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| Synthèse P2, XDCAM, SxS, REV, Disque dur : Quels critères pour choisir une solution sans bande? |
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| Écrit par Sébastien Gaillard | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 22-10-2007 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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L’ambition de ce dossier du
Repaire est d’aider à discerner les avantages et inconvénients de chaque type
de solution (disque dur, carte mémoire, disque optique etc.) sur les critères liés
au tournage, au montage et à l’archivage selon son usage. Y sont donc traités P2,SxS, XDCAM ProDisc, REV Pro, disques durs de tournage.
Pour limiter le sujet nous nous en tenons à la seule approche réellement « fichiers » de ces solutions sans entrer dans les possibilités d’utiliser les solutions sans bande comme s’il s’agissait de magnétoscopes traditionnels (Voir à ce sujet l’article « Point Technique sur le XDCAM Blu-Ray» )
Equipement global ou simple complément d’équipement ?
On avait l’habitude de choisir un caméscope et par là-même un format (DV, HDV, BetaNum, DVCPRO…). Lors de ce choix la question du montage ne se posait que dans des termes globaux : ma station de montage pourra-t-elle monter le format, dispose-t-elle des connectiques et de la configuration adéquate (par exemple le SDI pour le Beta Num et des disques RAID pour monter en on compressé). Mais le choix du format de fichier (mxf, avi, omf, mpg etc.) ou encore du codec qui sera utilisé en montage (par exemple codec Matrox mpeg2, Apple ProRes, Avid DnxHD, Canopus HQ) restait très ouvert…
La donne change avec les caméscopes remplaçant la bande par un support informatique : choisir une solution sans bande nécessite de s’interroger non pas seulement sur son choix de caméscope, mais sur toute sa chaîne de production. Le caméscope écrivant un fichier dès le tournage, il faudra en effet être certain que sa station de montage pourra prendre en charge le format de fichier (.mxf, .avi, .dv) et le codec utilisé (DVCPROHD, MPEG HD par exemple), ou disposera du lecteur de médias adéquat (un port Express Card pour tirer pleinement profit des cartes SxS par exemple).
L’ampleur de l’équipement nécessaire dépendra de la solution retenue.
JVC GY-HD250 avec son disque dur optionnel DR-HD100 de 60 ou 100Go
Matériels de la gamme XDCAM Professional Disc de Sony
*Le Professional Disc (Pro Disc) est le nom utilisé par Sony pour désigner la déclinaison de disque Blu-Ray utilisé dans ses matériels XDCAM
Quels formats de fichiers, codecs, résolutions, échantillonnage couleur, débits possibles… ?
Attendu pour novembre, le PMW-EX1 à cartes SxS, enregistre en MPEG2-HD
Les codecs sont standard ou propriétaires (ex : DVCAM vs DV). Les formats de fichiers ont des possibilités plus ou moins évoluées (ex : MXF vs AVI)
*Les disques durs de tournage sont presque exclusivement DV (codecs au choix) ou HDV. Un modèle fait exception, le Focus FS-100 proposant du DVCPROHD.
La gamme RevPro que nous promet GrassValley, avec l’Infinity enregistrant du 1920x1080 en 4:2:2 jusqu’à 100Mb/s
Les disques durs de tournage offrent en DV un large choix de format de fichiers et de codecs, qui les rendront ensuite facilement compatibles avec sa solution de montage. En HDV on retrouve l’encapsulage en m2t pour le montage « HDV natif ». Le disque dur HVR-DR60 de Sony par exemple permet en tournage DV de choisir entre des fichiers avi ou dv Raw (des fichiers .dv reconnus par les applications QuickTime comme Final Cut Pro), alors qu’en HDV il s’agira de fichier Mpeg. Des disques durs vont plus loin dans les options offertes, comme ceux de Focus Enhancement qui en tournage DV permettent de choisir le codec, Matrox ou Canopus par exemple. Sur les Pro Disc, Rev Pro ou P2, le format de fichier sera obligatoirement le MXF. Au sein de ce container seront encapsulés la vidéo (avec un codec donné), l’audio et surtout des métadonnées avancées.
Enfin, il faut parfois une certaine
gymnastique d’esprit sur ces critères, comme avec le PMW-EX1 qui encapsule son
Mpeg-2 HD dans un fichier .mp4 (habituellement réservé aux vidéos au codec
Mpeg-4 comme le H264 par exemple) !
Camesope d'épaule P2 de Panasonic AG-HPX500
Les métadonnées : basiques ou avancées ?
Canon XLH1 avec un disque Focus FS-4Pro
Les autres solutions
exploitent des métadonnées plus évoluées, comme un titre pour les vidéos, des
commentaires, des marques pour identifier les bonnes prises. Utiles en fiction ou
en magazine les métadonnées peuvent se montrer peut-être moins indispensables
en news ou événementiel.
Placer des métadonnées, les consulter, les archiver, compléter celles des disques durs…
En magazine ou en fiction ces informations liées à chaque vidéo peuvent être précieuses pour donner un nom à ses vidéos, leur adjoindre des commentaires, des informations sur les prises, des réglages précis du caméscope, la position géographique inscrite par un GPS, marquer un bon plan (« good shot »)…
Il est possible de rajouter ces métadonnées pendant le tournage ou pendant une phase de visionnage avec le caméscope ou un ordinateur, avec des fonctionnalités propres à chaque fabricant. Sur les caméscopes un menu permet de rentrer des informations après le tournage, comme une marque « good shot » par exemple. Pour cela on parcourt la liste des plans et on choisit ce marquage dans le menu du plan. Voici un exemple ici sur le PMW-EX1 de Sony :
Pour un contexte de fiction par exemple, une scripte peut avec certains caméscopes XDCAM Pro Disc recevoir en wifi sur un ordinateur portable des versions basse définition (proxys) des vidéos au fur et à mesure du tournage, compléter de métadonnées comme le nom du plan, les numéros de prises, l’identification d’un bonne prise, puis transmettre ces informations vers la caméra où elles seront inscrites sur le disque au sein des métadonnées de chaque vidéo concernée. Dans un contexte de magazine, revisionner chaque jour les plans tournés et les documenter peut également s’avérer précieux. Pour son caméscope REV Pro, Grass Valley nous promet de pouvoir déporter en wifi des informations sur un PDA. L’ingénieur du son pourra y voir les niveaux audio, et une scripte pourrait compléter les métadonnées de certaines vidéos.
Si on utilise un disque dur de tournage, il n’est cependant pas impossible de compléter les métadonnées des vidéos tournées après leur transfert sur sa station de montage ou un serveur. En effet, différents logiciels permettent de lire et rajouter des métadonnées à des fichiers vidéo. On peut réaliser cela avec un logiciel de bibliothèque d’images fixes et vidéo comme ACD See ou Adobe Bridge ou opter pour des applicatifs serveurs comme par exemple Avid MediaManager ou Interplay, Final Cut Server etc.
Consommable ou support « à vider », quelle capacité d’enregistrement, quelle autonomie ?
Selon les formats, les débits et résolutions choisis, la capacité d’enregistrement et l’autonomie peuvent devenir un vrai sujet. Par ailleurs si commencer le montage pendant le tournage est aisé avec une solution à base de consommables, c’est plus compliqué avec des médias à vider. Cela dit, en fonction des prix des médias, une solution « à vider » peut aussi devenir un « consommable » !
Le caméscope Panasonic HVX200 exploitant des cartes P2, et le boitier PS Store permettant d’y décharger les cartes mémoire sur un disque dur intégré
Les disques durs ou cartes mémoires nécessiteront d’être déchargés une fois pleins, sur sa station de montage ou sur un disque dur portable dédié (comme le Panasonic P2 Store). Il faudra donc exploiter plusieurs exemplaires pour disposer de l’autonomie suffisante, surtout en tournage HD, ou encore pour permettre au monteur de commencer à monter alors que le tournage se poursuit.
Avec ces supports, se posera aussi en bout de chaîne la question de l’archivage et du choix du support final sur lequel préserver ses fichiers : un disque dur informatique, un disque optique, des DVD de données, un report des vidéos sur une bande ? Si on a tourné en DV ou HDV avec un disque dur de tournage on a pu aussi doubler l’enregistrement sur une cassette DV ou HDV qui peut constituer le support d’archivage final…
Si on suit plusieurs jours des légionnaires en forêt avec
ses seules batteries pour alimentation, on pourra préférer un support
consommable ou sinon s’organiser pour décharger sa carte ou disque de tournage
en s’appuyant sur un ordinateur portable dont la batterie alimentera aussi en
USB les disques 2,5
pouces accueillant les vidéos. Des matériels portables
intégrant un disque dur sont aussi dédiés à ce genre de tâche, comme le P2
Store pour décharger les cartes P2.
La capacité fixe du disque face aux cartes mémoires
Les offres des cartes mémoires peuvent peiner à offrir si ce n’est que l’équivalent de la capacité d’un ProDisc ou d’un Rev Pro. Un critère à considérer pour les tournages haute définition. Les cartes SxS par exemple se déclinent en 8 et 16Go. Il faudra deux cartes de 16Go pour stocker 1h de HD 1920x1080 du camescope PMW-EX1.
Outre l’autonomie dont on disposera en quantité vidéo enregistrable, se pose aussi celle en énergie. A ce titre, notons que du fait de l’absence de mécanique les caméscopes à carte mémoire sont moins gourmand en consommation.
La réflexion sur l’autonomie
se poursuivra aussi utilement sous l’angle de la consommation électrique (les
cartes mémoires sont globalement moins gourmandes en énergie que les autres
solutions).
Visionnage immédiat, avec quelle ergonomie ?
Vignettes des vidéos tournées avec le camescope PMW-EX1
Les disques durs de tournage
DV HDV se contentent d’offrir une liste des plans alors que les autres
solutions proposent des galeries ergonomiques avec une vignette par plan
tourné. (Détails et
exemples dans le dossier complet en ligne).
Vignettes des vidéos des cartes P2 du cmaescope panasonic AJ-HPX3000
Les disques durs de tournage eux se limitent souvent à une navigation par numéro de vidéo, sans vignettes, puis à la lecture du plan choisi, ce qui reste malgré tout bien appréciable comparé à une bande !
On retrouvera ce confort de visionnage immédiat sur un
ordinateur. XDCAM et P2 s’appuient à cet effet sur des logiciels de visionnage
et de pré-montage développés par leurs constructeurs respectifs (le PDZ1 de
Sony et le P2 Contents Management Software pour Panasonic). Alors que les
fichiers d’un disque dur de tournage se parcourent dans son explorateur Windows
ou Finder Macintosh, et se lisent comme tout fichier vidéo habituel avec un
lecteur multimédia.
La notion de risque
Les chocs, effacements
accidentels de plans sont également de nouveaux risques comparés à la bande, il
faudra donc vérifier les garanties des constructeurs en termes d’ergonomie et
de sécurisation à ce propos.
Compatibilité avec les solutions de montage : format de fichiers, codecs, reconnaissance des matériels ?
Comme nous l’évoquions au début de ce dossier, hormis les disques dur de tournage permettant de générer des fichiers .avi, .dv ou .mpeg, les autres solutions exploitent le format de fichiers mxf. Il faudra donc que son logiciel de montage gère le format de fichier mxf d’une part, mais surtout la déclinaison propre à chaque constructeur : le mxf Panasonic pour des P2, le mxf des ProDisc, le mxf de GrassValley sur Rev Pro. Cela peut nécessiter des plug-ins additionnels.
Prenons quelques exemples. Final Cut Pro propose depuis 2004 la prise en charge des mxf Panasonic (mais avec un re-warpping ou ré-encapsulage lors du transfert des médias) et des codecs DVCPRO et DVCPRO HD, mais seulement depuis quelques mois les mxf des XDCAM ProDisc, et avec certaines conditions (pas de montage direct depuis les cartes P2 par exemple, transfert obligatoire). Cela donne le ton du nombre de variable que l'on cotoie autour de ces questions. Edius gère les mxf Panasonic ou Sony dans sa version Edius Broadcast… Jusqu’à peu Premiere Pro ne gérait pas de façon native le format de fichier mxf, nécessitant des plug-in ou une carte Matrox à cet effet. L’IBC a été l’occasion d’une annonce d’une mise à jour gratuite rajoutant la prise en charge du mxf et codecs Panasonic, mais pas de ceux du XDCAM ProDisc pour le moment…
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Un Pro Disc ou un Rev Pro se
change comme une bande, offrant ainsi une capacité d’enregistrement illimitée
au tournage tant que l’on dispose de médias supplémentaires, et une flexibilité
pour remettre un Pro Disc au Rev Pro au monteur tout en poursuivant son
tournage.
Les disques durs de tournage offrent le plus souvent des
autonomies de 40 à 100 Go. Par exemple 60 Go offre 4h et demi de DV ou HDV. Si
le disque dur de tournage est acheté avec une capacité donnée qui ne pourra
évoluer, les cartes mémoires en revanche pourront être achetées au fil du temps
pour compléter son équipement et gagner en quantité de vidéo enregistrable. La
mémoire voyant son prix baisser au fil du temps, ce peut être un critère lors
de son choix d’investissement.
Opter pour un support
informatique en lieu et place d’une bande introduit une notion de risque
spécifique. Dans ce domaine, les solutions à carte mémoire, seul support à
n’exploiter aucune mécanique, semblent très bien placées. A condition en
revanche que l’ergonomie de la caméra permette d’éviter des erreurs
d’effacement ou formatage non volontaire qui constitue un nouveau type de
risque! Au-delà du caméscope, il faudra aussi s’assurer que les logiciels de
déchargement des cartes proposent les outils nécessaires afin que tout souci
d’intégrité des fichiers lors de la copie soit signalé. Il serait dommage que
la carte mémoire reparte pour le tournage alors que les vidéos du tournage précédent
sont en réalité inexploitables en montage suite à un problème survenu pendant
la copie.