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ADOBE PREMIERE 6.0
Sylvain Pallix

UNE VERSION PLUS PRODUCTIVE

Passerez-vous à Premiere 6.0 ? La question se pose à tous ceux qui suivent le logiciel de montage vidéo d'Adobe et déjà ésuipés d'une carte compatible. Pour les nouveaux , qui le trouveront en bundle avec des cartes pour Mac ou PC, il sera un passage obligé dès février. De nombreuses nouveautés participent du nécessaire coup de fouet.

Compatible cartes DV standardisées (OHCI), effets avec nouvelles palettes de gestion et contrôle, pistes de key-frames, bloc vu-mètres audio et mixer virtuel, palette historique, nouveau chutier, export dans une majorité des formats web disponibles…. Voilà en vrac quelques apports d'un Premiere en quête d'un nouveau souffle. Sur Mac, certains diraient la messe est dite eu égard au succès de Final Cut Pro. Mais pour reprendre du poil de la bête, Adobe met en avant la fiabilté de Premiere 6.0, laquelle avait longtemps fait défaut aux différentes versions de Premiere entre 5.0 et 5.1xx. Lors du programme de Beta test auquel j'ai participé, la machine dédiée était équipée d'une DVRaptor qui s'est fort bien comportée. Autre carte installée: une ADS Pyro pour l'approche avec une carte OHCI standard. A défaut d'un nouveau driver - pour les cartes qui fonctionnaient déjà sous Premiere 5.1 - notez qu'un patch sera nécessaire pour activer le bloc Mixer et vu-mètres. Inutile en revanche pour les cartes OHCI utilisées avec le driver de Microsoft..

OHCI

Si la norme OHCI permet de fabriquer des cartes économiques capable de faire transiter le DV - même Adaptec vient de s'y rallier ! - encore faut-il que le logiciel de montage sache aussi s'y conformer. Premiere 5.1 faisait l'impasse sur cette compatibilité pour le PC, s'étant seulement contenté d'un plug-in sur la version Mac pour émuler les prises originelles ou autres cartes en IEEE-1394. Il est vrai que sur Mac, la charge lourde de Final Cut faisant beaucoup de dégâts, Adobe s'est senti plus menacé. Sur PC, le challenger Media Studio Pro de Ulead avait pris de l'avance dans ce domaine, avec une version 6.0 capable d'tiliser en DV ces fameuses cartes IEEE 1394. Même son VideoStudio 4.0 plus basique et peu cher sait en tirer profit. Premiere 6.0 franchit enfin le pas de cette compatibilité et sait piloter, capturer et restituer depuis votre périphérique DV, moyennant l'une de ces cartes du marché proposée entre 650 et 1 000 F. Si votre camescope ne répond mal aux sollicitations du module de capture, changez pour un réglages affiné correspondant à la marque et au modèle de votre camescope DV.
Rappelez-vous toutefois qu'il doit être DV In pour réexporter le film sur bande à la fin du montage. Avec des PC puissants d'aujourd'hui et à la RAM plus généreuse que par le passé, les cartes OHCI s'en sortent bien. Surtout avec le nouveau codec DV intégré à DirectX 8.0 de Microsoft. A noter sous Windows 98SE : les captures génèrent des fichiers jusqu'à 4 Go en Fat 32 soit 18 mn en DV. Précisons que les pixels non carrés sont gérés, cas du DV en Pal par exemple, évitant ainsi certaines distorsions notamment lors de la réalisation d'effets.
Un plus pour ces cartes OHCI: lors de la modification d'un effet ou lors d'un scan à la souris (Alt + scrub), celui-ci est visible en sortie vidéo analogique du camescope DV.
Un moins: Premiere ne propose pas de voir l'effet se réaliser de la même façon lorsque le calcul est lancé. Ce que sait faire une Edit DV 2.0 de Digital Origin avec les mêmes cartes.
Néammoins, ces cartes très accessibles ne doivent pas vous faire oublier l'addition finale: un nouveau client de Premiere devra débourser 5500 F pour le logiciel et 700 F pour la carte (en moyenne). Soit 7 200 F sur PC ! Et sur Mac aujourd'hui le logiciel seul. Regardez alors du côté des solutions clés en mains pour PC comme une Canopus DVRaptor, une Fast DV.now, une Pinancle DV200 / 500 ou une Matrox RT2000, qui incluent toutes Premiere 5.1c complet et bientôt 6.0. Les quatre premières s'avèrent moins chères que le kit en pièces détachées proposé plus tôt puisqu'on les trouve entre 3500 F et 7000 F. Et la seconde à 9 400 F, inclut une carte graphique dans laquelle le système y gère des effets 2D/3D temps réelsophistiqués. Sans oublier que les DV.now AV, DV500 et RT2000 intégrent des entrées sorties analogiques pour pourvoir gérer des équipements vidéo variés. Ou bien encore que les offres logicielles incluent la réalisation de DVD, des titreurs Broadcast ou de la création musicale. Notez aussi dans le registre économique deux cartes aux drivers optimisés comme la DV.now Lite et la Canopus EZDVqui dans peu de temps sauront tirer profit de Premiere 6.0 avec des temps de calcul optimisés. La seconde s'offrent même le luxe d'un tripple buffer pour des scrubbing requarquables et une réactivité accrue sur de longs montages. Le choix de la carte OHCI basique et pas chère concernera plutôt les possesseurs de cartes analogiques et déjà titulaire d'une licence Premiere. L'addition avec cette fois une mise à jour préférentielle peut rendre ce choix financièrement intéressant. Il n'y a pas de contre-indication de principe pour la cohabitation de cartes M-JPEG et DV dans un même ordinateur. Et à priori- sauf cas d'espèce - les drivers Premiere 5.1 de vos "vieilles" cartes analogiques doivent tourner avec Premiere 6.0.

JONGLEZ AVEC L'INTERFACE

Premiere propose 4 paramétrages de l'interface. Des dispositions des diffèrentes fenêtres en fonction d'un type de travail particulier sur l'image, le son ou les effets. Mais mieux encore, définissez vos espaces de travail mono ou bi-écran et rappellez les à volonté. Ainsi, pour une même session de montage vous pourrez jongler instantanément entre des dispositions particulières adaptées au traitement spécifique en cours.

LES BONS REGLAGES

De très nombreux coups de fil vers les hot-line des fabricants de cartes ou d'Adobe renvoient souvent à un mauvais paramétrages des choix de formats (NTSC au lieu de Pal), de taille d'image (exemple: 720 X 576 pour le DV), ou de codec ( exemple: différent en export et calcul de celui requis en capture et montage), voire encore de format audio. Même les plus avertis se font quelquefois piéger. Ici, un tableau des réglages - appelable à volonté - vous les affiche en colonne: capture, élément vidèo sélectionné, montage et exportation. Et en cas de différences, la ligne concernée devient rouge pour vous souligner que quelque chose cloche. Un utilitaire qui évitera parfois de s'arracher inutilement les cheveux.

FENETRE DE CAPTURE

Adobe a rassemblé en deux onglets dans la fenêtre de capture, le panneau de log et l'accès aux réglages. Facile donc de vérifier si le module de pilotage est bien le bon, voire de modifier les paramètres inscrit dans la fenêtre récapitulative. Autre plus: le temps entre un point In et un point Out est signalé, infos qui jusqu'alors faisait défaut.

CHUTIER REAMENAGE

Plus pratique que par le passé, le chutier fonctionne en répertoires principaux alignés en colonne avec sous répertoires pssibles. Les séquences capturées peuvent être lue immédiatement sans avoir à la ouvrir et - pratique - la vignette d'identification peut être modifiée pour mieux visualiser un élément du contenu. Mais sans pour autant changer le point In provisoire de cette même séquence.

PRE-MONTAGE RAPIDE

Dès le début d'un projet mais aussi au cours d'un long montage, assembler une séquence particulière se fera très souplement dans la fenêtre Story-Board dont les versions antérieures de Premiere offraient une approche moins aboutie. Ici, vous placez les rushs comme un jeu de carte étalé, vous pouvez modifier les points In et Out puis prévisualiser le tout en plein écran informatique, ou vidéo par la sortie analogique des cartes DV. Un plan est mal placé ? Déplacez le d'un coup de "Drag and Drop" (glisser, lâcher à la souris). Quand le résultat vous agrée, il sera adressable en début, fin de montage, ou à la position du curseur sur les pistes. Reprenant le principe du Fast.forward de Fast, on peut décider que les rushs se placeront en file indienne, ou en parrallèle pistes A et B, voire en segments croisés avec une transition prédéfine sur une durée de son choix.

FENETRE MONITEURS

Les moniteurs de contrôle en Lecture et Montage n'ont pas subit de gros lifting. Une icône pour les marqueurs fait son apparition et 3 autres pour choisir plus rapidement le type d'affichage: mono-écran, bi-écran ou mode Trim. Ce dernier mode est lui sensiblement amélioré puisqu'on ne se contente plus de corriger un raccord sur deux éléments vidéo qui se suivent sur la même piste. Sur toute nouvelle piste additionnée, le monteur peut intervenir pour parfaire l'enchaînement des plans en cut sur la time-line.

TIME-LINE

Globalement similaire à la précédente Time-Line, la version 6.0 révèle ses nouveautés par le détail. Commande en menu dédoublée par une palette d'outils en bas de denêtre (le magnétisme, la création de nouvelles pistes, montrer la vidéo quand on manipule les poignées des plans...) mais aussi par l'apparition d'une piste pour appliquer des points clés (key-frames) le long de chaque piste audio et vidéo. Les éléments posés sur la Time-Line précisent si vous êtes en butée In et Out par un angle grisé. Et la poignée pour raccourcir ou allonger un élément vous confirme le sens où vous allez tirer.

EFFETS

L'apport des plug-ins After Effect, dont 25 sont offerts, va favoriser votre créativité même si les plus blasés rétorqueront que certains existent déjà pour Premiere. Les effets: transitions, filtres vidéo et audio sont désormais rassemblés en palettes flottantes similaires. Et la palette de contrôle avec ses effets empilables, l'accès au points clés ou encore sa commande d'activation et désactivation, renvoie à l'ergonomie d'After Effect. Avec les cartes OHCI, vous remarquerez que toute mise à jour de l'effet affiche le futur résultat dans la fenêtre de montage ou en plein écran vidéo via la prise DV du périphérique. Idem pour le scrubbing sur toute zone d'effets. En revanche, il faudra toujours regarder la seule barre de calcul travailler même étoffée de quelques indications supplémentaires sur les calculs en cours. Hors de rares cartes comme la RT2000 qui affiche plein pot cette réalisation progressive du nouvel effets, rien donc en sortie vidéo pour s'occuper ou distraire un client. Une fonction d'autant plus pratique qu'elle permet aussi d'interrompre la réalisation d'un effet au résultat à priori douteux (gain de temps !).

AUDIO

Nouveauté incontournable: le bloc mixer avec vu-mètres. La création d'une piste audio supplémentaire ouvre une nouvelle barre de contrôle. Ecriture sur une ou plusieurs pistes simultanément et automation pour définir des niveaux en lecture, les appliquer ou les annuler. Le gain peut être rentré manuellement dans une fourchette de + 6 à - 119 dB. Idem pour la balance audio (pan) qui dispose aussi du classique bouton rotatif des consoles de régie.
Cet outil manque à différents logiciel rivaux de Premiere dans sa catégorie de prix dont Final Cut 1.2.5, Edit DV 2.0 et Media Studio Pro 6.0. Et sur PC seulement, Premiere peut enrichir sa bibliothèque de filtres audio par ceux compatibles DirectX. Steinberg, Canam Computers et Sonic Foundry entre autres en propose différentes collections. Seul problème, je ne suis pas arrivé à les faire fonctionner. Et ils n'apparaissent pas dans la fenêtre de contrôle. Pour les formats, le MP3 en vogue est désormais géré.

EXPORT WEB

Avec en plugin un Cleaner 5.0 EZ, mouture allégée du nouveau Media Cleaner, et des versions à jour des modules d'exports de Real et Windows Media, Premiere s'affirme comme le logiciel le plus riche en traitement des formats de vidéo pour le Net depuis sa time-line. Cette dernière peut même accueillir les marqueurs qui déclencheront de nouvelles pages HTML lors de l'exploitation des séquences vidéo par l'internaute.

QUELQUES MANQUES

Pas de pilotage des périphérique type RS232-422 ou Lanc et autres. Seul le DV en IEEE-1394 a fait l'objet d'une approche exhaustive (Oui pour Final Cut ou Media Studio Pro). Et les rares plug-ins qui existent peuvent valoir de la moitié à presque aussi cher que le coût de Premiere en lui-même.
Toujours pas d'oscillo-vecteurscope dans la version PC.
En Time-Line, on ne profite pas des points-clés pour faire varier la vitesse.
Pas de boutons, vignettes images ou pistes audio zoomables à volonté. On reste dans les limites de la version précédente.
Le regroupement des outils en palette flottante type Photoshop serait bienvenu tant qu'à vouloir harmoniser les logiciels chez Adobe.
Enfin l'absence de capture en MPEG-2 (avec une carte MJPEG par exemple) comme d'export à ce standard sont des lacunes alors que cette possibilité existe dans Media Studio Pro 6.0. Là encore, il faudra recourir à des plug-ins spécialisés (exemple: LSX de Ligos. Le MPEG-1 et 2 sont toutefois lus en time-line et le Cleaner propose le MPEG-1 à l'export .

Existera-t-il une version allégée pour doper le marché des cartes OHCI ? A l'image des offres à 1300 F incluant un Media Studio Pro 6.0 allégé, un VideoStudio 4.0 et une carte IEEE-1394 dans la même boîte, comme ce tandem Ulead et Pyro qui allèche des amateurs et pros peu fortunés ?
Selon une étude interne d'Adobe, 65% des professionnels utilisent Adobe Premiere. Un pourcentage qui ne distingue pas les catégories de professionnels. On aurait aimé connaître la proportion dans le Broadcast. Encore qu'avec la montée en puissance des formats DV en production, on peut assembler des sujets sans disposer de coûteux systèmes hardware et logiciels. Même les chaînes n'hésitent plus à transgresser leurs usuelles relations avec les leaders du secteurs type Avid, Media100 et autres Edit pour se tourner vers du Final Cut Pro ou Premiere. Et quand ce n'est pas la télé, ce sont la kirielle de sociétés de production qui les fournissent qui rechignent moins aujourd'hui à s'adonner au virtuel plus allégé. Ils craignent moins certaines pression syndicales ou corporatistes et parient aussi sur une jeune génération plus ouverte à la nouveauté.
Avantage pratique propre à de rares logiciels de montage dont Premiere: un projet réalisé sur PC peut-être réouvert sur Mac, ou l'inverse.
N'oublions pas, comme pour la version précédente, qu'After Effect pourra afficher les calques d'un projet élaboré dans Premiere (patch en préparation chez Adobe).
Nouveau en revanche: on peut désormais réouvrir une application externe, comme Photoshop ou Illustrator et autres, à partir de l'élément en piste. Sa modification dans l'application originelle aura pour effet d'apporter aussi la modification à votre montage.
Et enfin, pour la bonne bouche, la palette historique type Photoshop est de la partie pour des retours en arrière jusqu'à 99 actions. Des retouches fines pour montages toujours mieux maîtrisés.

Sans être une révolution, Premiere 6.0 semble être une sérieuse évolution. J'ai d'ailleurs pu sans problème y assurer toutes les finitions d'un film de Mode élaboré au préalable dans Premiere 5.1c et avec un traitement de compositing poussé.

Sylvain PALLIX

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