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 Guide solutions de montage numérique 2002

par Sylvain PALLIX

 

Vogue des écrans plats, ordinateurs plus design, course à la puissance, graveurs de DVD, et effets temps réel sont les tendances du moment. Quelques repères s’imposent donc avant d’investir dans une nouvelle solution de montage vidéo.

 

     Sommaire :

Choisir son outil de montage vidéo devient-il plus simple avec les progrès techniques ? Est-ce le bon moment pour plonger ou renouveler son matériel ? Le doute persistera chèque signé ou carte bleue débitée.

Une certitude : la technologie est mûre pour un vrai plaisir à manipuler les images et les sons. En informatique, l’obsolescence reste rapide mais notez que certains montent tranquillement en DV sur des PC à 400 MHz d’il y a 2 ans alors que les processeurs dépassant les 2 GHz sont entrés dans les boutiques. Reste à définir son camp : le montage simple d’accès pour le débutant ou praticien épisodique par opposition à du montage plus sophistiqué pour celui qui passe le plus clair de son temps le nez sur son écran. La nature des premiers choix facilitera ou non le passage en classe supérieure.

L’offre du marché se divise en deux premiers camps : machine de montage fermée ou ordinateur plus ouvert. On peut être réfractaire à ce dernier mais il couvre toutes les disciplines de la communication. Son rival arguera de sa simplicité impossible ou presque à polluer.

L’ordinateur est une famille très hétérogène où PC et Mac se disputent la faveur du public. Avec sa filiation quasi-naturelle avec Internet aujourd’hui ou avec des choix logiciels pour la création de DVD, videoCD et autres S-VCD, l’ordinateur se taille la part du lion. Les application simples ont gagné en ergonomie à l’instar d’iMovie 2.0 pour le montage sur Mac, ou Pinnacle Studio 7.0 sur PC.
Moins diffusé mais très méritant, le Mac affiche ses différences avec son système d’exploitation maison (Mac OS 9.1 ou 10.1) et a fait de la vidéo un axe de développement stratégique. IMovie 2.0 offert en série est un logiciel de montage intutif et convivial. Il est offert sur tous les Mac, Studio 7 vaut 1000 F avec une carte de montage pour PC. Le PC se goinfre 95 % des parts de marché et évolue en cette fin d’année vers Windows XP, réadaptation de Windows 2000 . Les rivaux Linux ou BeOS sont compatibles avec les deux types de machines mais restent marginaux faute d’un choix de logiciels en vidéo.

Avec le DVD qui monte en puissance, la création de programmes interactifs séduit les amateurs. Et la simplicité à moins de 1000 F englobe déjà des produits comme Ulead Video Studio 5.0 et son plug-in ou Pinnacle Express. C’est là encore où l’ordinateur traditionnel s’affirme grand gagnant par sa souplesse face à la nouveauté. Revenons aux solutions dédiées qui regroupent 2 fabricants défendant chacun son système propriétaire : Applied-Magic (Sequel et ScreenPlay) et MacroSystem (Casablanca Avio et Kron). Leur design très magnétoscope enrobe un ordinateur verrouillé sur le montage vidéo.


     HALTE A LA PUISSANCE

Avec une rentrée sous le signe du Pentium IV à 2 GHz, la course à la puissance doit-elle rester le critère significatif ? Face à Intel, AMD résiste fort bien avec ses véloces 1,3 GHz et 1,4 GHz assez souvent comparables en rendement sur le traitement des effets autour des différents logiciels (montage, trucage ou 3D). Et surtout moins chers ! Une firme comme Canopus les a même récemment validés pour l’ensemble de sa gamme vidéo.
Si le Mac s’en sort bien avec des fréquences de moitié réduites, la frénésie de puissance sur le PC provoque une surenchère peu facile à suivre. Avec des cartes DV comme les OHCI ou une Canopus EZDV, répétons-le un simple 400 MHz continue de bien monter et capturer pour peu qu’on ne soit pas un accro des effets multiples avec rendu rapide dans ses montages.
Bref, ceux qui ont l’âme plus documentariste ou cinéaste familial que réalisateur de clips hyper-sophistiqués laisseront chanter les sirènes du renouvellement de machine, et du système d’exploitation dont la plus récente version est toujours plus gourmande en ressources. Si votre machine fournit le service attendu, le premier progrès abordable viendra d’un disque nouveau et spacieux comme d’un peu de RAM pour favoriser les échanges. Pièces très abordables en ce moment, il faut en profiter ! Bien sur, le couple carte-mère / processeur - voire le processeur seul - peut être remplacé en conservant tous les autres éléments environnants.

Le raisonnement sur la puissance est plus relatif à l’achat d’une machine neuve. Celle-ci double tous les ans ou presque pour un prix stable. Sur PC, le 1 GHz devient la mesure étalon, un minimum quasi-syndical. Cette puissance sait animer les cartes à effets temps réel comme la Matrox RT2500, les Pinnacle DV500 ou Pro-One, mais aussi les Canopus Raptor-RT et DVStorm. Notez que ces dernières offrent un meilleur rendement avec les processeurs de 1,4 GHz et plus, ou sur des solutions bi-processeurs, puisque la gestion temps réel des effets tire parti des surcroîts de puissance.


     BOITES DE CONSERVE "TRISTOUILLES" ?

Monter son PC est l’alternative à la machine de marque ou pré-assemblée. Il peut aussi y avoir de bonnes affaires du côté des ordinateurs déclassés. Prenez sur PC le 400 MHz avec 64 Mo comme le ticket d’entrée minimal sur les anciens modèles et dans la famille Mac exigez un G3 . Ces machines sauront toutes faire tourner une interface IEEE-1394 ou une carte d’acquisition pour le montage vidéo. Préférez les machines puissantes avec plutôt 128 ou plus de RAM, et deux disques durs dont un d’au moins 20 Go.

L’assemblage d’une machine sur mesure implique de faire appel à des composants validés par le site du constructeur du produit que vous achetez. Un intégrateur de solutions vidéo saura vous conseiller et, plus que tout autre, échanger une pièce inadaptée. Marre des boites beiges rectangulaires et tristouilles ? Piochez dans les nouvelles gammes des fabricants ou choisissez un boîtier new-look et faites le aménager. Internet regorge de pistes pour rendre votre machine plus sexy.
Chez Apple, on ne se pose pas les mêmes questions. Le Mac a depuis belle lurette abandonné la tôle beige pour des coques crystal au formes douces. Et si certains regrettent un manque de choix inhérent à un unique fabricant, un coup d’œil au site Apple démontrera que les passionnés jouent les couturiers sur des gammes virtuelles. Un modèle à suivre ? On aimerait au moins trouver des déclinaisons en prêt à porter dans les boutiques ou sur les sites d’Apple et ses revendeurs.


     DISQUES DURS : L’ODYSSEE DE L’ESPACE

1000 F les 40 Go en disque UDMA 100, voilà qui concourt à la démocratisation des techniques de montage informatisées. Soit de quoi loger 185 mn d’images en DV et le double - avec l’avènement du MV chez Sony. Ce dernier format étant du MPEG-2 moins adapté au montage que le DV. La RAM accompagne le mouvement avec les 128 Mo à 200 F en SDRAM PC133 ou à 350 F en DDRAM ou 1600 F en RAMBUS. Cette dernière plus coûteuse donc mais aussi un peu plus performante accompagne les Pentium IV depuis son lancement mais se trouve remise en cause par des solution moins onéreuses à base de DDRAM. Il faut alors opter pour une carte mère à base de chipset P4X266.
Avec la diffusion accrue des cartes à effets temps réel, on voit fleurir les cartes contrôleurs qui permettent - en mode Raid O - de coupler jusqu’à 4 disques en une unique unité avec une répartition proportionnelle de la charge d’écriture et de lecture. Produit disponible dès 350 F avec l’Abit Hot Rod 100, par exemple. Mais attention, certains systèmes de montage sophistiqués ne supportent pas un tel attelage. L’occasion de rappeler qu’il faut exercer votre vigilance dès qu’on sort d’un système de montage très basique et plutôt suivre les recommandations du constructeurs. L’industrie informatique galope vite et il arrive que des mariages soient chaotiques pour des motifs divers. A contrario, la liste des matériels compatibles proposés par les sites des fabricants de cartes vidéo ne sont pas forcément à jour vu l’énorme possibilité en combinaisons. N’oubliez pas les professionnels compétents sur votre région, ou oeuvrant par correspondance, si l’exercice de l’assemblage n’est pas vôtre fort. D’emblée, ils veillent à marier des composants compatibles.


     ECRANS : VENTRE PLAT

Il y a 5 ans, le 14 pouces était le lot commun de bon nombre d’amateurs d’informatique. Puis le 15 pouces s’est imposé. Et avec un 17 pouces valant de 1700 à 2500 F, cette taille d’écran connaît un grand succès. Plus rare chez les amateurs et courant chez les professionnels les 19 et 21 pouces. Les plus ouverts ont ensuite compris que deux écrans valaient mieux qu’un pour étaler une application gourmandes en fenêtres ou juxtaposer deux programmes complémentaires montage et retouche photo par exemple, ou montage et gestionnaire multimédia.

L’écran plat a donc le vent en poupe. De nouvelles techniques de fabrication voit la qualité des dalles progresser et la cadence de fabrication augmenter avec un taux de pertes plus restreint. La définition ou le niveau de contraste des matrices sont donc à la hausse mais les plus exigeants des professionnels continuent le plus souvent de préférer le tube cathodique pour les travaux de précision.
Mais le train du progrès est ici aussi en marche avec des développements technologiques importants. Comme pour les lecteurs de disquettes, Apple anticipe en supprimant les moniteurs à tube cathodiques de sa gamme. Un peu trop tôt là aussi ? D’ici à 3 ans, il ne restera plus que des écrans plats en entrée de gamme. Ce qui augure des boîtiers d’ordinateurs compacts intégrant un moniteur d’office comme la nouvelle gamme d’iMac initialement attendue pour la fin d’année 2001.


     ACCESSOIRES

On trouve aujourd’hui des souris optique sur port USB dès 200 F. Plus de boule, ni de mécanique (et d’encrassement) qui réduisent la vie du mulot. Ceux confrontés à un problème de place dans le boîtier, notamment pour l’ajout de disque durs profiteront de la connectique IEEE-1394 (FireWire chez Apple et I-LINK chez Sony). Ils existent intégrés à des boîtiers comme ceux proposés par Maxtor (40 et 80 Go pour 800 F et 1400 F ) Les éléments peuvent être chaînés entre eux mais ont peut aussi ajouter une seconde carte IEEE-1394 ( à partir de 500 F) ou greffer un HUB (dès 900 F). Cet accessoire qui joue le même rôle qu’une prise multiple en électricité existe aussi pour quadrupler un port USB (250 F et plus). Plus lent que l’IEEE-1394 en version 1.0, ces derniers conviennent pour les souris, claviers, appareils photos numériques et certains scanners et imprimantes. La version 2.0 plus rapide débute sa carrière mais le succès de l’IEEE-1394 lui fait une ombre par son offre accrue en cartes et périphériques .

A l’incontournable lecteur de CD-ROM peut s’ajouter le graveur de CD-R / RW entre 800 F et 2000 F pour l’essentiel de l’offre. Le graveur de DVD sera l’étape suivante.


     GRAVURE DE DVD : LE NEC PLUS ULTRA

Le DVD est la dernière mode. Il marque le lent déclin annoncé de la cassette VHS. Avec des atouts bien facile à assimiler : tout numérique, haute qualité des images, support compact et durable… C’est l’accroissement de la diffusion de ses films et des lecteurs qui profite à la percée technique et psychologique.
Les unités Panasonic, Pioneer, Philips ou Sony sont greffables tant sur Mac que PC et valent un peu moins de 6000 F. Et les intégrateurs assiatiques sont déjà à 3800 F pour le Pioneer DVR-A03. Parions sur 2000 F dans moins d’un an et 1500 F dans deux ans pour un support DVD-R aujourd’hui à 60 F qui suivra la même courbe. Pour le vidéaste, cette galette supporte généreusement 4,7 Go, soit 22 mn de pur DV et, bien sûr, jusqu’à 3 heures de MPEG-2 IBP à l’instar des DVD à la location. Il devient donc un support privilégié pour l’archivage.
Bien des solutions de montage intègrent l’authoring DV tant chez Canopus que Fast/Dazzle, Matrox ou Pinnacle. Et pour les petits budgets l’achat d’une carte DV basique avec Ulead Video Studio 5.0 ouvre la porte à un plug-in d’authoring DVD d’un coût modeste de 300 F. Autre solution économique chez Pinnacle : Express ( 800 F) pour de la création DVD qui sait exclure le montage préalable d’un film et assure la conversion DV-MPEG-2.


     STREAMING / EXPORT WEB

Autre pôle d’intérêt, la mis en ligne de séquences vidéo sur le Net. Pour fidéliser leur clientèle et encourager la pratique, les grands fabricants comme Canopus, Pinnacle et Matrox proposent de stocker vos images dans des formats allégés dont les populaires Real et Windows Media, voire QuickTime. Ainsi, vous pourrez en partager l’exploitation avec un parent, un ami ou des partenaires professionnels éloignés. L‘exploitation par le destinataire est tributaire de différents paramètres : puissance de sa machine et vitesse de transmission par sa ligne, encombrement du réseau… On parle de streaming pour qualifier la lecture avec anticipation par stockage provisoire de bouts sur le disque dur pour une gestion plus fluide par cache. Ces formats sont la plupart du temps disponibles à l’exportation sur votre logiciel de montage. Sinon ils sont accessibles chez leurs éditeurs respectifs avec souvent une version d’encodage / lecture gratuite.

 

On peut aborder le montage vidéo avec ses propres ambitions créatives quelque soit la solution retenue.
Aux commandes d’un système de montage, dépasser la technique pour flirter avec l’art sera le pari des plus créatifs. Les autres prendront déjà beaucoup de plaisir à agencer des souvenirs de famille ou de parties entre amis qui somnolent au fond d’un tiroir.
Mais il y a aussi cette catégorie pour laquelle le PC est un éternel Lego, qu’on monte et qu’on démonte au gré de nouvelles pièces. Ici, la vidéo n’est qu’un élément d’un grand puzzle. Une distraction légitime qui peut parfois virer à la crise de nerfs.

 

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mise en page article Antoine Soltys

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