OHCISi la norme OHCI permet de fabriquer
des cartes économiques capable de faire transiter
le DV - même Adaptec vient de s'y rallier ! -
encore faut-il que le logiciel de montage sache aussi
s'y conformer. Premiere 5.1 faisait l'impasse sur cette
compatibilité pour le PC, s'étant seulement
contenté d'un plug-in sur la version Mac pour
émuler les prises originelles ou autres cartes
en IEEE-1394. Il est vrai que sur Mac, la charge lourde
de Final Cut faisant beaucoup de dégâts,
Adobe s'est senti plus menacé. Sur PC, le challenger
Media Studio Pro de Ulead avait pris de l'avance dans
ce domaine, avec une version 6.0 capable d'tiliser en
DV ces fameuses cartes IEEE 1394. Même son VideoStudio
4.0 plus basique et peu cher sait en tirer profit. Premiere
6.0 franchit enfin le pas de cette compatibilité
et sait piloter, capturer et restituer depuis votre
périphérique DV, moyennant l'une de ces
cartes du marché proposée entre 650 et
1 000 F. Si votre camescope ne répond mal aux
sollicitations du module de capture, changez pour un
réglages affiné correspondant à
la marque et au modèle de votre camescope DV.
Rappelez-vous toutefois qu'il doit être DV
In pour réexporter le film sur bande à
la fin du montage. Avec des PC puissants d'aujourd'hui
et à la RAM plus généreuse que
par le passé, les cartes OHCI s'en sortent bien.
Surtout avec le nouveau codec DV intégré
à DirectX 8.0 de Microsoft. A noter sous Windows
98SE : les captures génèrent des fichiers
jusqu'à 4 Go en Fat 32 soit 18 mn en DV. Précisons
que les pixels non carrés sont gérés,
cas du DV en Pal par exemple, évitant ainsi certaines
distorsions notamment lors de la réalisation
d'effets. Un plus pour ces cartes OHCI: lors de
la modification d'un effet ou lors d'un scan à
la souris (Alt + scrub), celui-ci est visible en sortie
vidéo analogique du camescope DV. Un moins:
Premiere ne propose pas de voir l'effet se réaliser
de la même façon lorsque le calcul est
lancé. Ce que sait faire une Edit DV 2.0 de Digital
Origin avec les mêmes cartes. Néammoins,
ces cartes très accessibles ne doivent pas vous
faire oublier l'addition finale: un nouveau client de
Premiere devra débourser 5500 F pour le logiciel
et 700 F pour la carte (en moyenne). Soit 7 200 F sur
PC ! Et sur Mac aujourd'hui le logiciel seul. Regardez
alors du côté des solutions clés
en mains pour PC comme une Canopus DVRaptor, une Fast
DV.now, une Pinancle DV200 / 500 ou une Matrox RT2000,
qui incluent toutes Premiere 5.1c complet et bientôt
6.0. Les quatre premières s'avèrent moins
chères que le kit en pièces détachées
proposé plus tôt puisqu'on les trouve entre
3500 F et 7000 F. Et la seconde à 9 400 F, inclut
une carte graphique dans laquelle le système
y gère des effets 2D/3D temps réelsophistiqués.
Sans oublier que les DV.now AV, DV500 et RT2000 intégrent
des entrées sorties analogiques pour pourvoir
gérer des équipements vidéo variés.
Ou bien encore que les offres logicielles incluent la
réalisation de DVD, des titreurs Broadcast ou
de la création musicale. Notez aussi dans le
registre économique deux cartes aux drivers optimisés
comme la DV.now Lite et la Canopus EZDVqui dans peu
de temps sauront tirer profit de Premiere 6.0 avec des
temps de calcul optimisés. La seconde s'offrent
même le luxe d'un tripple buffer pour des scrubbing
requarquables et une réactivité accrue
sur de longs montages. Le choix de la carte OHCI basique
et pas chère concernera plutôt les possesseurs
de cartes analogiques et déjà titulaire
d'une licence Premiere. L'addition avec cette fois une
mise à jour préférentielle peut
rendre ce choix financièrement intéressant.
Il n'y a pas de contre-indication de principe pour la
cohabitation de cartes M-JPEG et DV dans un même
ordinateur. Et à priori- sauf cas d'espèce
- les drivers Premiere 5.1 de vos "vieilles"
cartes analogiques doivent tourner avec Premiere 6.0.
JONGLEZ
AVEC L'INTERFACE
Premiere propose 4 paramétrages
de l'interface. Des dispositions des diffèrentes
fenêtres en fonction d'un type de travail particulier
sur l'image, le son ou les effets. Mais mieux encore,
définissez vos espaces de travail mono ou bi-écran
et rappellez les à volonté. Ainsi, pour
une même session de montage vous pourrez jongler
instantanément entre des dispositions particulières
adaptées au traitement spécifique en cours. LES
BONS REGLAGESDe très nombreux coups de
fil vers les hot-line des fabricants de cartes ou d'Adobe
renvoient souvent à un mauvais paramétrages
des choix de formats (NTSC au lieu de Pal), de taille
d'image (exemple: 720 X 576 pour le DV), ou de codec
( exemple: différent en export et calcul de celui
requis en capture et montage), voire encore de format
audio. Même les plus avertis se font quelquefois
piéger. Ici, un tableau des réglages -
appelable à volonté - vous les affiche
en colonne: capture, élément vidèo
sélectionné, montage et exportation. Et
en cas de différences, la ligne concernée
devient rouge pour vous souligner que quelque chose
cloche. Un utilitaire qui évitera parfois de
s'arracher inutilement les cheveux. FENETRE DE
CAPTUREAdobe a rassemblé en deux onglets
dans la fenêtre de capture, le panneau de log
et l'accès aux réglages. Facile donc de
vérifier si le module de pilotage est bien le
bon, voire de modifier les paramètres inscrit
dans la fenêtre récapitulative. Autre plus:
le temps entre un point In et un point Out est signalé,
infos qui jusqu'alors faisait défaut. CHUTIER
REAMENAGEPlus pratique que par le passé,
le chutier fonctionne en répertoires principaux
alignés en colonne avec sous répertoires
pssibles. Les séquences capturées peuvent
être lue immédiatement sans avoir à
la ouvrir et - pratique - la vignette d'identification
peut être modifiée pour mieux visualiser
un élément du contenu. Mais sans pour
autant changer le point In provisoire de cette même
séquence. PRE-MONTAGE RAPIDEDès
le début d'un projet mais aussi au cours d'un
long montage, assembler une séquence particulière
se fera très souplement dans la fenêtre
Story-Board dont les versions antérieures de
Premiere offraient une approche moins aboutie. Ici,
vous placez les rushs comme un jeu de carte étalé,
vous pouvez modifier les points In et Out puis prévisualiser
le tout en plein écran informatique, ou vidéo
par la sortie analogique des cartes DV. Un plan est
mal placé ? Déplacez le d'un coup de "Drag
and Drop" (glisser, lâcher à la souris).
Quand le résultat vous agrée, il sera
adressable en début, fin de montage, ou à
la position du curseur sur les pistes. Reprenant le
principe du Fast.forward de Fast, on peut décider
que les rushs se placeront en file indienne, ou en parrallèle
pistes A et B, voire en segments croisés avec
une transition prédéfine sur une durée
de son choix. FENETRE MONITEURSLes moniteurs
de contrôle en Lecture et Montage n'ont pas subit
de gros lifting. Une icône pour les marqueurs
fait son apparition et 3 autres pour choisir plus rapidement
le type d'affichage: mono-écran, bi-écran
ou mode Trim. Ce dernier mode est lui sensiblement amélioré
puisqu'on ne se contente plus de corriger un raccord
sur deux éléments vidéo qui se
suivent sur la même piste. Sur toute nouvelle
piste additionnée, le monteur peut intervenir
pour parfaire l'enchaînement des plans en cut
sur la time-line. TIME-LINEGlobalement
similaire à la précédente Time-Line,
la version 6.0 révèle ses nouveautés
par le détail. Commande en menu dédoublée
par une palette d'outils en bas de denêtre (le
magnétisme, la création de nouvelles pistes,
montrer la vidéo quand on manipule les poignées
des plans...) mais aussi par l'apparition d'une piste
pour appliquer des points clés (key-frames) le
long de chaque piste audio et vidéo. Les éléments
posés sur la Time-Line précisent si vous
êtes en butée In et Out par un angle grisé.
Et la poignée pour raccourcir ou allonger un
élément vous confirme le sens où
vous allez tirer. EFFETS L'apport des
plug-ins After Effect, dont 25 sont offerts, va favoriser
votre créativité même si les plus
blasés rétorqueront que certains existent
déjà pour Premiere. Les effets: transitions,
filtres vidéo et audio sont désormais
rassemblés en palettes flottantes similaires.
Et la palette de contrôle avec ses effets empilables,
l'accès au points clés ou encore sa commande
d'activation et désactivation, renvoie à
l'ergonomie d'After Effect. Avec les cartes OHCI, vous
remarquerez que toute mise à jour de l'effet
affiche le futur résultat dans la fenêtre
de montage ou en plein écran vidéo via
la prise DV du périphérique. Idem pour
le scrubbing sur toute zone d'effets. En revanche, il
faudra toujours regarder la seule barre de calcul travailler
même étoffée de quelques indications
supplémentaires sur les calculs en cours. Hors
de rares cartes comme la RT2000 qui affiche plein pot
cette réalisation progressive du nouvel effets,
rien donc en sortie vidéo pour s'occuper ou distraire
un client. Une fonction d'autant plus pratique qu'elle
permet aussi d'interrompre la réalisation d'un
effet au résultat à priori douteux (gain
de temps !). AUDIONouveauté incontournable:
le bloc mixer avec vu-mètres. La création
d'une piste audio supplémentaire ouvre une nouvelle
barre de contrôle. Ecriture sur une ou plusieurs
pistes simultanément et automation pour définir
des niveaux en lecture, les appliquer ou les annuler.
Le gain peut être rentré manuellement dans
une fourchette de + 6 à - 119 dB. Idem pour la
balance audio (pan) qui dispose aussi du classique bouton
rotatif des consoles de régie. Cet outil
manque à différents logiciel rivaux de
Premiere dans sa catégorie de prix dont Final
Cut 1.2.5, Edit DV 2.0 et Media Studio Pro 6.0. Et sur
PC seulement, Premiere peut enrichir sa bibliothèque
de filtres audio par ceux compatibles DirectX. Steinberg,
Canam Computers et Sonic Foundry entre autres en propose
différentes collections. Seul problème,
je ne suis pas arrivé à les faire fonctionner.
Et ils n'apparaissent pas dans la fenêtre de contrôle.
Pour les formats, le MP3 en vogue est désormais
géré. EXPORT WEBAvec en
plugin un Cleaner 5.0 EZ, mouture allégée
du nouveau Media Cleaner, et des versions à jour
des modules d'exports de Real et Windows Media, Premiere
s'affirme comme le logiciel le plus riche en traitement
des formats de vidéo pour le Net depuis sa time-line.
Cette dernière peut même accueillir les
marqueurs qui déclencheront de nouvelles pages
HTML lors de l'exploitation des séquences vidéo
par l'internaute. QUELQUES MANQUES Pas
de pilotage des périphérique type RS232-422
ou Lanc et autres. Seul le DV en IEEE-1394 a fait l'objet
d'une approche exhaustive (Oui pour Final Cut ou Media
Studio Pro). Et les rares plug-ins qui existent peuvent
valoir de la moitié à presque aussi cher
que le coût de Premiere en lui-même.
Toujours pas d'oscillo-vecteurscope dans la version
PC. En Time-Line, on ne profite pas des points-clés
pour faire varier la vitesse. Pas de boutons, vignettes
images ou pistes audio zoomables à volonté.
On reste dans les limites de la version précédente.
Le regroupement des outils en palette flottante
type Photoshop serait bienvenu tant qu'à vouloir
harmoniser les logiciels chez Adobe. Enfin l'absence
de capture en MPEG-2 (avec une carte MJPEG par exemple)
comme d'export à ce standard sont des lacunes
alors que cette possibilité existe dans Media
Studio Pro 6.0. Là encore, il faudra recourir
à des plug-ins spécialisés (exemple:
LSX de Ligos. Le MPEG-1 et 2 sont toutefois lus en time-line
et le Cleaner propose le MPEG-1 à l'export . Existera-t-il
une version allégée pour doper le marché
des cartes OHCI ? A l'image des offres à 1300
F incluant un Media Studio Pro 6.0 allégé,
un VideoStudio 4.0 et une carte IEEE-1394 dans la même
boîte, comme ce tandem Ulead et Pyro qui allèche
des amateurs et pros peu fortunés ? Selon
une étude interne d'Adobe, 65% des professionnels
utilisent Adobe Premiere. Un pourcentage qui ne distingue
pas les catégories de professionnels. On aurait
aimé connaître la proportion dans le Broadcast.
Encore qu'avec la montée en puissance des formats
DV en production, on peut assembler des sujets sans
disposer de coûteux systèmes hardware et
logiciels. Même les chaînes n'hésitent
plus à transgresser leurs usuelles relations
avec les leaders du secteurs type Avid, Media100 et
autres Edit pour se tourner vers du Final Cut Pro ou
Premiere. Et quand ce n'est pas la télé,
ce sont la kirielle de sociétés de production
qui les fournissent qui rechignent moins aujourd'hui
à s'adonner au virtuel plus allégé.
Ils craignent moins certaines pression syndicales ou
corporatistes et parient aussi sur une jeune génération
plus ouverte à la nouveauté. Avantage
pratique propre à de rares logiciels de montage
dont Premiere: un projet réalisé sur PC
peut-être réouvert sur Mac, ou l'inverse.
N'oublions pas, comme pour la version précédente,
qu'After Effect pourra afficher les calques d'un projet
élaboré dans Premiere (patch en préparation
chez Adobe). Nouveau en revanche: on peut désormais
réouvrir une application externe, comme Photoshop
ou Illustrator et autres, à partir de l'élément
en piste. Sa modification dans l'application originelle
aura pour effet d'apporter aussi la modification à
votre montage. Et enfin, pour la bonne bouche,
la palette historique type Photoshop est de la partie
pour des retours en arrière jusqu'à 99
actions. Des retouches fines pour montages toujours
mieux maîtrisés. Sans être
une révolution, Premiere 6.0 semble être
une sérieuse évolution. J'ai d'ailleurs
pu sans problème y assurer toutes les finitions
d'un film de Mode élaboré au préalable
dans Premiere 5.1c et avec un traitement de compositing
poussé. Sylvain PALLIX |