Depuis quelques jours le net est en pleine ébullition : Un pirate aurait déjà réussi à contourner le dispositif de protection anti-copie des HD-DVD : le AACS.
Plus concrètement ce n'est pas l'AACS lui même qui a été cassé comme l'avait fait en son temps le désormais célèbre DVD Jon avec le cryptage CSS des DVD vidéos, mais plutôt une faille qui a été exploitée : lors de la lecture d’un HD-DVD avec Power DVD 6.5, la clé de décryptage est stockée dans la mémoire vive. Le pirate a ainsi pu récupérer cette clé et annonce avoir développé un "utilitaire" capable de décrypter tout le contenu d’un HD-DVD.
Cette annonce a de quoi faire enrager les défenseurs des systèmes anti-copies, d’autant que l’AACS est quasiment le seul système de protection disponible pour les disques Hautes Définition (Blu-Ray et HD-DVD) et il est le seul système retenu pour protéger les HD-DVD.
Cette nouvelle récente relance donc le débat sur l’utilité d’implémenter ou non ces systèmes de protection. En effet le développement de ces solutions est très coûteux, et les éditeurs qui décident de les utiliser doivent s’acquitter de fortes redevances, or ces investissements ne sont intéressants que si les dites protections se révèlent efficaces.
La protection Macrovision par exemple s’acquitte pour chaque DVD pressé, et coûte jusqu'à deux fois le prix du pressage lui-même, triplant le prix de la duplication. Le cryptage CSS s’effectue lors du
prémastering et nécessite l’emploi d’un appareil dédié onéreux, facturé une fois par pressage par le prestataire.
De plus de nombreux reproches sont fait à ces systèmes qui dégradent souvent la qualité ou l’utilisabilité des disques protégés. Ainsi le pirate auteur de ce contournement dit justement l’avoir développé car il était agacé de ne pouvoir lire ses HD-DVD achetés légalement en haute résolution à partir de sa XBox 360 et cela pour la simple raison que sa carte graphique n'était pas compatible HDCP.
Dans le contexte houleux qu’a généré la loi DADVSI, rappelons tout de même que s’il est interdit de casser un système de protection anti-copie à des fins autres que la recherche ou l’interopérabilité, il est surtout et avant tout interdit de voler les contenus eux-mêmes, qu’ils soient protégés ou non par ces fameux systèmes.
Alice Barra