouter une ambiance ou musique quelconque directement à la captation. Malheureusement cette fonction très pratique n'est ni inopérante en captation hdv, ni en mode 16 bits, ni en mode record "Long Play" et ni quand un câble Dv est connecté au camescope... Il y a également une prise MiniJack de LanC (pour un pilotage télécommandé filaire de certaines fonctions du camescope), la prise MiniJack de casque stéréo qui coupe automatiquement le petit hp (situé sous le micro stéréo), hp qui permet la préécoute des rushes en absence de casque et la prisqe Dv/Hdv situées à l'arrière de la poignée du camescope (côté droit donc) qui sert à exporter les rushs vers le banc de montage ou le magnétoscope. A ce propos le scope HDV également annoncé pour début 2005 coûterait 40% moins cher que le Z1 annoncé officieusement aux alentours de 5500 €uros. Un ensemble cohérent et innovant!

GOODIES:

D'autres fonctions utiles et inédites sur ce type de matériel sont disponibles et devraient booster notre créativité en matière de tournage. Et même si les stations actuellement disponibles ne sont pas à des prix vraiment démocratiques (compter quand même aux alentours de 7000 Euros pour monter plusieurs flux hdv en temps réel simultanément), on devrait pouvoir très bientôt aborder ces montages plus facilement. L'arrivée de codecs disponibles sur les logiciels de montage phares et la concurrence venant chatouiller les pionniers du domaine comme

Canopus, qui est dans les premiers à proposer une carte de montage associée à une carte de traitements d'effets (en 64 bits s'il vous plait) et à un logiciel de montage abouti (Edius Pro 3) ainsi qu'une connectique permettant le câblage en composantes qui en font, pour l'instant, un choix fort crédible pour monter du HDV dans les mêmes conditions que le DV mais au prix, hélas, de l'achat incontournable d'une station très musclée (bi-xéon...) et donc relativement chère. Cela dit la plupart des petits producteurs et des particuliers équipés peuvent monter en Dv en attendant une concurrence plus active tout en conservant une EDL qui leur permettra de remonter leurs rushes HDV plus tard sans avoir à tout refaire et cela peut même constituer pour leurs clients un argument essentiel de longévité de leurs investissements tournages.

L'image HDV 'downconvertie' en DV 720*576

Et ceux équipés de logiciels (comme Première ou Edius entre autres) permettant le montage à partir d'une source HDV sur la time-line, mais en DV pour alléger le montage, puis l'export en HDV sauteront carrément cette étape en réalisant en une seule fois la conformation traditionnelle via EDL plus fastidieuse.
Et l'inévitable bagarre que l'on pressent autour du HDV va heureusement profiter au consommateur ce qui n'est que justice compte tenu de la valse des standards qu'il paie et de l'inexorable percée de la haute définition qu'il paiera quoi qu'il arrive. Bon ok il y a plein de choses que je n'ai pas dites et détaillées...
Non je n'ai pas parlé du magnétoscope... Oui c'est à vous de découvrir et détailler le mode CinéLike et le reste de cette machine...
J'ai à peine eu le temps d'en tomber amoureux que la belle est repartie vers de nouveaux prétendants. Snirrrfff! J'en ai encore la larme à l'oeil, renifle-je...

THAT'S ALL FOLKS:

le Z1 me semble, depuis que l'on parle de HD pour le grand public, le mieux placé pour mener en douceur, mais de manière résolument innovante, l'amateur et le petit producteur vers la haute définition. Je dois dire que c'est le camescope le plus "excitant" qu'il m'ait été donné de manipuler tant sa polyvalence et son ardeur à vouloir réconcilier le meilleur du monde amateur et le plus fun du monde pro est réjouissante. Je regrette juste d'avoir eu si peu de temps pour faire sa connaissance mais j'espère bien pouvoir me l'offrir dès que possible.
Un appareil haut de gamme pour un amateur et pas du tout bas de gamme pour un professionnel contrairement à certains compacts qui aspireraient à mieux et qui ne réussissent qu'à décevoir le professionnel habitué à beaucoup mieux avec les camescopes d'épaule Dvcam et Beta.
z1Bien sûr certains pros, crawlant dans le luxe et le stupre (heu ... je veux parler des habitués du gros matériel cossu) tordront du nez et ne voudront parfois même pas essayer cette petite machine et ils auront bien tort à mon sens. Il faut essayer le z1, même si les conditions de visionnage de l'image 1920x1080 sont difficiles à réunir, et ne surtout pas s'arrêter à son aspect discret de compact classique. C'est tout sauf un compact classique. C'est le précurseur d'une révolution que j'attends personnellement depuis longtemps: celle qui permettra aux images de monsieur tout le monde un saut qualitatif très important et celle qui obligera tous les professionnels à faire preuve de plus de créativité pour dépasser les images de monsieur tout le monde ! Et tout ça en gardant les acquis essentiels du format précédent (le Dv bien sur) dont le succès a été foudroyant et qui a encore de beaux jours devant lui. Un peu comme ce Dv, qui un jour est entré comme le loup dans la bergerie, le Z1 et le HDV me font l'effet d'être le mouton à cinq pattes fantasmé autant par ses concepteurs que ses futurs utilisateurs. Oui le Z1 est un mouton à cinq pattes !! Dis Sony dessines moi un mouton ! Z1 !

Hugues Lemoîne janvier 2005



 
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