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Effets spéciaux visuels - 3D
After Effects
EFFETS SPECIAUX :
L' INCRUSTATION FOND BLEU
Manuel COLOMBIER

Juste un petit récapitulatif de conseils pour réussir une incrust digne de ce nom....

Fond bleu, fond vert

La raison pour laquelle on choisit traditionnellement le bleu ou le vert est que le bleu et le vert sont rares sur le corps humain, sujet d'incrustation par excellence. Il va sans dire que le sujet à incruster ne doit en aucun cas porter des vêtements (ou quoique ce soit d'autre) de la couleur du fond.

Il faut si possible éviter les formats DV 25 (DV, DVCAM, DVCpro 25)car l'échantillonnage couleur (4:2:0 pour le DV et 4:1:1 pour le DVCpro 25) est pénalisant dans le cas de l'incrustation. On lui préférera le Digital Betacam (échantillonné en 4:2:2 à un taux de compression 2:1), le DVCpro 50, le Digital S (4:2:2 et 50 Mb/s), le Beta SX (4:2:2), voire même le Béta SP(capturé avec une solution numérique MJPEG qui respecte le 4:2:2 et dont la compression sera très faible, inférieure à 3:1). L'idéal serait de pouvoir numériser en non compressé.
Ce choix est très important et devrait être pris en compte même si le format de postproduction est différent : rien n'empêche de tourner l'incrust en Béta Digital et le reste en DV, par exemple. Reste dans ce cas à reporter l'incrustation finie sur le format principal de post-production (dans cet exemple, en DV).

A tout le moins, si l'on tient à tourner dans un format "non 4:2:2" il est fort recommandé de faire un essai de prise de vue suivi d'un essai d'incrustation avant de se lancer dans un tournage important (les comédiens sont chers !)

Il est reporté que les caméras vidéos sont plus sensibles dans les verts, que dans les bleus et les rouges, indiquant que le fond vert serait plus approprié. Néanmoins, les résidus de couleurs verts, ainsi que le retour de la lumière sur le personnage, sautent immédiatement aux yeux alors que le bleu est, disons, plus discret.

Eclairer et filmer un fond bleu

- Le fond bleu doit être le plus uniforme possible. C'est là la clé d'une incrustation réussie.

- Le sujet à incruster, lui, peut être éclairé aussi subtilement que l'on veut. C'est à la prise de vue que se joue le plus gros de la bataille. Il peut être incroyablement coûteux en temps et en argent de corriger un bleu mal éclairé.

- Le plus difficile est quelque fois de s'arranger pour que le sujet ne "prenne" pas de reflets de la couleur du fond. Il suffit souvent d'éloigner suffisamment le sujet par rapport au fond bleu.

- De plus, pour que l'incrust ne se voit pas, il est indispensable que la lumière soit "raccord". C'est à dire que la direction de la lumière, sa température de couleur (encore que ce point peut être retravaillé en post-production) et son intensité soient identiques pour le sujet incrusté et le fond sur lequel il est incrusté.

- De même, il faudrait s'efforcer de conserver la même focale, même hauteur de caméra.

Un filtre polarisant sur la caméra sera également des plus utiles pour obtenir un bleu plus "défini" et donc plus facile à supprimer. Ceci dit, il va falloir éclairer sévèrement car ce type de filtre fait perdre au moins 1 diaph.

Foreground
Background/Fond
Découpe/Couche Alpha/Matte
Composite
Dans l'exemple ci-dessus, le soleil vient de la droite de l'image, sa hauteur est raccord et les couleurs sont parfaites. Un esprit chagrin pourrait encore objecter que la lumière sur le visage devrait être un petit peu plus dure pour qu'on y croit complètement...

 

Les incrustateurs binaires et les incrustateurs linéaires.

Le but de l'incrustation est de créer un cache noir et blanc (couche alpha). C'est à travers ce cache que se fait l'incrustation. Les parties en blanc correspondent à ce qui est incrusté, les parties en noir à ce qui est transparent.
L'incrustateur conventionnel (Color Key en anglais) est un incrustateur binaire. Ce qui signifie qu'on sélectionne une couleur de référence et que tous les pixels qui correspondent à cette couleur sont supprimés (noir) et que tous les autres sont conservés (blanc). Il est possible de régler la tolérance pour que les pixels de différents bleus soit supprimés simultanément. On obtient cependant généralement un meilleur résultat en appliquant plusieurs chroma key successifs. Ce sont les incrustateurs les plus basiques et les moins subtils qui soient.
On trouve aussi des incrustateurs linéaires. Ceux là comparent les pixels de l'image avec la couleur de référence et remplace l'image en proportion de cette couleur (exemple : le sujet (non-bleu) ne sera pas remplacé, l'ombre du sujet (légèrement bleutée) sera remplacé en proportion et un fond (complètement bleu) sera supprimé).

Les incrustateurs spécialisés

L'ennemi numéro un de l'incrustation ce sont tous les objets semi-transparents : cheveux fins, verre, eau, fumée, etc…
Ultimatte, Primatte et Zbig. Ce sont des incrustateurs avancés qui utilisent des algorithmes particuliers pour définir la transparence. Ceux là sont à même d'incruster les mêmes objets semi transparents qui nous compliquait la vie jusqu'alors.
Ultimatte (Ultimatte Corp.) est le plus connu (et le premier, en 1977). Le procédé Ultimatte est basé sur un algorithme qui ne se contente pas de supperposer deux images à travers une découpe mais qui "mélange" les deux images. Il existe sous forme de plugins pour toutes les logiciels de trucages ou en solution hardware indépendante.
Photron a développé un excellent plug in, plus abordable, Primatte. il est disponible pour la plupart des solutions de trucage (en série sur Shake).
Enfin, Zbig Rybczynski ,l'un des experts du bluescreen a développé son propre système Zbig (ZbigVision). Il est disponible sous forme de plugin pour AE, Effect*, Flame*, Inferno* ou Media Illusion pour n'en citer que quelques uns.
Cette liste de keyers avancés n'est en aucun cas exhaustive.

L'incrustation et le film.

Juste deux ou trois remarques concernant l'incrustation en film. Si la haute sensibilité d'une pellicule est un avantage, le grain d'une image argentique peut rendre l'incrust difficile. On évitera donc le 16mm. Ultimatte inclus un outil (subtilement baptisé Grain Killer) pour retirer la granulation de l'image à incruster. Shooter les différents éléments de l'incrust à la même vitesse, avec le même type de pellicule (si possible) ainsi que les exposer et les développer de la même manière semble dans l'ordre des choses.

Les images concernant ce test proviennent des fichiers d'exemple de Primatte (vous pouvez les télécharger ici, pour vos tests).

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