Pour saisir ce sujet, il faut se faire une idée du fonctionnement d'une cellule (photodiode, photosite, pixel) appelée, en français
Dispositif à
Transfert de
Charges et aussi de la façon dont un capteur collecte les unes après les autres les charges recueillies sur des centaines de milliers de ces cellules.
Ce "
Dispositif" a pour vocation de convertir l'énergie lumineuse en énergie électrique.
Pour ne pas entrer dans une technologie (h)ardue, je vais oser une analogie… " à caractère météorologique",
que les puristes me pardonnent, ce n'est pas un cours de formation professionnelle, mais une tentative de "vulgarisation".
L'énergie lumineuse portée par les photons,
déjà "triés" par prisme ou filtres selon leur "couleur", arrive sur un photosite comme un brouillard de gouttelettes.
Un "entonnoir" -
plutôt une lentille de concentration - dirige les "gouttelettes" vers la partie efficace de la cellule, la zone d'accumulation, où les gouttelettes se "condensent" en "gouttes" d'énergie électrique : les
Charges -
ces Charges sont, à ce stade, des Couples associant 1 électron (-) avec 1 "trou" (+), Hole in English…and CCD = Charge Coupled Device.
Le "brouillard" est ainsi condensé en gouttes pendant une durée
(d'intégration) correspondant à l' "exposition".
Si le brouillard a provoqué une condensation excessive, le ”drain anti-smear" = anti-débordement ou Overflow est censé évacuer le "trop plein" de charges, comme pour le lavabo, mais… - à suivre plus loin.
En fin de temps d'exposition, la "porte" entre la zone d'accumulation et le registre de
Transfert est ouverte… aux électrons.
Puis ce sera la barrière du Registre vertical qui va autoriser le "liquide électronique sous pression" à aller faire tourner les "petits moulins" à moudre les images.
Retour à une (presque) réalité, porte,et barrière ne sont pas matérielles mais "de potentiel" (électrique, en… volts !).
Sous une "pression électrique" forte, ces barrières de potentiel ne sont pas infranchissables : c'est ce qui se produit lorsque le "brouillard"de photons est si fort qu'il provoque une "condensation" telle que l' overflow ne peut pas à lui seul l'évacuer.
Porte et barrière sont franchies, l' excès s'évacue par le registre vertical et va affoler les "petits moulins"…
Mais pourquoi, cet "affolement" concerne t' il tous les pixels situés à la "verticale" ** de celui, ou ceux, qui déborde(nt) ?
C'est que le registre vertical est commun à chaque colonne de pixels du capteur.
Certes sur cette "canalisation verticale", les pixels sont séparés par des "clapets" mais c'est encore des barrières de potentiel… et l' excès qui s'évacue ainsi de l'un dégorge dans tous** les pixels de la colonne … ça reproduit électroniquement un grave désagrément qui se produit hydroliquement en cas d'orage violent par exemple.
On peut, judicieusement, penser qu'il suffit d'augmenter le drain d'overflow… Même si c'est un problème de potentiel électrique, spatialement, ça implique une augmentation de sa zone d'influence au dépens de celle de la zone d'intégration et comme il est question de conversion d'énergie, il y a aussi perte en rendement, donc en sensibilité…
Il faut un compromis, chaque fabricant le résout à sa façon, en (dé)favorisant plutôt l'un que l'autre mais, c'est d'autant plus tranché que les pixels sont "micro-petits".
Et, lorsque pour cause de faible lumière sur la totalité du capteur, le diaphragme est plus ouvert, le temps d'exposition allongé, une source lumineuse directement captée provoque l' affolement et le gain boosté peu en faire … la panique : c'est le SMEAR !
PS du 23/01/05:
**correction du texte initial :
je ne mentionnais que les pixels situés "sous" ceux illuminés, les images de nono44 montrent bien qu'il s' agit de tous ceux de la colonne.
Les capteurs CMOS qui apparaissent maintenant en vidéo grand-public seraient "vidés" par adressage direct des photosites (donc, plus en colonne), cet effet de smear devrait être jugulé …[/i]
PS de mai 2006:
Il est maintenant confirmé que les cameras* équipées de capteurs CMOS réduisent pratiquement totalement le smear…