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  #1  
Vieux 25/12/2003, 22h05
Avatar de Usul
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"Le seigneur des Anneaux"

Je profite d'un peu de temps à moi pour pousser un coup de gueule qu'en temps normal j'aurais plutôt cherché à éviter...

Je suis récemment aller voir Le retour du roi (j'avouerai qu'on m'a forcé un peu la main), le film cloturant la trilogie, Le film de l'année, du siècle, enfin tout le blablabla...
Je ne pensais même pas me divertir pendant la projection, et encore moins réfléchir, je me suis simplement dit que je profiterais de ces 3 heures et quelques pour rejeter un oeil objectif sur la tournure que prend le cinéma contemporain (et essentiellement américain).

Je regarde donc, essayant de retenir une envie pressante et naturelle qui m'a prise dès le début du film, ça commençait plutôt mal.

Le film fonctionne par un montage alterné de différentes séquences qui présentent la même construction :
- panoramique/travelling complexe mettant en place le décor (à grand renfort de matte painting)
- présentation des personnages en plan de semi-ensemble
(on les connait pourtant par coeur, c'est le troisième épisode diable !)
- succession de TRES gros plan (j'étais au deuxième rang dans la salle :lol: ) des visages cadrés front-menton déblatérant les monologues qui leurs étaient attribués avec le minimum d'interprétation, légers humeurs au niveau du timbre de la voix sur un visage impassible.
- champ-contre champ, raccord regard, dans l'axe etc... un montage transparent donc, suivant simplement les règles établies par Hollywood depuis les années 1910, par Griffith et compagnie.
- très grande prédominance des gros plans-visage lors des dialogues, un peu comme dans n'importe quelle série télévisée américaine.
- le dialogue émet un suspense, le spectateur est mis en tension.
- une action libère cette tension. on passe alors à des plans américains, des raccords mouvements. les plans se raccourcissent (ils étaient déjà très courts, 1 seconde en moyenne)
- l'action terminée, un court dialogue reprend, émettant une morale sur l'action qui vient de se passer.
- passage à la séquence suivante qui reprend la même structure.



On ne pourra pas se poser la question : Peter Jackson s'est-il laissé aller à l'improvisation
On ne peut même pas dire que le film souffre de son manque d'originalité puisqu'il est standardisé, haché, condensé pour tenter en 3 heures de faire passer quoi ?
- de l'émotion
- de l'admiration
- du divertissement
je n'en sais rien, mais même 3 heures (et 3 épisodes) ne suffissent pas pour m'attacher aux personnages, pour m'inquieter du sort du Gondor ni même pour me faire espèrer qu'il évitera le happy-end.

Le film est minutieusement ponctué de scènes d'intrigue, d'action, et mélodramatique, vu et revu dans la totalité des films hollywoodien. Les émotions des personnages se résument à
- la peur
- le courage héroïque
- la pitié
- l'amitié
- la nostalgie
- l'attirance pour le mal
Bref, rien de nouveau, surtout que les scènes dramatiques sont pompeuses à mourir et sont systématiquement arrosées par une musique empathique très présente aux sons de flute... et les violons.

Mais le pire reste encore ces quelques interventions ironiques (c'est souvent la faute du nain) qui sont censés déclencher quelques rires bien gras dans la salle (et ça marche toujours, j'ai bel et bien entendu rire !) heureusement, ils sont rares dans cette épisode.
Les personnages gardent donc bien précieusement leur stéréotype affirmés dès le début de la trilogie : pour ceux qui aiment l'ambiguïté, c'est rapé. Aragorn le souverain, chef et aimant. Legolas le beau gosse endrogyne plein de grace. Le nain (je me rappelle plus son nom) nerveux toujours prêt à faire rire. Pipin le crétin fini. Sam le joufflu serviable et fidèle (il met tout de même quelques coups d'épée à la fin). Merlin l'enchanteur (désolé j'ai oublié son nom aussi) qui parle beaucoup et ne fait pas grand chose (mais ça crève les yeux qu'il est très fort).
Pour ceux qui connaissent Cassavetes et la complexité de ses personnages, c'est même plus drôle.

Seul Fredon est un personnage intéressant. Déjà parce que, étonnament, il ne fait rien durant tout l'épisode, et puis parce que c'est le seul qui semble évoluer au cours du périble de cette histoire. Mais son potentiel ambigue est rapidement évacué par une fin hachurée, baclée, un dénouement honteux et qui ne s'arrête plus de finir, ajoutant à 2 ou 3 reprises des scènes pleines de morale, de nostalgie et d'introspection.

Un plan m'a plu de tout le film, c'est le regard que Fredon échange avec Sam lorsqu'il est allongé dans le lit après avoir détruit l'anneau. Un regard ambigue que le film n'a pas explicité. Il semblerait que ça soit de la reconnaissance, il m'a plu d'y voir autre chose.

Ah oui, j'ai bien aimé aussi la scène où Frodon est aux côtés de Bilbon et discutent de l'anneau. Les dialogues étaient un peu maladroits mais le film ne s'est pas senti obligé d'insister sur le fait que Fredon, comme Bilbon, ne pourra jamais oublier l'anneau.



Finalement, le film semble exister uniquement parce qu'il devait être fait. Il n'exprime aucune originalité, aucun intérêt (même le copain qui était avec moi pour passer un bon moment s'est ennuyé). Il est une simple preuve que l'on peut faire beaucoup de choses avec le numérique, mais que l'on peut aussi faire peu de choses avec des producteurs américains sur le dos.
L'histoire semble progresser d'elle-même, sans l'intervention des personnages (que l'on ne cesse jamais de voir en gros plan), c'est un film bouilli qu'on avale et rechache à la fois, remplit de clichés, de scènes tape-à-l'oeil et de pudeur américaine. C'est navrant de naïveté, du potentiel et de l'argent gaché pour un film qui, vu les progrès de l'image de synthèse, ne restera certainement pas dans l'histoire du cinéma.
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  #2  
Vieux 25/12/2003, 22h27
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Tiens, je viens de voir, un peu en retard, que Love Streams de Cassavetes était reprojeté en salle... on peut le voir sur le très bon site cadrage.net

http://cadrage.net/actus/actus.html

quelqu'un sait où se trouve Cahors ?
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  #3  
Vieux 04/01/2004, 15h38
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Pareil, horriblement décu par le travail de Peter Jackson... sauf que je me suis arrêté au premier épisode. J'avais lu le bouquin de Tolkien, fascinant, un univers énorme, réduit à rien dans le film qui a un peu oublié le plus bel appareil du cinéma: l'art de la suggestion. Donc j'ai laissé tombé, vraiment enervé que ce film m'est pollué l'imaginaire que je m'étais fait du bouquin. Depuis ca va mieux

Comme tu le dis, c'est du prémaché, on est même plus capable de se servir soi-même de son imagination, c'est bient triste. Je ne comprends pas que les fan de Tolkien comblent le film de louanges...

Mais tant qu'à voir un bon film américain, allez voir "Kill Bill", où là Tarantino sait de quoi il parle: de cinéma.

Un plan m'a plu de tout le film, c'est le regard que Fredon échange avec Sam lorsqu'il est allongé dans le lit après avoir détruit l'anneau. Un regard ambigue que le film n'a pas explicité. Il semblerait que ça soit de la reconnaissance, il m'a plu d'y voir autre chose.
Juste une petite précision Usul: qu'y as tu vu d'autres?
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  #4  
Vieux 04/01/2004, 21h41
Avatar de Don vincenzo
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Vous allez bondir mais ...

Je ne sais pas si vous avez des potes ou des connaissances qui ont les versions longues en DVD mais si c'est le cas, matez les making-of des films respectifs (2 DVD entier à chaque film consacrés à tous les aspects du film : techniques, FX, 3D, paysages sublimes de nouvelle zélande ... mais aussi la pensée de tolkien) pour vous rendre compte du boulot qu'à été abattu sur les films. Aussi bien d'après moi que les films eux-mêmes !

DV
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  #5  
Vieux 05/01/2004, 00h06
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Tout à fait conscient du boulot fournit sur le film! Mais ca n'empêche que tant de travail aient pu être mis en oeuvre dans une mauvaise direction...

Ce n'est pas parce que tu as réussi un super effet spécial que ton film va être bon... Si l'esprit n'y est pas, on a beau rajouté du travail, on s'enfonce de plus en plus...

Mais il parait que les films ont plus de sens en version longue. Tu confirmes?
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  #6  
Vieux 05/01/2004, 18h58
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Oui totalement ! On m'a offert les 2 premiers volumes en version longue et quand je les ai prétées à ceux qui avaient vu la version classique au cinoche et ils m'ont tous exprimé leur étonnment sur la non-intégration de ses scènes au film final, offrant ainsi plus de cohérence à l'ensemble. En général, ce sont 30 minutes supplémentaires. Pas grand chose mais très utile. Visiblement, ces scènes sont écartés par manque de temps ou par interdiction de la production qui jugent ses scènes (chères) inutiles (le Peter, il ne fait pas ce qu'il veut !).
En tout cas, j'ai visionné avec autant de plaisir (si ce n'est plus) les making-of. Ils ont quand même fait des trucs hors du commun que l'on n'imagine même pas. Si vous le pouvez, essayez de vous procurer ses versions longues rien que pour les making-of. C'est captivant croyez-moi ...
Après, on n'aime ou on n'aime pas le film. Que l'on soit fan ou non de la trilogie de Tolkien. Et comme le dit à chaque fois Peter jackson (à propos Brain Dead, vous avez aimé ? C'est pas du tout le même registre bien sûr ), adapté fidèlement à l'écran l'oeuvre de Tolkien est mission impossible, il y a trop de choses. L'aspect financier et temporel (faut produire un film à date fixe) dicte également ses lois. C'est pour ça que beaucoup ont trouvé ça un peu superficiel comme vision. Mais cette atmosphère si particuliere est difficile à retranscrire. Et malgré ce que peuvent en dire les purs et durs, je pense que Peter Jackson s'en est plutôt pas mal sorti. Vous rendez compte 7 ans à bosser la dessus !!
Rien que pour calmer et rendre hommage au boulot fourni par tous ceux qui ont contribué au film, regardez ce making-of. N'étant pas particulièrement boulversé par ce film (même si j'ai plutôt bien aimé), je dois dire que, vu le boulot abattu par Peter Jackson et sa troupe, cette trilogie mérite notre respect.

DV
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  #7  
Vieux 07/01/2004, 01h33
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Juste une petite précision Usul: qu'y as tu vu d'autres?
Je sais plus :lol: comme quoi, ça ne m'a pas tant marqué que ça...
je crois me rapeller y avoir vu de la méprise


Don vincenzo... il y a travail, et travail.
la différence est minime, je te l'accorde, mais les bons
réalisateurs savent tirer leur épingle du jeu et malgré toute la
pression exercé par la technique et le financement, ils
parviennent à ne pas quitter des yeux ce qu'ils avaient à dire...
je crois que c'est ça le génie

Jette un oeil à Stalker de Tarkovsky, on peut dire aussi que
l'équipe a bossé dur (ils en sont même tous mort )
Quand il filmait la prairie, il a demandé à ce qu'on arrache toutes
les paquerettes, une par une, parce que ça ne correspondait
pas à l'ambiance qu'il voulait transcrire. Je crois que c'est le
photographe qui lui a dit qu'elles ne se voyaient pas sur le plan
d'ensemble qu'ils étaient en train de faire. Tarkovsky lui a répondu
"Non, mais la caméra les devine".
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  #8  
Vieux 07/01/2004, 19h19
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citation du message de Usul
Quand il filmait la prairie, il a demandé à ce qu'on arrache toutes
les paquerettes, une par une, parce que ça ne correspondait
pas à l'ambiance qu'il voulait transcrire.
C'était un peu la philosophie de jackson car ils ont monté de toutes pièces et créés des trucs au milieu de nulle part ! Même si à tes yeux, ça a été mal fait ou du moins mal mis en valeur, regarde ces making-of pour te faire une véritable idée de ce qu'a représenté ce film (3 semaines de tournage pour une scène de bataille sous la pluie, naturelle ou artificielle, et uniquement de nuit ... et la nuit néo-zélandaise est rarement chaude). Je ne suis pas un véritable cinéphile (comme toi) mais je dois avouer que j'ai été très impressionné par l'envers du décors. Peut-être que, comme moi, tu vois d'un mauvais oeil toutes les super-productions à gros budget à renfort de battage médiatique ? Si, après avoir vu, tu es toujours aussi peu convaincu, c'est que, et c'est entièrement légitime, ... tous les goûts sont dans la nature !

DV
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  #9  
Vieux 08/01/2004, 13h30
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adapté fidèlement à l'écran l'oeuvre de Tolkien est mission impossible, il y a trop de choses. L'aspect financier et temporel (faut produire un film à date fixe) dicte également ses lois. C'est pour ça que beaucoup ont trouvé ça un peu superficiel comme vision. Mais cette atmosphère si particuliere est difficile à retranscrire.
Effectivement, retranscrire l'atmosphère de l'univers de Tolkien est un gros challenge, et tout ce que l'on peut faire avec une adaptation cinématographique c'est en exprimer un ou deux éléments.

Ce que je reproche à Jackson c'est de ne pas avoir donner une direction particulière au film, a savoir sa vision personelle du bouquin. Les effets spéciaux se noient dans une maelstrom d'images qui ne me procure personnellement aucune émotion, alors que la terre du milieu en est bourrée!

Mettre la forme au service du fond, c'est toujours le même problème... Et j'ai le sentiment que Jackson s'est fait mangé par l'envergure de son projet. Pas facile de contrôler tout les stades de fabrication d'un film... et éprouvant! Jackson n'est pas Kubrick.

Après tu peux passer un bon moment devant le film, à condition de ne pas être trop critique et de passer outre tout les défauts du film...

Mais comme tu dis, tout les gouts sont dans la nature, et tant mieux!
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  #10  
Vieux 08/01/2004, 14h37
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Attention!!

Ce que je reproche à Jackson c'est de ne pas avoir donner une direction particulière au film, a savoir sa vision personelle du bouquin. Les effets spéciaux se noient dans une maelstrom d'images qui ne me procure personnellement aucune émotion, alors que la terre du milieu en est bourrée!
Comment peut tu dire ça en n'ayant vu que le premier épisode, même pas en version integrale (uniquement en DVD).
Il faut considerer les 3 films comme une seule et unique oeuvre, tout comme Tolkien considérait le seigneur des anneaux comme une seule oeuvre, et non pas 3 livres.
Je ne voit comment on peut faire ce genre de repproche à un film en n'ayant vu que le tiers du film.

Dernier conseil : regarde les version longues, où tu pourra voir la veritable "direction particuliere" de Jackson. Les version cinéma sont trop courtes et oublient l'essentiel sur les persos qui est, à mon goût mieux exprimé dans les version longues en DVD.
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  #11  
Vieux 08/01/2004, 15h05
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J'avais déjà noté dans un post plus haut que les films de Jackson prenait surement une autre dimension en version longue.

Je n'ai vu que le premier épisode certes. Mais le dispositif de mise en scène et la présentation des personnages permettent largement d'entrevoir ce qui a pu être fait dans les épisodes suivants. Je ne vois pas pourquoi il aurait filmer différement les 3 épisodes, et ce qui m'a déçu dans le premier me décevra surement dans les suivants.

Une fois suffit.
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  #12  
Vieux 09/01/2004, 09h44
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Au debut, je pensais comme toi lorsque j'ai vu la "communauté de l'anneau" au cinéma, j'était dégouté, déçu... Puis un pote m'a plus ou moins forcé à voir ctte version longue : j 'était sur le cul. c'est bien plus qu'une simple version longue, c'est un veritable remontage. Jackson n'a pas le choix pour ses version ciné (contrainte de la prod) de faire un film "efficace" : grosse baston, blagues facile (Gimly)... De ctte manière, il est très difficile de s'attacher au personages. Dans les versions longues Jackson peut se permettre de dévollepper beaucoup plus les persos, les ambiances. Dans le premier épisode, il y a une magnifique scène entre Aragorn et Boromir très forte en émotion... Qui n'est pas presente dans la version ciné. et je ne comprend toujours pas pourquoi ces version ne sont pas sortit au ciné directement.

ce qui m'a déçu dans le premier me décevra surement dans les suivants.
Je pense que ce qui t'as déçu dans le premier pourra te plaire en version remontée.
Et, au risque de me répéter, on ne juge pas un film en n'ayant vu que quelques séquences, un générique et une affiche. C'est totalement absurde. Surtout que si on doit reprendre le livre, personellement, les 50 première pages du seigneur des anneux m'ont saouler. Pourtant, je l'ai lu jusqu'au bout, au risque de le regretter. Ce ne fut pas le cas.

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  #13  
Vieux 09/01/2004, 10h48
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on ne juge pas un film en n'ayant vu que quelques séquences, un générique et une affiche.
Tout à fait d'accord, toujours est-il que c'est un film entier que j'ai vu, qui s'inscrit dans une trilogie certes, mais je l'ai regardé de A à Z sans m'endormir. C'est un épisode, donc un film à part entière. Va dire à Irvin Keshner qui a réalisé "L'Empire contre-attaque" que ce n'est qu'un tiers de film qu'il a fait, il sera content!

Une trilogie est composé de 3 films.

Bon ceci étant dit, j'ai espoir en ce que la version longue ait plus de sens que la version ciné sortie premierement, et on comprend (enfin pas forcément...) que la prod veuille une séance de plus par jour, donc plus de fric blablabla...
Mais c'est quand même dommage pour un projet d'une telle envergure de sortir une version bridée qui ne reflete pas la dimension que Peter Jackson a voulu donné à son film.

Pieds et poings liés au producteur... On lui donne les moyens de réaliser son rêve, mais pas jusqu'au bout... Et ca c'est dommage, c'est les spectateurs qui en patissent au final, et ca ne rend pas compte du (peut-être bon) boulot fournit sur ce film.

Si un jour je tombe sur le DVD, je te tiens au courant
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  #14  
Vieux 09/01/2004, 11h57
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c'est qu'ils sont fort à Hollywood !
une version cinéphile en dvd
et une version action au cinéma :lol:


on ne juge pas un film en n'ayant vu que quelques séquences, un générique et une affiche.
prenant le risque de me faire crier dessus, je dirais que oui,
on peut même juger, avec un peu d'expérience, l'entièreté
d'un film à partir de quelques scènes

il y a des scènes-types
- présentation des personnages
- présentation de l'intrigue
- présentation des obstacles au dénouement
- transformation du personnage principal
- accomplissement du personnage et préparation du dénouement
- dénouement

en reconnaissant la ou les fonctions de la scène on peut en
juger sa subtilité, subtilité qui est souvent la même tout au
long d'un film

prenant un exemple, en regardant Ocean's eleven, j'ai
rapidement compris que le film exploiterait une scène
originale qui se trouverait au dénouement. c'est d'ailleurs
la seule raison pour laquelle je l'ai regardé en entier.
la scène du braquage à la fin était le seul intérêt du film,
et cela se fait sentir dès le début, par la succession de
clichés qui se met en branle dès le générique.


mais certains cinéastes sont allés encore plus loin
en disant que l'on pouvait juger du talent d'un réalisateur
(ou au moins de son originalité, ce qui est souvent lié) avec
un seul plan

cependant, effectivement, le jugement d'un film dépend
des attentes du spectateur. personnellement, je ne suis
plus touché par les films qui sont sensé nous en mettre
plein la gueule par des scènes tape-à-l'oeil, ce qui fait de
mon jugement une opinion bien différente maintenant.
et ce qui fait aussi que je suis en désaccord avec la plupart
des gens quand je discute de films (ce que j'évite même
de plus en plus de faire aujourd'hui)



il y a une chose intéressante à voir, ce qui permet de
prendre du recul sur l'affaire, c'est le fort désir des spectateurs
de vouloir voir des films qui ressemblent (par leur intrigue et
par leur construction) aux films qui les ont précédemment
marqué émotionnellement.

En voyant "Le seigneur des anneaux" il me paraissait
évident qu'il essayait de toucher le public formé par
"Star wars". "We were soldiers" tentait de toucher le
même public que "Le soldat ryan".
C'est ainsi que se fabriquent les films de genre, tentant
sans cesse, par des personnages et des scènes-clichés,
de reproduire les émotions que le spectateur a eu devant
tel ou tel film.

ce n'est pas évident de se rendre compte de tout ça
et de le critiquer... le désir est souvent plus fort que la
raison, et on évite alors de voir ces "clichés", ces "déjà-vus"
faisant l'effort, nous aussi, pour retrouver ces émotions
qui nous ont si fortement marqué.

je n'y échappe pas non plus. j'ai vu "Dogville" récemment
et je n'ai pas quitté des yeux la façon de filmer/monter de
Lars von trier qui me faisait penser à celle de Godard dans
"A bout de souffle" (qui m'a plus que marqué),
du coup, j'ai aimé Dogville alors que je n'ai pas vraiment fait
attention à l'histoire et que je n'ai même pas très bien compris
la fin... en clair, j'ai loupé son originalité
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  #15  
Vieux 09/01/2004, 13h59
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"mieux vaut partir du cliché, que d'y arriver
Alfred Hitchcock.

En voyant "Le seigneur des anneaux" il me paraissait évident qu'il essayait de toucher le public formé par
"Star wars"
Ne prend pas le problème à l'envers, c'est Lucas qui à pompé Tolkien, pas l'inverse.

c'est qu'ils sont fort à Hollywood !
Le seigneur des anneaux est un film neo zelandais. Donc aucun rapport avec Hollywood.
en regardant Ocean's eleven, j'ai
rapidement compris que le film exploiterait une scène
originale qui se trouverait au dénouement. c'est d'ailleurs
la seule raison pour laquelle je l'ai regardé en entier.
la scène du braquage à la fin était le seul intérêt du film
je trouve ça bien triste que n'est vu que la surface de ce film qui est bourré d'ironie et de talent. (nottament de grande critique sur le système hollywoodien, que tu critique tant ).

subtilité qui est souvent la même tout au long du film
Tu ne trouve pas ça un peu reducteur. Sait tu ce que signifie le mot "évolution". En ne regardant que des extrait d'un film, on risque de tenir un discour très reducteur voire carrement à côté de la plaque. En prenant seuleument quelques séquences de Fight Club, tu le reduirait à dire, finalement c'est l'histoire de types qui se tape dessus. plutôt reducteur, non?

ces "clichés", ces "déjà-vus"
...dont tu parles, c'est Tolkien qui les a inventait, pas Peter Jackson. Ce sont les autres qui ont piqué leurs idée sur le SDA.

Tu parles de gens qui se bloquent en voyant un film, pour ne pas voir les "clichés" les "déja vus". Et toi, ne te bloque-tu pas avoir de voir des films "hollywoodiens" (Je suis récemment aller voir Le retour du roi (j'avouerai qu'on m'a forcé un peu la main), , comme tout bon élève de fac en cinéma? (je sais, j'y suis passé).

On tout cas ce genre de réaction a vraiment un goût de "déja-vu", non?
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  #16  
Vieux 10/01/2004, 18h16
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ce qui fait aussi que je suis en désaccord avec la plupart
des gens quand je discute de films (ce que j'évite même
de plus en plus de faire aujourd'hui)
C’est dommage ! Et puis ce n’est pas vrai, l’exemple en est sur Le Repaire

Je vois ce que tu veux dire sur reconnaître rapidement le style d’un réalisateur, mais il faut pour cela déjà le connaître de près. Car lorsque tu découvres un film au cinéma, tu ne sais pas ce qui peut arriver : même si tu trouves le début archi mauvais, tu peux être surpris en plein milieu du film. Et inversement. Il y a des films qui brillent par leur séquence d’introduction (beau générique, mise en place de l’intrigue stylisée) puis se noient dans une mise en scène baclé, un scénario qui se casse la geule, des acteurs qui ne gèrent pas leur personnage…

Donc je suis plutôt partisan du « rester jusqu’à la fin » et juger après (je suis resté jusqu’au bout en voyant le seigneur des anneaux, et pourtant j’était vraiment énervé (car déçu comme vous le savez maintenant )

Le seigneur des anneaux est un film neo zelandais. Donc aucun rapport avec Hollywood.
D’une part ce n’est pas le réalisateur qui détermine le pays du film, mais la production (New Line Cinema, prod hollywoodienne) même si Jackson est coproducteur du film. De plus il lorgne du côté du cinéma hollywoodien ce film, tu ne vas pas dire le contraire !

Peut-être qu’Usul est un peu radical avec les films américains, mais c’est vrai que quand on la chance de découvrir autre chose… on est un peu estomaqué de voir ce qui se fait actuellement (mais tout n’est pas mauvais dans le cinéma américain, nous nous ne sommes pas manichéens)

Mais Nay, je vais laisser Usul te répondre, puisqu’il est plus directement concerné que moi

D'ailleurs:
c'est qu'ils sont fort à Hollywood !
une version cinéphile en dvd
et une version action au cinéma
Je suis bien d'accord avec toi, c'est assez fandard et paradoxal...
:lol:
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  #17  
Vieux 10/01/2004, 20h51
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ben je ne sais pas trop quoi répondre en fait...

je pense que pour juger un film il faut le voir 2 fois au strict
minimum et en étant particulièrement attentif, mais ce dont je
parlais ne concernait pas ce "jugement" là, je ne parlais pas
de juger le scénario... mais plutôt la direction que prend
rapidement le film dès le générique, en gros, l'ambition
artistique de l'oeuvre

une scène prise au hasard transcrit souvent cette "opinion prise
par le film", bien qu'il arrive, c'est vrai, qu'il n'assume pas cette
prise de position jusqu'à la fin
(il faut voir Adaptation ou comment un auteur remet
en question ses opinions afin d'être aimé)



Pour Lucas, il s'est inspiré plus ou moins de tout ce qu'il avait
sous la main et qui a forgé (je pense) son adolescence...
mais l'empreinte d'Herbert y est plus présente que celle
de Tolkien (enfin, c'est mon opinion).
Ceci dit, la citation d'Hitchcock convient parfaitement à Jackson,
adapter l'oeuvre de Tolkien, ce n'était pas réellement du déjà-vu,
mais le résultat final ressemble à n'importe quelle adaptation
de n'importe quel bouquin. Mais de toute façon, la plupart
des adaptions des "grands livres" ont fait de gros bides
(de notre temps, avant c'était autre chose :lol: )
Peter Jackson ne sortira donc pas du lot de ces réalisateurs
contemporains qui se sont cassé les dents sur une oeuvre
qui les dépassent

Lynch, après Dune, avait même décidé d'utiliser un speudonyme
pour le générique du film (et les acteurs, comment ils font eux,
s'il refuse le film ? un speudonyme ne suffirait pas :lol: il faut
assumer la confiance que vous portent les acteurs, monsieur le réalisateur)
Avec du recul, Lynch dit que c'est son plus gros désastre...
que, de Dune, il aurait du en faire un poème de 5 heures

... je regrette qu'il n'en ai pas pris conscience avant,
qu'est-ce qu'aurais pu donner un poème filmique lyncho-herbertien ?



Ocean eleven critique Hollywood ? c'est possible, je ne m'en
suis pas aperçu, m'enfin, c'est devenu un peu le fer de lance
d'hollywood : l'auto-dérision.
Justement je crois que Fight Club en est l'exemple le plus poussé...
qu'il est étrange ce film, je ne m'en souviens plus, il faudrait
que je le revoye. Il nous pousse à ne plus se fier aux apparences,
il nous montre la pellicule, y insert des images "subliminales",
nous fait se méfier de ce qu'on a l'habitude de voir,
et pourtant il nous trompe par son montage classique, nous
tape à l'oeil par son esthétisme à gros budget, et se justifie
finalement en nous tenant par la main, nous expliquant les
moindres détails de son scénario le rendant compréhensible
dès la première vision et terminant sur une scène classique
où le méchant est mort, le héros se sort la fille et où tout le
bonheur est à créer.

est-ce que plus personne ne serait prêt à aller aux bouts des choses ?
Godard, Bergman, Cassavetes, Bunuel... plein d'autres génies, et
même Lynch, ne se sont jamais senti obligé de stéréotyper leurs
oeuvres afin de le rendre digérable par le "grand public"

quand je vois Jean Pierre Jeunet déçu que tout le monde n'est
pas bien compris certaines scènes de son film "Amelie Poulain"
(voir les commentaires audios du dvd) ça me chagrine un peu



au passage, si certaines personnes sont capables de me
donner quelques pistes pour me faire une interprétation
de "The servant" de Joseph Losey, elles sont le bienvenus
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  #18  
Vieux 12/01/2004, 09h50
Avatar de Nay
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est-ce que plus personne ne serait prêt à aller aux bouts des choses ?
Godard, Bergman, Cassavetes, Bunuel...
"C'était mieux avant..."(francis cabrel)
Je plaisante mais je suis assez d'accord avec ce que tu dit. (comme quoi). Mais, je ne me lasse pas de voir des films peut être plus terre à terre, moins poussé. j'aime le cinéma sous toutes ses formes, même hollywoodienne, tant que l' émotion passe.(et dans le cas du SDA, elle passe, mais je pense que tu as compris)

adapter l'oeuvre de Tolkien, ce n'était pas réellement du déjà-vu, mais le résultat final ressemble à n'importe quelle adaptation de n'importe quel bouquin.
Peut être. En fait le reel problème de Jackson, c'est qu'il fait un film pour des fans (le fan club de tolkien est des plus grand au monde) dont il fait partie. Aimant trop cette oeuvre, il ne s'en détachera pas enormement, ne favorisera pas une action à une autre, un perso à un autre, que le bouquin n'a pas déja fait. Peut être suis-je un fan aussi, et que le film m'est directement adressé et par conséquent, me touche ? Mais ça ne me derange pas, même si c'est du déja vu. Il m'arrive de manger 2 fois le même plat avec le même plaisir :lol: )

quand je vois Jean Pierre Jeunet déçu que tout le monde n'est
pas bien compris certaines scènes de son film "Amelie Poulain"
(voir les commentaires audios du dvd) ça me chagrine un peu.
Quesqu'il dit jean pierre?
Réponse avec citation
  #19  
Vieux 18/01/2004, 00h05
Avatar de Usul
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Le problème est important je pense, et peu de gens osent en
donner leur opinion...
"Le seigneur des anneaux" est un livre. Aujourd'hui on en a fait
un film. Mais si le film n'a (au mieux) rien de plus que le livre,
quel est son intérêt ?

Le film met des images, des visages, des sons, sur les mots
de Tolkien. Mais finalement il meurt de son manque de suggestion...
Le film nous montre tout (merci Houartna ) c'est pour cela qu'il
vieillira rapidement.

Le livre restera dans l'histoire, le film non.

Quand on a un message à faire passer, la première question à
se poser est celle du média qui est le mieux adapté.
"Le seigneur des anneaux" a fait un livre magnifique et un film
tape-à-l'oeil. Ca n'est pas la même chose... preuve que la
question est plus qu'importante.

Je suis sûr que Jackson était de bonne volonté et qu'il a voulu
exprimer des sentiments personnels à travers son oeuvre, mais
il s'est loupé. Il aurait énormément gagné à filmer sa propre
interprétation du "Seigneur des anneaux", quitte à déplaire
à certains fans, quitte peut être à dénaturer l'oeuvre originale.
De toute façon, une adaptation est déjà une dénaturation,
alors autant foncer.

Le scénariste est là pour mettre sa graine, le réalisateur pour
y mettre son engrais, le photographe pour enlever ce qu'il juge
être des mauvaises herbes, l'acteur pour etc...
Si on empêche un des maillons de la chaîne d'y mettre sa touche
personnelle, on obtient finalement une table bancale, sans
intérêt durable.

Adaptation est une chose autrement plus compliquée que
paraphraser, c'est un acte tout autant créatif que d'inventer
(vous allez le voir ce foutu film bon dieu !!!) :lol:
passer d'un média à un autre doit se justifier par le contenu,
ce que personne ne pense à faire...

Ca n'a peut être rien à voir, mais c'est un peu comme Tarkovsky
qui disait qu'on n'a jamais fait de bons films en couleurs...
Pourquoi ? parce que personne n'a su justifier le passage
du film à la couleur... ça s'est fait tout seul, naturellement,
comme si 50 ans de films en noir et blanc n'avaient jamais existé.




Voilà, sinon, le Jean Pierre, y parle de la scène où amélie va voir
son père le soir et ramasse une pierre afin de la lancer sur son
volet pour le réveiller, mais finalement elle part avec le nain de
jardin (sans doute pour faire des cochonneries)

Il dit qu'il a reçu des lettres de spectateurs qui lui demandaient
"qu'est-ce que comptait fa