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Vidéo Tracker, prise en main
Antoine Soltys

Difficile aujourd'hui de contester la suprématie grandissante de Adobe Première comme logiciel de montage virtuel.
Vidéo tracker se positionne donc en complément de ce dernier, mal adapté pour certaines tâches.
Il repond à des besoins spécifiques comme la capacité à gérer une importante quantité de rushes ou encore le pilotage fiable et facile de matériels pilotés et non pilotés en vue d'une utilisation off-line.

Ne cherchez pas d'effets spectaculaires dans Vidéo Tracker : on trouve simplement le fondu enchaîné, un volet, et le réglage du volume et du panoramique pour l'audio.

Priorité est donnée aux fonctions essentielles du montage.

Même si les capacités des disques durs deviennent de plus en plus importantes, le montage on-line n'est possible que sur une durée relativement limitée. le DV a amélioré les choses avec un débit raisonnable (env 3,6 Moctets /sec) mais les disques se remplissent toujours trop vite !

L'idée générale de Vidéo Tracker est donc de privilégier le montage Off-line : le montage se fait sur des rushes capturés en basse qualité.Cela permet de gérer une quantité importante de rushes : jusqu'à 64 heures d'images (2 Goctets par heure de rush).
Quand le montage est finalisé, le logiciel lance une conformation On-line : Les rushes utiles au montage sont recapturés en haute qualité. Le programme peut alors lire directement la vidéo montée sur la timeline.
La génération d'un master audio est aussi possible avant cette conformation.

Le logiciel sait parfaitement gérer l'interface série RS422 et permet aussi de conformer un projet à partir d'une machine non pilotée.

  •  Prenons un exemple concret :

L'ordinateur de montage est équipée d'une carte d'acquisition MJPEG peu chère : DC10 ou DC 20 et d'un contrôleur firewire de base (adaptec 8945).
Au moment de la capture en basse résolution qui s'effectuera avec la carte MJPEG, il suffit d'incruster le timecode au début et à la fin du rush.
Dans le logiciel, on utilise alors la fonction "saisie time code" pour associer la valeur lue à l'écran au fichier AVI. On obtient alors un rush en qualité maquette "timecodé".
Au moment de la conformation, le logiciel va utilisé la carte Firewire pour capturer la source DV.
Signalons tout de même que le contrôle DV du logiciel reste à finaliser.

  •  Autre solution :

un système de "Bip" permet de marquer une bande pour utiliser un appareil non piloté. Ce bip est utilisé pendant la conformation pour synchroniser les rushes.
Il faut toutefois pouvoir générer ce bip sur la bande sans écraser l'image en utilisant par exemple la piste PCM de certains camescopes Hi-8. A la conformation, la lecture est alors lançée manuellement par l'utilisateur, le logiciel se chargeant de repérer ces "Bip".

 

Etudions le logiciel de plus près...

Les phases de conception s'enchaînent logiquement mais il est important de les respecter sous peine de se retrouver bloqué ou perdu.

      Une fois la capture réalisée depuis le logiciel, on peut directement éliminer les rushes inexploitables grâce à la commande consolidation.

On crée ensuite un chutier qui propose dans un menu déroulant la liste des rushes sélectionné précedemment. Pour chaque rush, les points in et out permettent de créer des plans virtuels. On peut facilement choisir une image de réfèrence pour le vignette symbolisant le plan.
Bien sûr, on peut créer de multiples chutiers pour organiser son travail.

     Il est temps de créer un fichier séquence (timeline) : c'est la partie la plus originale du programme. En effet, toutes les actions s'opèrent sur cette séquence.
Il n'y pas d'étape "moniteur" entre les chutiers et la séquence comme sous Première : il faut obligatoirement faire glisser les plans sur la timeline pour les visionner. Il est toutefois bien entendu possible de visionner ces plans depuis le chutier.
Pas d'overlay non plus : obligation de monter avec un moniteur de contrôle.

Pour travailler sur les plans, on utilise une piste "virtuelle" placée au dessus de la piste vidéo. On y fait les ajustements nécessaires (décalage, allongement de plans...) : cela est visualisable directement sur le moniteur.
Quand le plan source convient, on clique sur OK pour le placer effectivement sur la piste vidéo.

Une modification sur un plan s'opère de la même façon : on choisi l'action à effectuer dans un menu déroulant (A/B Roll, insert vidéo, décalage audio...), le plan se place sur la piste d'ajustement, on le travaille et la touche "entrée" vient valider les modifications.

Cette méthode peut dérouter au premier abord, mais devient vite efficace pour monter rapidement un projet.

Une fonction très interessante est la possibilité de créer plusieurs séquences : on peut alors copier des plans d'une timeline à une autre. Cela permet de visionner par exemple plusieurs versions d'un montage sans devoir compiler le film, la lecture depuis la timeline étant parfaitement fluide.

 

     La partie audio est évoluée puisqu'il est possible de lire en écoute simultanée et en temps réel 5 pistes stéréo.
La désynchronisation accidentelle de l'audio et de la vidéo est impossible. L'on peut aussi resynchroniser une vidéo et son fichier audio d'origine si on les a séparés délibérement auparavant.
Le réglage du volume et du panoramique peut s'effectuer en temps réel pendant la lecture au montage.

 

Pour être juste, disons tout de même, en matière de conclusion, que le logiciel est loin d'être parfait. Pour l'exploiter il faudra commencer par s'habituer à sa philosophie et à sa présentation. L'interface n'est en effet ni très "sexy" ni même intuitive. Les raccourcis claviers sont ceux implantés par l'auteur et nullement paramétrables.

En revanche, Vidéo Tracker peut séduire les personnes voulant un système performant pour gérer un grand nombre de rushes (documentaire par exemple).

Le montage off-line permet de réduire de façon importante les coûts de productions.

Enfin, l'habillage du film peut s'effectuer sur des logiciels plus axés "multimédia", une passerelle à base d'export est possible avec Première.

Antoine Soltys

 

© 1997-2001 Mireade

Tous droits de reproduction réservés et soumis à autorisation écrite préalable

Mise en page Antoine Soltys / MR