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Five Obstructions
de Lars von Trier & Jorgen Leth
Le réalisateur de Dog Ville, propose à son ami J Leth de tourner 5 nouvelles versions de son court métrage de 1967, The perfect human. Pour cela, J Leth devra se soumettre à des contraintes imposées par Trier.
Le film se présente sous la forme d'un reportage (pendant lequel on suit les conversations entre les deux hommes) entrecoupé des courts métrages réalisés par J Leth. Quelques séquences de The perfect Humain, ajoute une brique supplémentaire à cette mise en abime étonnante.
Five Obstructions est une expérimentation passionnante. Jeu ludique, parfois drôle, parfois dramatique (souvent les deux se confondent dans un humour si particulier cher à Lars von trier).
Jorgen Leth est un homme attachant, car profondément humain loin de la perfection. Il se protège de sa propre sensibilité par une carapace et une tentative de détachement vis à vis du monde. Lars von Trier le pousse dans ses retranchements avec des contraintes perverses sans être malintentionnées. Le court métrage tourné à Bombay est le plus abouti à mon avis. La scène du repas, dans laquelle Le réalisateur s'implique entièrement et joue l'acteur, est magistrale. La scène en elle même est assez triste, et montre avec acquitté, à la fois la douleur du monde et celle du réalisateur face à son impuissance. Impuissance à l'origine du mal-être de l'artiste, et raison principale de sa tentative de refuge dans le cinéma.
Five obstructions, tout en étant une leçon d'humilité, est un cours magistral de cinéma. On s'aperçoit en le visionnant que, loin d'empêcher la créativité, la contrainte peut la stimuler et devenir le cadre d'une certaine liberté.
Dernière modification par Réversible 11/08/2008 à 22h48.
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