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Effets spéciaux visuels - 3D
After Effects


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AFTER EFFECTS 5.5
L’ART EN MOUVEMENT
Sylvain Pallix  

After Effects est une référence dans le milieu de la création audiovisuelle. De prime abord plus complexe qu’un classique logiciel de montage, son violon d’Ingres est la création d’images en multiples couches aux mouvements léchés. Pour le trucage et l’habillage… vous serez parés pour produire de l’image haute-couture..

Les amoureux du plan cut et du fondu enchaîné pour le montage de leurs films de famille passeront tout de suite leur chemin, la plupart des documentaristes aussi. Ici, vous êtes dans l’un des paradis du trucage numérique. On jongle avec les images en multiples couches manipulées au pixels près. Les professionnels parlent alors de compositing.
Avec les version 5.0 et 5.5, Adobe a supprimé le dongle, cette clé de protection électronique. L’argument ? Cette protubérance ne gène que les clients réguliers puisque les utilisateurs pirates s’en passent. Adobe France vient d’ailleurs de se doter d’une cellule anti-piratage.

Différence entre un logiciel de montage et un logiciel de compositing ?

Le premier familier à beaucoup de nos lecteurs permet d’assembler des séquences bout à bout et d’y associer des transitions, voire de filtrer les images. Organiser un récit audio visuel recevable par le spectateur relève de leur mission numéro un. Plus enclins aux images surréalistes, aux jingles ou aux clips, les logiciels de trucages travaillent eux sur des éléments en calques individuels superposés. Un calque par élément à contrario de la traditionnelle piste de montage capable d’aligner un nombre quasi-illimité de plans. Les logiciels de montage qui bénéficient de pistes multiples accèdent déjà au compositing mais ils n’atteignent que partiellement (pour les meilleurs) le niveau de sophistication d’outils spécialisés. Un Final Cut mêlant les deux principes de manipulation des images - montage et compositing - doit disposer de 30% des fonctionnalités d’un After Effects. D’aucuns noteront qu’il répond ainsi aux besoins courants des monteurs pour l’habillage.

Deux versions d’After Effects sont proposées. Celle dite Standard dispose des principaux outils de composition 2D/3D, d’animation et de gestion des effets spéciaux. La version Production renforce les effets visuels avec des outils supplémentaires de masquage, d’animation, de déformation, de 3D, de peinture de vecteurs ainsi que la gestion d’un mode 16 Bit de profondeur de couleur par couche ou la gestion du rendu en réseau. Cette dernière possibilité concerne les ateliers de création pour disposer d’un partage du calcul des travaux sur plusieurs ordinateurs reliés.


L’interface chargée est adaptée soit au grands écrans 19’ et plus ou au double écran. Et la souris pourra se compléter d’une tablette graphique plus de souplesse dans les manipulations. Ici, on jongle avec les images de façons intuitive sur l’ensemble de ses paramètres : taille, transparence, position dans l’espace ou rotation… Comme pour un logiciel de montage, les éléments de la création sont travaillés de manière virtuelle non destructive pour les originaux. En revanche, tout projet réclamera un calcul intégral de la première à la dernière image aboutissant à un tout nouveau fichier compilé.

LE CHUTIER

C’est dans la Fenêtre de projet que s’important les médias de la composition baptisés métrages mais aussi des compositions déjà structurées en emboîtement gigogne.. Une composition est un projet complet et After Effect sait en gérer plusieurs en parrallèle.

La version 5.5 prend en compte de multiples formats à l’import comme à l’export. Ne cherchez pas de module de capture vidéo ou d’acquisition type scanner. Adobe recommande de favoriser certaines mises à niveau des images dans le logiciel de création en amont. Pour rester dans les produits maison : Photoshop pour la manipulation des photos et Premiere pour le montage vidéo (mise à la bonne échelle des éléments, colorimétrie…) … Une composition multi-calques issue de Photoshop sera reprise en l’état - une piste par calque - y compris les calques d’ajustement et sans perdre les effets les plus répandus, les masques vectoriels, ou la transparence (couches alpha)…

Un double-clic sur un élément l’ouvre dans une fenêtre Media permettant la pose de points In / Out. Tout fichier qui serait déplacé de son répertoire serait signalé comme manquant dans la composition (nom en italique + mire de barre couleur) . Un double-clic sur le métrage absent permet de le relocaliser manuellement.

LES FENETRES DE COMPOSITION ET MONTAGE

Une composition est un projet complet. After Effect sait en gérér plusieurs en parallèle.
Dans la Fenêtre de composition redimensionnable se prévisualisent les éléments de la création active. Soit on agit directement dans cette fenêtre à la souris, soit on manipule les outils de la Time-Line. On peut d’ailleurs amener un média soit sur la Time-Line, soit directement sur la fenêtre de composition avec calage sur la position courante du curseur. Un cadre de délimitation de l’image pour rappeler les limites d’un titrage, ce qui rentre dans un téléviseur ou ce qui lui échappe. Et les couches RVB comme celle alpha (transparence) sont affichables individuellement.

L’appareillage latéral de la Fenêtre de montage (time-line) et ses sous réglages montrent au coup d’oeil qu’il s’agit d’une interface plus musclée que celle d’Adobe Première. Ici, tout se manipule avec une redoutable précision dans l’espace et le temps.

Tout dépôt d’un élément à la souris provoque la création d’un nouveau calque. Trois catégories de réglages par calque : géométrie (taille, position, rotation…),effets (colorimétrie, flous, effets 3D…) et masques.



Pour délimiter les variations d’effets dans le temps et l’espace, After Effect fait appel aux traditionnels points clés (activables par l’icône chronomètre) ou par des expression en langage JavaScript.Chaque calque peut recevoir un nombre illimité de points clés.

Une option comme Dessin de trajectoire permet d’animer les objets dans l’espace en continu en mode lecture avec pose automatique de ces points. L’usage de courbe de Béziers et les options de suivi, tremblement, rotation ou bien de vitesse offrent de gérer finement tous les mouvement y compris accélérations et décélérations….
Des taquets ouvrent l’accès aux réglages en cascade. Ce qui donne une hiérarchie logique des fonctions et limite - en les refermant à volonté - l’encombrement courant du plan de travail. Chaque calque accède ainsi à ses réglages personnels. Autres fonctions en vrac : verrouillage d’une piste, visionnage d’un élément ou plusieurs isolés des autres, mode brouillon…. Et la manipulation des données se fait en agissant à la souris sur le chiffre affiché quant on ne souhaite pas rentrer à la main les angles ou les abscisses et ordonnées. Pratique ! Pour imbriquer les créations, retenez par exemple que la composition d’un personnage animé sur un fond transparent peut devenir le calque d’une autre composition (décors avec d’autres éléments).

 

 

BOITE A OUTILS EFFETS

Adobe connaît l’affection portée par les milieux de la création à ses logiciels Photoshop (retouche photo) et Illustrator (dessin vectoriel). Progressivement les produits s’articulent sur des palettes d’outils communes ou voisines et des raccourcis claviers similaires.

Compacte, la trousse à outils comporte des plumes pour tracer des trajectoires ou des masques à la courbe de Béziers et des outils de positionnement.

Positionnement de caméras ou de lumières dans un espace virtuel 3D, voici le truquiste transformé en chef opérateur pour agencer les images.

Même s’il existe le plug-in d’un éditeur tiers permettant de peindre et retoucher les images dans After Effect , ce dernier délaisse la carte rostoscoping au profit de son rival Commotion 4.1 chez Pinnacle. Le module Painting permet toutefois de dessiner très sommairement. On vous propose aimablement d’exporter en format film vers Photoshop (.flm) pour des travaux plus musclés. Mais ce format est très lourd à manipuler.

 

 

LES MASQUES

Le principe d’usage de masques intervient beaucoup dans la création multi-couches. Jusqu’à 127 pour un même média ! Cacher partiellement un élément permet des compositions subtiles. Et la version 5.5 les a renforcé, l’option SmartMask affinant la finesse d’un masque mobile accompagnant un objet en mouvement. Le découpage d’un élément se trace à la plume ou s’organise à partir d’une forme primaire rectangle ou ovale (Palette Outils).


     

 

FAMILLES D’OBJETS :
RELATION PARENT / ENFANT


La synchronisation des évènements a été renforcées depuis la version 5.0. Adepte du regroupement familial, After Effect dispose donc d’une fonction Parent pour hiérarchiser les données. Ainsi, un élément sur lequel on agit peut asservir d’autres éléments de la composition qui en sont tributaires. Exemple : bouger une photo, parent de son bord flou sur un calque séparé, verra les deux éléments se déplacer simultanément. Sens de la famille oblige, After-Effect sait reprendre les compositions multi-couches issues d’Illustrator, Photoshop ou Premiere. Pour ce dernier, c’est la portion de montage exportée vers After Effect qui s’organise automatiquement en calques différenciés audio et vidéo. Mais il s’agit d’éléments vidéo bruts dénués de tout filtre ou transitions à l’exception de certains filtres de correction d’image. A noter qu’un plug-in optionnel (de chez Automatic Duck)apporte désormais cette fonctionnalité à Final Cut Pro (existe aussi pour Avid).


PREVIEW EN RAM

Plus astucieux que par le passé, et capable de ne recalculer que les segments modifié d’une composition en visionnage, le preview en RAM est un atout pour la productivité. Les truquistes auront un intérêt majeur à disposer de I Go de RAM, voire plus quand la machine le permet. Manipuler une image de 30 000 pixels x 30 000 requiert 3,5 Go de RAM quand une image de 30 000 x 486 se contente de 60 Mo. Enfin une image de 16 bit de profondeur couleur par couche consomme le double de mémoire vive qu’une en 8 Bit.
Pour améliorer la perception qualitative de son travail, certains fabricants comme Canopus et Matrox proposent un plug-in qui permet d’exporter le rendu de l’image en cours vers un moniteur vidéo ou un téléviseur. Attention, il ne s’agit que d’un instantané qui se recalcule chaque modification de l’image affichée pas à pas. Mais en aucun cas, il n’y a lecture en continu vers l’affichage vidéo . Inexistant, le calcul en tâche de fond à la manière de Fast Studio DV optimiserait les temps de rendu, surtout avec les ordinateurs en bi-processeur accessibles aujourd’hui. Pour alléger la charge la fonction Doublure sait dupliquer des éléments en basse résolution pour favoriser une prévisualisation plus rapide ou tester un type de composition.

PRIX ET MACHINE TYPE
Mac et PC dont OS X et Windows XP.

Version Standard 999 Euros
Version Production 1194 Euros
Mise à jour 149 Euros
Nombreuses pistes de composition, et prévisualisations en mémoire justifient de disposer d’un ordinateur puissant et généreusement doté en RAM (128 Mo mini).

Le Pentium II est ici le minimum syndical. Mais les Atlon XP et autres Pentium 4.0 sont mieux armés pour accompagner les projets ambitieux.
Bi-processeurs bienvenus sur PC, ou sur Mac avec les nouvelles machines 2 x 1 GHz. Pour ces derniers, le ticket d’entrée est un processeur G4.


2D TRAITEE EN 3D

Adobe a intégré une suite d’outils assez facile d’emploi pour gérer des éléments 2D (images, textes, vidéo) dans un espace en 3D. En quelques clics de souris, extrudez l’image pour simuler le relief (plug-in Zaxwerks 3D Invigorator) puis posez des caméras et des lumières…
Avec la version 5.5, l’infographiste a accès à des angles multiples d’observation de la composition et ceci en plusieurs fenêtres comme dans un logiciel de création 3D. Travaillez même l’effet de profondeur de champ !


De vrai éléments 3D aux formats Softimage, PIC, RLA ou Electric Image sont importables dans les compositions.

AUDIO : WAV , AIFF, MP3…

After Effect n’est pas à proprement parler un éditeur audio ni une vraie console de mixage son. Les formats en entrée sont Wav, Aiff, µlaw et MP3. Les éléments audio sont aussi traités comme des calques individuels mais ne proposent pas de visualisation en ondes. La section audio comporte un bloc de contrôle doté d’un vu-mètre avec des commandes de niveaux. S’y ajoutent quelques filtres dont l’égalisation, le retard, la réverbération…


EXPORT : VIDEO ET FLASH

Le format SWF de Macromédia Flash est en pleine expansion. Ce format de séquences animées léger et vectoriel est repris par différents logiciels (Toonz Animation , Swish, Coffee Cup FireStarter ou bien Live Motion chez Adobe). Voilà donc bien un espace de création sophistiqué pour l’habillage de sites Web. Autres choix d’export : Real Vidéo, Quicktime , AVI, DV, Wav compris

PLUG-INS VARIES

After Effect propose dès l’installation 80 plug-ins d’effets ou transitions dont certains ne sont pas sans rappeler ceux de Photoshop ou Premiere. Les palettes d’effets adoptent d’ailleurs un classement catégoriel comme dans Premiere . Les effets de chaque calque sont visualisables dans une fenêtre séparée (Palette d’effets). Par rapport à certains logiciels de montage, la puissance de traitement s’observe ici sur la finesse de traitement avec un anti-aliasing performant, la gestion de flous animés ou des ralentis avec une interpolation impeccable dénués de vibrations parasites dans toutes sortes de résolutions. Exemple d’effets: Danse de cartes, générateur de vagues, flous variés, onde radio, Warping Bézier (déformations), Brouillard 3D, L’éclair avancé (décharges électriques animées) Laboratoire de particules (canon, particules)…

    

En devenant un standard de l’industrie de l’image, After Effect s’est attiré la sympathie des concepteurs de plug-ins. Pour enrichir la librairie initiale, le logiciel accepte donc un grand nombre de modules tiers capables d’enrichir ses capacités de trucage. Différentes bibliothèques existent sur le marché, et régulièrement, les éditeurs peaufinent une précédente version ou en créent de nouvelles. On peut en avoir un aperçu sur www. adobe.com/products/plugins/aftereffects/main.html

LES PLUS
  • L’un des standards de l’industrie audiovisuelle et multimédia
  • La richesse fonctionnelle
  • Fiabilité du logiciel
  • Nombreux plug-in
  • La gestion d’éléments en espace 3D
  • L’export Flash
LES MOINS
  • Motion-tracking ( version production) peu fonctionnel
  • Pas de module de retouche image / image.
  • Pas de version light pour l’apprenti truquiste
  • Les boutons et icônes à la taille fixe assez minuscule.
  • Pas de relocalisation automatique d’un média déplacé sur disque dur

LES VOISINS D’EN FACE

Dans des gammes de prix voisines, Pinnacle Commotion 4.1 met en avant ses capacités de tracking vidéo et de retouche image / image pour le rotoscoping. Boris Red d’Artel Software est un autre logiciel de compositing réputé qui sait fonctionner en plug-in dans différents logiciels dont Avid Xpress DV, Adobe Premiere, Ulead Media Studio… Dans des gammes de prix supérieurs, on trouve Combustion ou Flame de Discreet mais aussi Avid DS. Enfin sur le créneau des logiciels de montage incorporant d’emblée un compositing de haut niveau, on notera Final Cut Pro (Apple) ou Fast Studio DV et autres déclinaisons (Pinnacle) qui dispose même d’une fonction Xsend pour adresser directement des séquences dans After Effect. Final Cut accepte d’ailleurs les plug-ins type After Effects, Fast Studio ceux compatibles Adobe Premiere.


CONCLUSION

L’affection des truquistes pour After Effect semble légitime au regard de son rapport qualité / prix. Fiabilité sur Mac ou PC, sophistication à la hausse pour d’éblouissantes compositions…. C’est un outil de référence pour les ateliers de production affiliés au cinéma, la télévision, la pub ou la création pour le Web. L’apprentissage est moins intuitif qu’avec une classique interface de montage vidéo mais After Effect se laisse apprivoiser par paliers. L’amateur créatif pourra aussi se laisser tenter. Sachez qu’une version dévaluation est téléchargeable sur le site d’Adobe (71 Mo pour la version Windows, 109 Mo pour la version Mac).


Sylvain PALLIX

 

© 1997-2003 MIREADE - Sylvain Pallix

Tous droits de reproduction réservés et soumis à autorisation écrite préalable

 

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