La
taille très réduite de ce caméscope de paume cache le fait qu'il s'agit
bien de haute définition (HDV). Autant dire que l'intérêt suscité par
ce nouveau venu qui vient marcher sur les plates bandes du HC3 de Sony,
est grand. Voyons ça d'un peu plus près.
Un
petit tour d'horizon de ce qu'offre ce liliputien et aussi de ses
limites, bien sûr, puisque comme tout appareil destiné au grand public,
il est conçu pour être d'abord utilisé en automatique...la question est
donc souvent de savoir comment se comportent ces automatismes et s'ils
peuvent se débrayer....
Taille – poids
Le plus spectaculaire c’est la taille qui est en effet réellement
petite pour une caméra qui fait de la HD…Elle tient dans la poche d’une
veste, même si, pour ça, la poche doit quand même être assez grande et
solide… ;-) C’est un critère qui, à soi seul, peut l’emporter pour
certains cas de figure.
L’inconvénient de cet avantage, c’est bien sûr la difficulté à trouver
ses marques quand on a de grandes mains, la difficulté d’être bien
stable ou bien de réussir des travellings portés propres…
Qualité d’image
Rien à redire sur la finesse de l'image et c’est quand même malgré tout le principal…Les captures en témoignent.
Excellente dans les séquences extérieures jour. C’est là que ce petit
outil donne toute sa mesure. On pourrait certainement mélanger sans
dommage ces images avec celles issues de caméras beaucoup plus grosses.
 |
 |
| Zoom au plus large, l'optique déforme un peu, bien sûr mais voilà tout de même une belle finesse d'image ! |
Zoom à fond de focale |
 |
| La mire de JP Musso (grand modèle), blanc manuel, diaph 2.4 |
 |
 |
| grand angle |
focale moyenne |
 |
 |
| zoom à fond détail 1 |
zoom à fond détail 2 |
L'éclairage
est celui d'un halogène 300 w avec un demi spun, balance de blanc
standard tungstène, le fond volontairement laissé tel que.
Sensibilité
En basse lumière c’est différent naturellement , le mono capteur CMOS
ne peut pas faire aussi bien que des systèmes à 3 capteurs. Le bruit de
l’image est donc plutôt visible quand il n'y a plus que très peu de
lumière. Et ce d'autant plus qu'il est impossible de limiter le gain
électronique automatique sur cet appareil. L’aspect particulier du
bruit généré par le CMOS, avec une sorte d’effet de grille est aussi un
peu plus gênant que celui auquel on est habitués avec les CCD. Donc pas
trop d’attentes à avoir si on envisage principalement des prises de vue
en très basse lumière. C'est une des limites majeures de ce genre de caméscopes.
 |
| Eclairage fluo dominant, faible luminosité |
 |
 |
| vue de nuit |
le bruit 'en grille' du CMOS visible si on force trop... |
|
Note !
Les
captures de ces tests sont extraites de la vidéo HDV depuis Premiere
Pro, dimensionnées en 1920*1080 et le cas échéant désentrelacées dans
Photoshop; elles sont ensuite compressées sans perte en jpeg. Les
éventuels artifacts visibles sont donc ceux de la compression MPEG du
HDV
|
Stabilisation
Le stabilisateur optique (un seul mode possible) est d’une efficacité
remarquable. Globalement, le compromis adopté, car c’en est forcément
un, m’a paru plutôt plus efficace qu’un autre mais toujours malgré tout
essentiellement utilisable en plan fixe. A tester par chacun. C'est un
point important surtout avec un camescope dont la forme ne favorise pas
la stabilité dans la prise de vue ;-)
Dommage tout de même de devoir aller dans le menu pour le couper en cas
de besoin cependant. Mais bon, c’est aussi la rançon de la taille du
caméscope, il ne peut pas y avoir des tonnes de boutons à l'extérieur...
Mise au point
L’autofocus qui bénéficie de 2 modes (un normal – lent et un autre
ultra rapide) est très efficace. On arrive à le piéger, bien sûr mais
ce sont des circonstances assez prévisibles et évitables (grilles en
avant plan etc.) Le mode 1 normal est classique, un peu mou, le mode 2
est super rapide, limite brutal parfois. Dans la plupart des cas, on
pourra se reposer sur cet automatisme plutôt bien conçu….
Et heureusement car le débrayage manuel (qui semble a priori une super
idée) est pratiquement inutilisable dans la vraie vie. Impossible de
faire une mise au point précise avec ce système manuel, même avec la
fonction d’assistance à la mise au point qui grossit l’image dans le
viseur et qui souligne les contours, car on n’arrive tout simplement
pas à stopper la mise au point au bon moment... Il manque, là, de façon
évidente, pour rendre ce débrayage opérationnel, une fonction du genre
« push focus » comme sur la Z1 ou le système malin de débrayage qui en
tient lieu sur la HC1.
Mauvaix point du coup aussi pour la trop grande accessibilité du bouton
de débrayage de la mise au point auto. Si on appuie dessus par
inadvertance (ce qui est largement possible compte tenu de la petite
surface de l’ensemble ;-) et qu’on ne prête pas attention au signal de
rappel dans le viseur on peut facilement se retrouver avec des plans
irrémédiablement flous…Et en HD ça ne pardonnera pas.
On préfèrera donc de loin et sans hésiter rester généralement en autofocus avec ce modèle
Le seul cas utile du débrayage de l'autofocus est le 'forçage' du point
à l’infini qui peut, lui, rendre quelques services indispensables lors
d'avant-plans parasites mais incontournables qui captent l'attention du
système.
 |
| Extrait en Windows Media 9 pour se faire une idée de la manière dont l'autofocus (mode 2, rapide) réagit |
Débrayages
On a vu ce qu’il en était de la mise au point et du stabilisateur,
maintenant voyons pour ce qui est du diaphragme, de la vitesse
d’obturation et du gain.
On ne peut pas parler de débrayage à proprement parler. On a le choix
entre 3 programmes, un programme programme, tout auto, un programme
priorité Vitesse et un programme priorité Ouverture.
La priorité Vitesse, force ce seul paramètre et utilise tous les autres automatiquement.
La priorité Ouverture force un diaphragme mais laisse tous les autres paramètres en auto.
C’est utile mais ça ne suffit pas pour vraiment maîtriser l’exposition.
Il y a heureusement pour compléter ce dispositif, un autre réglage
d’exposition qui permet de forcer l’exposition manuellement au dessus
ou au dessous de l’exposition recommandée par la cellule. Bravo pour la
fonction optionnelle Zebra qui permet en association avec ce réglage
manuel de contrôler la bonne tenue des hautes lumières dans le viseur.
Les programmes spécialisés (scènes, comme portrait, sport, nuit,
neige, plage, coucher de soleil, spotlight, feux d'artifice) hérités de
l’ergonomie des appareils photo numériques Canon, pourront rendre
service à ceux qui auront pris le soin d’acquérir un peu d’expérience
avec…
Mais on peut trouver sur ce sujet qu’au final un vrai réglage manuel
possible serait tout de même préférable. Dans ce cas, il vaudra mieux
s’orienter vers des modèles plus conciliants sous ce rapport.
Ergonomie
La prise en main de ce minuscule caméscope peut poser des problèmes aux
« grandes mains » (c’est mon cas) mais on peut s’y habituer. On ne peut
pas avoir de toute façon un caméscope aussi petit et disposer du même
confort d’utilisation que sur des appareils 2 fois ou 3 fois plus gros…
L’accès au zoom est notamment pas trop évident et délicat. Le menu
permet de le paramétrer finement avec plusieurs vitesses de zoom,
surprenant sur un matériel de ce gabarit.
Menus et accès aux fonctions sont plutôt intuitifs. On retrouve là la
philosophie des appareils photo numériques Canon. On s’habitue en fait
vite à ces manipulations.
Rien à redire sur l’écran LCD de contrôle. En revanche le réglage des
dioptries sur le viseur se dérègle très facilement…
Sur pied, comme souvent sur ce genre de caméscope, on ne peut pas
changer la cassette.. Il faut juste le savoir pour certains usages ;-)
Les effets (ton chair, bas contraste etc.)
Un certain nombre d’effets sont disponibles via le menu, leur impact
sur la qualité de l’image est variable et je recommande de bien les
tester avant de les utiliser en vrai. Certains artefacts me sont
apparus gênants lors de l’utilisation de ces effets (bas contraste,
tons chairs etc.).
Les détails qui tuent
La torche à LED qui peut, quoiqu’on en pense a priori, sauver quelques
coups si la lumière ambiante est vraiment déficiente.
Bravo aussi pour le bouchon d’objectif automatique (là encore comme
sur les APN), bien utile si le caméscope voyage dans la poche….
Connectique
Rien à redire à part quand même l’absence notable de prise micro et
casque et aussi l’absence de prise HDMI à laquelle on s’est déjà tous
vite habitués …
Un bon point pour le DV et le HDV entrée comme en sortie.
Mode photo
Le mode photo (jusqu’au 2048*1536) sur carte mini SD est remarquable et
très complet, ce qui ne surprend pas de la part d’un fabricant aussi
réputé pour ses appareils photo.
A noter qu’on peut prendre une vue fixe même pendant la prise de vue vidéo.
Conclusion
C’est un appareil conçu pour des prises de vues compatibles avec nos
beaux écrans plats HD d’aujourd’hui, et plus spécifiquement fait pour
ceux qui ne veulent pas s’embarrasser de finasseries ni de réglages
manuels…Une fois les réserves d'usage faites pour un usage de type
professionnel, il reste qu'une telle qualité d’image, quand il y a de
la lumière, produite par un caméscope aussi petit, ça surprend…
MR
4 décembre 2006
|